Quand les anges tombent – Jacques-Olivier Bosco

Mise en page 14ème de couv’

Cinq enfants kidnappés…

Un truand impitoyable, Vigo, dit le Noir, condamné à perpét’ pour le meurtre de gamins qu’il nie farouchement avoir commis…

Un avion en provenance de Russie qui par malheur s’écrase sur une prison… Un procès truqué, une vengeance… Un préfet assoiffé de pouvoir qui brouille les cartes, un flic déboussolé au fond du trou, un malfrat corse en rupture de ban, un cheminot alcoolo, un juge en fin de parcours, une avocate opiniâtre, des parents bouleversés mais combatifs…

Et leurs cinq mômes bien décidés à survivre et prêts à tout pour s’en sortir tout seuls!

Mon ressenti de lecture…

Tout d’abord merci à Babelio qui nous donne l’opportunité de cocher des petites cases avec sa Masse Critique, pour découvrir des auteurs que je ne connais pas en gagnant un livre par tirage au sort…

Bien m’en a pris de cocher la case de Quand les anges tombent! Un sacré coup de cœur!

Qu’est-ce qui relie « Le juge Tranchant, père de la petite Camille, 8 ans, Nathalie Ruiz, avocate au barreau de Paris, mère de Salomé, 12 ans, Elvio Vitalli, ouvrier à la SNCF, père d’Enzo, 11 ans. Et enfin, Erwan Lauterbach, commandant de police à la BRB de Paris, père de la plus petite des 5, Elisabeth, à peine 4 ans. ». Sans oublier Môssieur le préfet Rollin, papa de « son petit génie, Maxime, 11 ans. »?

5 enfants enlevés à leurs parents… et pour chacun d’eux, le même message: « Vous avez déconné, vous allez payer. »

Quelques heures laissées pour réparer… ou alors chacun va passer à la caisse de la manière la plus terrible qui soit.

Voilà l’ultimatum lancé par un évadé de prison, le tueur des piscines, tueur d’enfants… Vigo, dit le Noir.

Stop! Arrêtez! Je vous vois venir!

« Ouai, on touche aux enfants, ça va faire pleurnicher les lectrices dans leur chaumière, ça va tomber dans le pathos et tout le toutim! ».

Pas-du-tout!

Ça va vite, très vite, tout de suite!

Pas le temps ni l’envie de pleurer ou de s’apitoyer! Au contraire!

N’oubliez pas, le temps est compté!

Naan, pas le temps de compter… pas un seul personnage central… ou deux… non, une dizaine au bas mots!

Une dizaine de vie, de ressentis, de remords, de regrets, de calculs, de fourberies, d’échecs, d’ambitions, de pouvoir, d’amours, d’amitiés et de haine. De la justice humaine à l’injustice légale, de la vie volée à la mort justifiée. C’est une course contre la montre et le lecteur ne sait pas vers qui tourner son empathie car tous ou presque ont déconné à un moment ou l’autre.

Parce que tous ou presque ont mérité cette épreuve. Parce que tous ou presque vont devoir payer. Et parce que, une fois n’est pas coutume, la sympathie spontanée ne se dirige pas vers les représentants de la Loi.

Bien sûr, je ne parle pas des enfants qui subissent bien involontairement les conséquences des actes de leurs parents. Et les enfants ne sont pas des victimes passives et absentes dans ce roman. Au contraire, ils se battent aussi. Chacun à leur manière. Ils nous émeuvent avec leurs blessures, leurs rancoeurs, leurs émotions, leurs valeurs… leur fragilité mais aussi leur force.

Sur fond et trame d’enlèvement, de vengeance et de course-poursuite, c’est aussi une extraordinaire histoire des notions de loyauté, honneur, respect, famille, amitié… et justice. Car rien n’est tout blanc ou tout noir, car ce n’est pas celui qui présente le mieux qui a le monopole de la droiture. Bien au contraire!

Une mention spéciale au duo Matéo, le papa de Salomé, truand de base, qui s’allie avec Erwan, le flic parisien. Une confrontation pas si limpide qu’on peut le croire et qui réconcilie sur la nature humaine…

Jacques-Olivier Bosco nous bousculent sur nos certitudes sociétales, si nous en avions encore. Il nous oblige à affronter une réalité pas très louable ni resplendissante, et à nous confronter à l’ordre établi. Il explore également l’instinct viscéral du parent prêt à tout pour sauver sa chair et son sang. Parce que d’un côté ou de l’autre de la pseudo-Loi, tout s’efface devant cette priorité: sauver son enfant. Et c’est jouissif!

Diablement bien orchestré, écrit, emmené! Mêler autant de réflexions dans tant de scènes d’action ne laisse aucun répit au lecteur. Arriver à mener de front autant de personnages est d’une habileté redoutable. Et tout ceci sans jamais perdre le fil de l’intrigue vers l’ultime confrontation très… intense et explosive.

Bravo! Chapeau bas! Un roman et je suis conquise!

Euhhh… je pense que vous aurez compris que je vous conseille cette lecture, non?

Citations…

« Alcoolique, ouais, ça ne signifiait rien pour lui. Ce qu’il voyait, ce qu’il désirait, c’était un châtiment. S’empoisonner, se noyer, se blesser, jusqu’à se rendre malade, gerber. Tous les jours que Dieu fait, des braises de l’aube jusqu’à la dernier lueur du crépuscule, il buvait. Un besoin de se détruire, pour se punir. Comme ces moines extrémistes en pénitence, il se fouettait le cœur, jusqu’à le noyer dans son propre sang. »

« Même si, de part son métier il avait été confronté aux pires faits-divers et à une quantité incroyable d’abominations comme un homme ou une femme peuvent en faire subir à autrui, il n’aurait jamais imaginé qu’un tel acte puisse un jour l’atteindre, lui, personnellement. Il n’y était, tout simplement, pas préparé. »

« Il venait de s’apercevoir qu’il l’aimait. Comme si, finalement, il suffisait d’y penser. Ça le bouleversa et il eut envie de crier sa rage et son impuissance. Il était trop tard, il ne pouvait plus la serrer dans ses bras! »

« Rollin avait un principe, il agissait par ordre de priorité, en mettant dans la balance ses propres intérêts. La vie, les gens, la société ne lui avaient jamais fait de cadeau. Tout ce qu’il avait obtenu, il avait dû le prendre, par la force ou la ruse. Pourquoi en ferait-il, lui, des cadeaux? »

« Certes, cela serait dommageable que des enfants périssent, mais, aux yeux de Rollin, la vie était trop courte pour qu’on puisse se payer le luxe et le temps de se soucier de celle des autres. »

« Ses grands yeux exprimaient tout ce qui lui passait dans le corps et dans la tête, peur de l’abandon, peur des coups, peur de l’inconnu. »

« 5 enfants, 5 petites vies, ou bien… 5 enfants, 5 petites morts… »

« Il encaissa sans rien dire: flics et avocats s’entendaient comme chiens et chats. Ce n’était un secret pour personne, surtout lorsque les seconds détruisaient le travail des premiers en l’espace de trois audiences. »

« Enzo s’était construit avec sa haine, comme un rempart, une forteresse qui l’isolait des autres, c’était sa compréhension du monde. « Vous n’aurez que de la rage de ma part, rien d’autre. Et surtout toi, papa… »

« Elle ne se leva pas. Elle aurait pu faire un pas de trop et tomber dans un gouffre, celui de son anéantissement. On cherche tant de choses dans le regard des autres. Tout devient si vain et fragile, quand on a perdu son enfant…

Son ange.

Quand un enfant tombe, on a peur, notre cœur bondit, et nous aussi, vers lui, pour l’aider à se relever, et à repartir. Emeric était tombé et sa mère s’était précipitée. Aucun d’eux ne s’était jamais relevé. »

« Il courait de tout son corps, de toute son âme, crachant son souffle, jetant ses jambes en avant, comme s’il avait un record à battre. Un record contre la mort. »

Note: 5/5

blognote parmeblognote parmeblognote parmeblognote parmeblognote parme

Publicités

11 réflexions au sujet de « Quand les anges tombent – Jacques-Olivier Bosco »

  1. Bonjour Karine et vraiment merci bravo super pour ta très belle chronique. Quel boulot ! Et toutes ces citations si bien choisies. Cela m’a fait chaud au coeur mais surtout d’avoir un avis aussi pertinent et détaillé de mon travail me touche énormément. Comment dire… Oui, on me demande souvent de faire un résumé du roman de parler des personnages et tout ça et chaque fois je n’y arrive pas, parce que je veux aussi parler de leur ressenti, de ce qui les motive et à part le raconter… tandis que toi, tu as vraiment su le faire, et je compte te piquer, à l’occasion, tes mots et tes phrases pour de futures demandes ( je te citerai bien évidemment). Voila, encore merci, on peut dire qu’il y a eu symbiose entre ce que je voulais transmettre et ce que tu as reçu en tant que lectrice.
    Bizzzzzz
    JOB

    • Ooooh merci beaucoup à toi pour ce commentaire! 🙂
      Il est vrai que j’ai eu beaucoup de mal à m’en tenir à l’essentiel quand même!
      Et c’est avec curiosité et plaisir que je vais continuer à découvrir tes romans! 🙂
      Et tu peux piquer… sans souci!
      Bizzz! 😀

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s