Richard Oppenheimer T2 – Les fils d’Odin – Harald Gilbers

Harald Gilbers - Richard Oppenheimer T2 - Les fils d'Odin (2016)

Harald Gilbers – Richard Oppenheimer T2 – Les fils d’Odin (2016)

blognote 4

4ème de couv’…

Qui a tué le bourreau d’Auschwitz?

Un mystérieux culte germanique détient la clé de l’énigme…

Berlin, début 1945. Au cœur d’une ville dévastée, Richard Oppenheimer, juif et ancien commissaire, vit dans la peur de faire partie des tout derniers déportés.
Aidé par son amie Hilde, fervente opposante au régime, il mène une existence dans l’ombre.

La situation s’aggrave brusquement lorsque Hilde est accusée d’avoir tué son ex-mari, membre des SS impliqué dans les atroces expériences humaines menées à Auschwitz.

Avec une broche portant un sigle runique comme seul indice, Oppenheimer se lance dans une enquête risquée pour démasquer le vrai coupable. Ses recherches le mènent à un mystérieux culte germanique qui n’a qu’un seul objectif: assurer la suprématie de la race aryenne… 

Mon ressenti de lecture…

Hauser, l’époux sur le papier de Hilde von Strachwitz, quitte en catimini Auschwitz et est de retour à Berlin. Il sent les dernières heures du Reich arriver et doit sauver sa peau et le résultat de ses recherches médicales.
Il est médecin SS, il est l’instigateur d’horribles expérimentations scientifiques sur des cobayes humains dans le camp de concentration d’Auschwitz.
Hilde est une résistante, farouchement opposée au régime nazi.
Et quand Hauser est assassiné, Hilde, l’amie d’Oppenheimer, est une coupable idéale. Avec la justice expéditive qui règne à Berlin, ses heures sont comptées et tout doit être mis en œuvre pour la sauver.
Et Richard Oppenheimer ne sera pas le dernier à se démener, au péril même de sa vie.

Si dans Germania, Richard Oppenheimer semblait encore évoluer en plein jour et enquêter officiellement grâce à un statut privilégié, ce n’est plus le cas ici.
Même les mariages mixtes sont ciblés et la rafle des juifs, de tous les juifs, s’est intensifiée. Pour sauver sa vie, il est présumé mort, vit sous une autre identité et sans son épouse.

La situation de Berlin n’est guère enviable en ce début 1945! Les alliés bombardent sans cesse, les russes resserrent leur étreinte mortifère, la nourriture se fait rare et les coupures d’électricité et d’eau de plus en plus fréquentes. La survie est précaire, suspendue à un rien, entre deux descentes dans les bunkers pour se protéger de la pluie de bombes.

Malgré tout, Oppenheimer va tout mettre en œuvre pour aider son amie. J’adore ce personnage, juif au milieu des nazis, qui tremble, a peur, est tétanisé à l’idée d’un contrôle intempestif. Porté par le cours des événements mais qui pourtant s’adapte sans cesse, avec résignation certes, mais aussi avec courage et ténacité. Il est dépossédé de son identité, de sa légitimité même d’exister et pourtant, il avance. Il me fait penser à la citation de Winston Churchill: « Si tu traverses l’Enfer, ne t’arrête pas ». Et il ne s’arrête pas, Oppenheimer. Il est attentif à tout, essaye d’anticiper chaque problème, huile sans cesse son esprit d’enquêteur, fouille, cherche. Il ne stoppe pas malgré sa peur. ô bien sûr, parfois la paralysie le gagne. Mais même tétanisé par l’angoisse, il reste debout.

Dans Les fils d’Odin, le personnage de son amie, Hilde, aristocrate, fille d’officier et mal mariée, prend de l’ampleur. Nous en apprenons davantage sur son passé et nous passons aussi du temps avec elle. J’aime sa grande gueule et ses paroles fleuries. J’aime sa force et son engagement dans la résistance. Mais la mort rôde et nous la découvrons un peu plus fragile mais jamais résignée. Elle est prise dans l’engrenage corrompu de la justice et même le meilleur des avocats aura bien du mal à l’en sortir!

L’enquête d’Oppenheimer et de ses comparses est classique autant que faire se peut dans de telles conditions de guerre et un symbole runique retrouvé sur les lieux du meurtre interpelle Oppenheimer. Car l’indice a mystérieusement disparu…

Dans ce volet, l’auteur aborde le sujet de la recherche médicale et des exactions commises au sein des camps de concentration. Tous les amateurs d’Histoire connaissent les Médecins de la Mort, les Mengele et autres. Au travers de ce médecin SS, Hauser, on cerne les atrocités perpétrées au nom de la science et plus prosaïquement au nom de la perversité des médecins de l’époque. Peu de détails sont donnés pour ne pas jouer les voyeurs de l’indicible mais l’auteur pose les éléments d’un paradoxe: si les expérimentations sur des êtres humains vivants sont inacceptables, les progrès effectués doivent-ils être détruits ou au contraire doivent-ils tout de même être utilisés? Se pose la question de tous ces scientifiques nazis qui ont été « récupérés » par les alliés, voire sauvés et écartés de la justice internationale pour servir un nouveau maître… Le sujet est intéressant et donne une note cynique au roman.

Par contre le thème ésotérique est très peu exploité, contrairement à ce que laisse percevoir le titre: Les fils d’Odin. Les protagonistes n’apparaissent que très sporadiquement pour essayer de donner une dimension historique somme toute assez inutile tant le lecteur est happé par le quotidien dangereux des personnages principaux. Et heureusement car cet aspect de l’enquête est relativement décevante. Le régime nazi cherchait à asseoir son existence sur les premiers mythes germains alors que ce cher Hitler niait toute relation avec l’ariosophie, ou autres doctrines occultes, et toute volonté d’apporter une aura de mysticisme à son idéologie. C’était davantage l’apanage d’un Himmler, par exemple, ou d’un Rudolph Hess, mais l’occultisme nazi existait bien avant l’avènement d’Hitler, pendant la Seconde Guerre Mondiale et doit certainement perdurer au sein de groupuscules extrémistes contemporains.

Mise à part cette faiblesse qui n’entame en rien la richesse des autres thèmes abordés, le roman est toujours autant excellemment documenté, l’atmosphère de l’agonie de Berlin est prégnante, les descriptions sont précises et très visuelles.

Derniers jours à Berlin m’attend avec impatience. Seront-ils les dernières heures de Richard Oppenheimer ou recouvrera-t-il sa liberté d’exister? À dans quelques jours, pour mon avis!

Citations…

« La recherche scientifique n’était qu’un prétexte avancé par les médecins nazis afin de laisser libre cours à leurs pulsions sadiques. »

« Oppenheimer avait l’impression d’être prisonnier du présent, de marcher comme un funambule sur un fil ténu entre hier et demain. Et jusqu’à la capitulation définitive, il devrait vivre tant bien que mal (…). »

« Cela faisait longtemps que les habitants de cette ville fantôme nommée Berlin ne se réjouissaient plus d’un ciel dégagé comme aujourd’hui. Les conditions étaient idéales pour un bombardement en règle. »

« Savoir qu’elle était en sécurité lui suffisait.
Il pouvait mourir en paix. »

« (…) aux yeux de celui-ci, le monde n’était qu’un problème abstrait. Toute interrogation nécessitait une réponse, et le nombre de vies sacrifiées pour la résoudre ne lui importait guère. »

« Contre toute attente, le vacarme s’intensifia encore au fil de la soirée. La fête devenait frénétique. Les invités s’évertuaient tellement à s’amuser que cela frôlait l’acharnement. »

« L’enfer, c’était un lieu qui grouillait de monde. Un lieu auquel certains essayaient d’échapper à cor et à cri, pendant que d’autres y affluaient dans l’espoir de trouver un refuge. (…) Où des gens se précipitaient dans des wagons vides et attendaient ensuite durant des heures jusqu’à ce que les trains démarrent à la faveur de la nuit. Cet enfer sur terre avait un nom. On l’appelait la gare de Silésie. »

Blog Note 5

Retrouvez également mon avis sur le premier tome, ICI!

The Bear Memoria

 

5 réflexions au sujet de « Richard Oppenheimer T2 – Les fils d’Odin – Harald Gilbers »

  1. « Qui a tué le bourreau d’Auschwitz ? » On le cherche pour lui offrir une médaille, j’espère, à son meurtrier ?

    Bon, je possède Germania quelque part dans mon Brol-À-Lire, mais ne me demande pas où, je serais incapable de trouver la biblio concernée sans des fouilles adéquates et profondes 😆

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