Retour à la poussière – Matt Goldman

Matt Goldman - Retour à la poussière (2017)

Matt Goldman – Retour à la poussière (2017)

4ème de couv’…

Comment feriez-vous si vous deviez résoudre un meurtre sans la moindre petite preuve exploitable?

C’est la difficulté que rencontre le privé Nils Shapiro.
Nils qui, par ailleurs, essaie d’oublier son ex et de ne pas avoir trop froid dans une Minneapolis en proie à un hiver aux températures proprement glaciaires.
Son ancien collègue de la police d’Edina, Anders Ellegaard, vient en effet de l’appeler au sujet d’une affaire pour le moins étrange: Maggie Somerville vient d’être retrouvée assassinée dans sa chambre. Problème: le cadavre, la scène de crime et la maison entière sont noyés sous une épaisse couche de poussière, résultat de centaines de sacs d’aspirateur éventrés.
Y espérer retrouver l’ADN de l’assassin relève de l’utopie pure et simple.

Nils se lance malgré tout dans l’enquête et découvre une mystérieuse jeune femme dont l’identité, si elle était révélée, pourrait détruire toute la famille Somerville…

Complication supplémentaire: le FBI s’empare de l’affaire.
Contraints d’enquêter en douce, Nils et Ellegaard se rendent rapidement compte qu’il ne s’agit pas seulement d’une simple histoire de mœurs.
Le crime a des ramifications qui dépassent de loin les frontières du Minnesota…

Mon ressenti de lecture…

Dans le catalogue NetGalley, c’est la couverture qui m’a attirée en premier, je l’avoue! Mais le résumé m’a vite convaincue de tenter cette lecture d’un auteur que je ne connais pas du tout. Et pour cause, c’est son premier roman!

Et pour un premier roman, c’est une réussite!

Titre bien trouvé pour une mort mystérieuse, a fortiori quand l’assassin n’a rien trouvé de mieux pour effacer ses traces que de recouvrir de poussière la scène de crime. Toute la scène de crime!
Mais à trop vouloir verser dans la maniaquerie et le souci du détail, notre homme a, par là-même, commis sa plus grosse erreur…
Et Nils Shapiro le retrouvera grâce à ces petits grains…

J’ai beaucoup aimé le personnage principal, Nils Shapiro. Un excellent portrait de personnage récurrent, mais je vais peut-être trop vite en besogne!
À défaut d’être entré dans la police, il est devenu privé. Il peut donc se permettre quelques libertés que son ami flic, Anders Ellegaard, ne peut pas.
Nils est affable, courtois, mais on ne la lui fait pas. Il est intelligent et futé, il met son nez dans la poussière sans sourciller! Il a un sens de l’humour un brin caustique et a une grande faiblesse, son ex-femme, dont il a beaucoup de mal à se défaire, même si cela ne l’empêche pas d’être sensible à d’autres charmes.

L’intrigue, si elle semble simple au départ, va très vite se corser car la victime est loin d’être lisse et parfaite.
La victime a ses mystères. Au sein des enquêteurs, une campagne de financement pour une élection sème le doute sur l’intégrité de l’équipe.
Et quand les soupçons ciblent un amant  qui fait l’objet de toutes les attentions du FBI, l’auteur égrènent les fausses pistes.
C’est un très bon polar addictif, avec de l’action, des revirements de situations, des impasses, des soupçons et du suspens. Tous les éléments pour que le lecteur ait envie de savoir le fin mot de l’histoire!

Et le décor, très visuel, est de saison!
Non, je ne parle pas de la poussière, je vois bien que le chiffon est en vacances quand vous lisez!
Je parle de la neige et du froid polaire qui paralyse Minneapolis et ses paysages envoûtants.
L’auteur a su dépeindre (par amour du Minnesota, il l’avoue dans ses remerciements) une ville qu’on ne rencontre pas souvent dans les romans, avec ses quartiers bourgeois ou modestes, et nous l’arpentons en détail aux côtés de Nils, revêtue d’une épaisse couche d’un blanc virginal!

Si ce n’est pas un coup de cœur, je suis bien curieuse de connaître la suite des écrits de Matt Goldman. Je me suis attachée au personnage de Nils et à ses « collègues » flics et j’espère bien qu’il arrivera à remettre un peu d’ordre dans sa vie privée! Ou pas!

Citations…

« Mon anesthésiant n’était ni l’alcool, ni la drogue, ni l’ego, ni même le sexe, non que je n’aurais pas eu recours à certains d’entre eux.
Il s’agissait plutôt d’une décoction composée à parts égales d’un mélange de ténacité et d’obstination rompues à toute épreuve, le tout accompagné d’un bon vieux bouquet garni d’allez-tous-vous-faire-foutre. »

« Et je compris que je m’apprêtais à revivre quelque chose de crucial, bien avant de savoir de quoi il retournerait ou si ce serait bon ou mauvais. »

« C’était le genre de quartier où tous les parents font donner des cours de piano à leur gamin, mais où aucun ne veut qu’il devienne musicien. »

« (…) Sois prudent. La personne qui a tué cette femme est maligne.
— Ne t’inquiète pas. Si je finis couvert de poussière, ce sera parce que j’aurai nettoyé sous mon lit. »

« Absorbé dans ses pensées, il disparut en lui-même. Sans doute là où vont les narcissiques, l’endroit qui leur permet de s’apitoyer sur leur sort même en apprenant la mort de quelqu’un d’autre. »

Note: 4/5

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