Tu tueras l’ange – Sandrone Dazieri

Sandrone Dazieri - Tu tueras l'ange (2017)

Sandrone Dazieri – Tu tueras l’ange (2017)

4ème de couv’…

La mort rôde, aussi belle que fatale. Serez-vous sa prochaine victime?

Lorsque le TGV Milan-Rome arrive à quai, la police fait une macabre découverte: tous les passagers de la classe affaires sont retrouvés morts.

Si les premiers indices orientent l’enquête vers un attentat, la commissaire adjointe Colomba Caselli, muscles d’acier et âme fragile, est persuadée du contraire.
Pour elle, seul Dante Torre, l' »Homme du silo », est capable d’y voir clair dans ce brouillard de mensonges et de fausses pistes.
Très vite, ils découvrent que ce massacre n’est que l’énième épisode d’une longue série de carnages, sur laquelle plane l’ombre d’une mystérieuse figure féminine.

Elle ne laisse aucune trace, juste un nom: Giltiné, l’ange lituanien des morts.

Mon ressenti de lecture…

Tout d’abord, je remercie NetGalley et La Bête Noire de Robert Laffont pour l’envoi de ce roman!

Il y a quelques jours… j’ai tué le Père! Mais je n’en avais point assez, je devais m’attaquer maintenant à l’ange!
Oui, je sais, c’est facile comme intro mais il est vrai que j’ai enchaîné les deux titres! Et je vous rassure, même après ce deuxième voyage aux côtés de Dante et de Colomba, mon esprit est tout aussi dérangé que d’habitude!

Sous de pseudo-attentats meurtriers se cachent bien autre chose. Et seuls Colomba et Dante ont suffisamment de flair pour le voir. Retrouvailles tendues entre ces deux écorchés que la recherche de la vérité va toutefois unir pour le pire… et un peu de meilleur, pourquoi pas?

Tu tueras le Père a été un gros coup de cœur, surtout avec la connaissance de Dante. Tu tueras l’ange est beaucoup moins axé sur la personnalité de Dante et de son passé douloureux et, de ce fait, ce roman m’a moins captivée, je l’avoue.

Attention hein, il est toujours aussi déjanté et borderline, tout aussi génial, tour à tour hyperactif ou amorphe et bourré de médocs. Son esprit cavale à toute allure, entrevoyant bien avant tout le monde les rouages et les ramifications des événements.
Il est touchant, avec ses failles monstrueuses qui le rendent fragile comme un enfant, avec son insolence  et son côté bourrin, avec son petit cœur malmené et sa capacité à encaisser les épreuves! On a le sourire jusqu’aux oreilles quand on l’imagine à la fenêtre grande ouverte de la voiture, comme un chien, les oreilles au vent et la langue bien pendue!
Les scènes cocasses et d’humour allègent et rythment une intrigue des plus machiavéliques où guerre froide et espionnage russe ne sont pas bien loin!
Et entre nous, je veux bien boire un café préparé par Dante, que ce soit dans une suite luxueuse ou au bord de la route… en parlant de route, un petit tour dans sa DeLorean ne serait pas de refus aussi!

Les tensions avec Colomba le forcent à marcher sur des oeufs par moments. Colomba semble gérer et maîtriser sa vie à la perfection avec son retour au travail mais il n’en est rien. Au contraire, elle donne l’impression de foncer droit dans le mur, avec un brin d’égoïsme et d’arrogance qui la rende un peu agaçante. Et ce qu’elle inflige à Dante n’est absolument pour rien dans mon avis… je suis totalement impartiale, hein! Totalement! (ouai, c’est ça, crois-le!)

J’ai beaucoup apprécié les interventions de son acolyte ponctuel, Santiago, découvert avec Tu tueras le Père, avec les gros clichés du mafieu et des excès entourant sa bande, mais qu’on ne peut qu’apprécier de part sa loyauté (rémunérée!) pour Dante et son efficacité dans le soutien apporté aux élucubrations de celui-ci.

Les flashbacks concernant l’Ange ne sont pas suffisamment étoffés, à mon sens, pour créer un attachement pour le personnage, même si nous sommes aussi sur le thème de l’enfermement.
Dans la mythologie lituanienne, sœur et double de la déesse Laima, ange de vie, Giltiné est son pendant contraire et représente le destin et l’au-delà. Notre personnage illustre parfaitement ce mythe quand les voix des morts l’accompagnent sans cesse et que c’est entre ses mains qui le destin des victimes de sa vengeance est scellé.
J’ai adoré l’intrigue autour de l’Ange dont je ne peux rien dévoiler malheureusement, mais la personnalité de l’Ange est restée trop mystérieuse à mon goût!
Mais les horreurs orchestrées de main de maître par l’auteur, un écho de la théorie que Dante avait exposée à la fin de Tu tueras le Père, sont tellement crédibles que le lecteur ne peut qu’y croire!
Une théorie complexe et tellement énorme à laquelle personne n’a adhéré mais qui, au fil des preuves récoltées dans cette enquête en dehors des sentiers policiers par Colomba et Dante accréditent peu à peu sa thèse et l’ampleur qu’elle revêt.
J’ai bien aimé l’apparence horrifique de l’Ange, notamment pendant son séjour à Venise, comme un rappel antagoniste du célèbre carnaval annuel avec son défilé de costumes et de masques tout aussi magnifiques et majestueux les uns que les autres.

Même si j’ai été un poil moins captivée par ce deuxième volet, je reconnais le talent de l’auteur à jongler avec une analyse fine de ses personnages au creux d’une intrigue réellement bien ficelée, dévoilée par petites touches au gré d’un suspens omniprésent!
Et ce cliffhanger de malade, dans les dernières pages!
Pas possible de nous laisser sur cette fin!
Le suspens est terrible! Insoutenable!
Les questions se bousculent!
Insupportable!
Vite, vite, la suite!

Citations…

« LA MORT ARRIVA À ROME à minuit moins dix, dans un train à grande vitesse en provenance de Milan. »

« Les théories de conspiration sont des tentatives maladroites pour donner des réponses capables d’atténuer notre anxiété face à des événements inexplicables ou déstabilisants. Des événements qui nous surprennent, auxquels nous sommes mal préparés, comme le 11-Septembre (…) »

« Les théories du complot ne sont presque jamais en mesure de donner des réponses crédibles, mais elles ont le mérite de mettre en évidence, s’il existe, le point aveugle du discours officiel, soigneusement élaboré pour justifier des délits et des mensonges. Ce n’est pas toujours le cas, hein. Parfois ce sont de purs délires (…) »

« Ce que j’ai voulu vous démontrer, aujourd’hui, ce n’est pas qu’il ne faut croire en rien ni qu’il faut croire à tout, mais qu’il faut toujours vous poser des questions. Si quelqu’un vous donne une vérité préemballée, ouvrez le paquet et regardez à l’intérieur. Peu importe qui vous la sert sur un plateau: un politicien, un journaliste, un policier ou quelqu’un comme moi. Vérifiez les faits. Cherchez vos propres réponses. »

« Tu veux croire que tout va bien, parce que tu es trop lâche pour remettre ta vie en question (…) Tu es bornée, comme tous les flics. »

« Elle se sentait comme quelqu’un qui a réchappé d’une maladie mortelle et qui revient dans la vie de personnes qui ont déjà fait leur deuil. Quand elle souffrait de solitude, et cela arrivait souvent, l’envie la prenait d’appeler Dante ou de débarquer à son hôtel, mais elle s’en abstenait, de crainte que Dante ne comprenne pas sa démarche. Des mois avaient passé ainsi, et les blessures s’étaient infectées. »

« Et quand il est mort… les ordres ont continué à pleuvoir. C’est difficile à expliquer, mais les gens comme moi sont comme des bancs de poissons. Nous savons où aller et ce que nous devons faire, même si nous ne savons pas pourquoi. »

« C’étaient tous des meurtriers en série. La propagande interdisait qu’on parle d’eux: les serial killers étaient un problème amerikanskiy, pas de chez nous. Mais les diables existaient aussi dans le paradis des travailleurs. »

« — J’en ai connu beaucoup des gars comme toi, fit-il remarquer.
— Ah oui, et comment ils étaient ?
— Morts, la dernière fois que je les ai vus. »

« Il se sentait prêt à exploser et en même temps épuisé. Il avait eu l’impression que l’Allemand lui pompait son énergie, comme si son ancien geôlier avait été un trou noir version humaine. Il avait froid, et il voulait boire. Quelque chose dans un grand verre, comme disait son père adoptif. Très grand, même. »

« Dante est constamment en équilibre instable entre deux mondes, le nôtre et le sien, qu’il est le seul à voir. Quand il parle d’assassinats et de menteurs, je le crois. Quand il me parle de complots, je le crois, après vérification. »

Note: 4/5

Blog Note 4

 

Retrouvez ICI mon avis sur Tu tueras le Père!

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10 réflexions au sujet de « Tu tueras l’ange – Sandrone Dazieri »

      • Pas tout à fait, il est vrai qu’on en croise tous les jours, mais on devait rouler sur une longue distance et je ne te dis pas des deux enculés sur la route ! L’un qui déboite sans regarder alors que toi tu dépasses sur la bande du milieu, et deux fois qu’il te fait el coup en plus. Un autre qui lui, n’avait pas envie que tu le dépasses et boum, il accélère et quand tu passes en bande trois pour le dépasser, lui il saute sur la bande 2 pour ne pas que tu le fasses. L’enfoiré !

      • J’ai une conduite « sportive » et je suis mauvaise/méchante en voiture: les noms d’oiseau pleuvent! 3:) Les deux zozos sont toujours vivants? 😮

      • Hélas oui, mais ils sont maudits jusqu’à la 7ème génération et je ne te dis pas les gros mots que j’ai dit.

  1. Fichtre diantre tu m’as doublé sur ce coup… je pense le finie demain.
    J’ai trouvé les réticences de Dante un peu trop surjouées ; sinon j’adore, hâte de connaître la fin !

    • Pfff cela va être dur d’attendre le 3ème! Perso, c’est le côté un peu « égoïste » de Colomba qui m’a agacée! -_- Aaah la fin! la fin! tu ne vas pas t’en remettre! :p

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