Le cramé – Jacques-Olivier Bosco

Jacques-Olivier Bosco - Le cramé (2011)

Jacques-Olivier Bosco – Le cramé (2011)

4ème de couv’…

Deux ans que le Cramé et sa bande, un vrai commando, braquent les banques et vident les coffres avec une détermination et une efficacité redoutables…
Deux ans qu’ils se moquent du monde et que la police est sur les dents.

Jusqu’à ce qu’un traître les balance dans les filets de Fabiani, le chef de l’Antigang, qui à l’issue d’un braquage en laisse plusieurs sur le carreau et colle le Cramé au placard. Mais celui-ci n’a qu’une idée en tête: se faire la belle… et retrouver l’enfoiré qui les a donnés!

Après une évasion rocambolesque, il infiltre le commissariat de Saint-Denis et se retrouve, bien malgré lui, dans la peau d’un flic à la recherche d’un môme disparu.

Mais en ressuscitant ses cauchemars de gamin des quartiers, le pire devient alors possible…

Le problème avec le Cramé, c’est que même l’enfer ne veut pas de lui!

Mon ressenti de lecture…

À force de dire et répéter que je n’aime pas les polars, je vais en perdre toute crédibilité à en encenser un par ci, un par là… mais bon je me raccroche aux branches et je dirai que ce sont les exceptions qui confirment ma règle: je n’aime pô le polar!

Mais là, j’ai une bonne excuse… ce n’est pas vraiment un polar puisque le flic n’est pas vraiment flic… Hein, hein, hein?

Un braquage qui tourne mal et la mort qui s’invite… il n’en faut pas moins, pas plus, pour que le Cramé, une figure célèbre du banditisme, nourrisse une rage froide… Il est intolérable d’abriter un traître au sein de sa bande… Il est primordial de l’identifier et qu’il paye… Bandit ou pas, aucun ver ne doit pourrir la pomme!

Et le cramé ne va reculer devant rien… jusqu’à infiltrer le commissariat de Saint-Denis et se glisser dans la peau d’un flic!

Alors? Vous voyez? Le flic n’en est pas vraiment un!
Et rien que pour cette virée en sous-marin dans un commissariat alors que sa tête est mise à prix comme au Far West, vous tremblez à chaque page jusqu’à la fin!
Jouissif!
Une mise en danger de tous les instants!
On ne sait s’il est totalement inconscient ou rudement sûr de lui, le Cramé! Ce qui est certain, c’est qu’il est culotté et qu’il en a dans le pantalon!

Ce que j’aime dans les romans de cet auteur, c’est cet équilibre entre violences et émotions. Nous ne sommes pas dans le gros déballage vicelard et gratuit de barbaque sanguinolente et putride, un peu trop à la mode livresque à mon goût. Ce ne sont pas que des gros durs qui s’excitent à la vue du sang, ce sont des êtres humains aux méthodes certes répréhensibles mais avec le sens de la famille, de l’amitié, de l’honneur,  de la loyauté et une certaine éthique.

Avec un savant mélange de stress, d’angoisse, de suspens, d’ironie et d’humour, la plume de Jacques-Olivier Bosco nous balade d’un côté et de l’autre versant de la Loi, sans aucun parti pris. Et nous, lecteur, on ne sait vers où pencher. Car tout n’est pas immaculé chez les flics ou sombre chez les truands!

J’ai apprécié le personnage du Cramé pour tout ce qui est relevé précédemment mais également parce que son infiltration n’est pas parfaite. Ses maladresses et son côté « bourrin » alimentent une double intrigue qui ne nous laisse aucun répit: il doit identifier le traître de sa bande et il a promis de retrouver un gamin, Louis.

Ce n’est pas n’importe quel gamin… Sa maman a sauvé la vie du Cramé lors de ce fameux braquage foireux! Et une promesse est une promesse! Le cramé en a vu des vertes et des pas mures durant sa vie mais cette quête va le mener dans le milieu du trafic d’enfants et les réseaux pédophiles. Les réminiscences du passé ouvriront à nouveau certaines plaies mais le Cramé ne lâche rien. Et c’est une véritable enquête policière qu’il va mener, au mépris de quelques règlements bien entendu, et avec certaines facilités mafieuses qui lui ouvriront quelques portes dans les cités chaudes de la banlieue.
Certains de ses collègues de « travail » auront des doutes, seront surpris par ses méthodes… mais le résultat n’en vaut-il pas la peine? L’éthique policière n’est-elle pas élastique parfois? La Loi et la conscience morale individuelle sont-elles toujours compatibles?

Entre débusquer et châtier un traître, retrouver un enfant enlevé, évoluer dans la peau d’un flic qu’il n’est pas et protéger sa bande… vous l’aurez deviné, pas un instant d’ennui ne se glisse entre les pages aux côtés du Cramé!

Encore un super moment de lecture! Aucun bémol pour cette plume maîtrisée et passionnante!

Rendez-vous très bientôt avec le suivant sur ma liste: Aimer et laisser mourir!

PS: Bravo JOB pour le clin d’œil au Maudit, personnage d’un chef d’œuvre livresque!

Citations…

« Cramé: fou, téméraire et inconscient, ne connaissant pas la peur et bravant les coups et les blessures, jusqu’à défier la mort elle-même. Il avait fait tout ça, et le ferait encore, c’était dans ses gènes depuis son enfance, dans son passé. »

« Il ne pouvait s’empêcher de sourire. Il y avait une chaleur humaine entre ces flics. Leur vie et leur boulot n’étaient pas faciles: les « objectifs », les tentations, les risques de bavure ou de s’en prendre une. Mais ils le surmontaient avec solidarité, jusqu’à l’amitié sans faille. (…) Un peu comme dans ma bande, pensa-t-il avec amertume. Jusqu’à ce qu’un traître s’annonce sur le pas de la porte… »

« Inutile de demander ce qu’il advenait lorsque le gosse était trop « abîmé ». Le Cramé était à cran, il avait compris que les « réseaux » se débarrassaient des gamins dès qu’ils avaient passé la date limite, et renouvelaient leur stock avec des produits frais. Quelle bande d’enfoirés ! Quel monde de merde! »

« Gosta ne le quitta pas des yeux, fouillant à travers ses orbites, pénétrant son cerveau et y foutant un bordel digne d’une perquisition des flics. »

« Ayant l’impression d’avoir traversé la nuit, ils laissaient derrière eux les portes fermées du crépuscule pour arriver en poussant les voiles de l’aurore sur la mer Méditerranée. »

« L’air était si froid qu’on aurait pu le toucher, il semblait empli d’animaux minuscules et féroces qui vous griffaient le nez et les oreilles, sans oublier de mordre le bout de vos orteils. »

« (…) tout repartirait comme avant. Il savait que c’était faux, qu’il se mentait. Tant qu’il y aurait cette promesse, celle qu’il avait faite à la mère du petit Louis, il ne serait pas apaisé. Le Cramé ne supportait pas l’échec, et encore moins les promesses non tenues. »

Note: 5/5

Blog Note 5

Retrouvez sur le blog mon avis sur ces autres romans de Jacques-Olivier Bosco:

Jacques-Olivier Bosco – Et la mort se lèvera (2010)

Jacques-Olivier Bosco – Quand les anges tombent (2014)

Et la bibliographie complète de l’auteur:

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28 réflexions au sujet de « Le cramé – Jacques-Olivier Bosco »

    • Merci Smadj! Tu les as tous lus? 😮 Mon avis sur Aimer et laisser mourir est pour bientôt! Il me reste Loupo à découvrir… et rdv est déjà pris pour le tout dernier en Janvier 2017! 😀

      • En fait non lol mais je ne me suis pas remis de la claque que fut « Loupo ». Un petit chef-d’œuvre !
        Et comme toi je guette son petit dernier 😊

      • Inconvénient des Jigal, c’est qu’ils ne sont diffusés qu’en France et pas en Belgique.

        On pue la frite ? Non, juste que ça coûte trop cher de livrer, apparemment… 😥 Et j’aime pas trop commander sur le Net, moi.

      • Tss-tss il est également en Pocket ma brave dame! :p Je n’aime pas commander sur le net, à part 1 site de confiance en Allemagne, donc je te comprends! 😉

      • Dès qu’ils sont en pocket, là, je saute dessus, mais j’aimerais parfois les lire en primeur…

        Amazon, ils sont ce qu’ils sont, mais jamais eu de soucis avec eux.

      • Je ne suis pas pour non plus… sa polituiqe est horrible, comme celle des grosses boites du Net, telles FB, Yahoo, Google, Ryanair (oups)… Mais quand j’ai pas le choix, je passe par chez eux !

        Le cramé pocket, je note ! 😉

      • Et pas le pocket cramé, hein! 😉 Ouaip, les grosses boîtes, j’aime pô… mais des fois, elles rendent service quand tu n’as pas d’autre alternative… mais j’aime pô! :p

      • Si tu as froid, mets tes mitaines, ne mets pas le feu au pocket! 😉 Aaaaahhh il y aurait beaucoup à dire sur les jobs qu’on est obligés de prendre… l’esclavage revêt bien des formes… 😦

      • Viii c’est aberrant de voir la régression de la société sur de nombreux points… Pathétique et triste… 😦

      • Mais c’est normal je pense, une société progresse et arrivée à un stade, elle stagne, elle ne bouge plus, elle s’enfonce dans ce qu’elle a acquis et voilà.

        Et une fois qu’elle chute, elle ne revient jamais à ce qu’elle était avant ! Jamais…

      • C’est le cycle de toute société bien sûr… une chute après l’apogée! Mais je trouve que c’est horrible que l’homme avec un formidable outil comme le cerveau reste le même au XXIème siècle et n’a toujours pas trouvé plus utile d’annihiler ses perversions au lieu de toujours et encore les nourrir, sachant pourtant qu’elles causeront sa perte toujours et encore… -_-

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