La disparue de Noël – Rachel Abbott

Rachel Abbott - La disparue de Noël (2017)

Rachel Abbott – La disparue de Noël (2017)

4ème de couv’…

Une route de campagne verglacée.
Une voiture qui perd le contrôle: la conductrice est tuée sur le coup.
Natasha, sa fille de six ans assise à l’arrière, se volatilise sans explication.

Quelques années plus tard, David fait de son mieux pour se reconstruire après le drame qui a emporté sa femme et sa fille.
Il forme désormais un couple heureux avec la douce Emma et le petit Ollie, adorable bambin de dix-huit mois qui comble leur foyer.

Mais un jour, une inconnue débarque dans leur cuisine.
Natasha.
Où était-elle toutes ces années? Comment a-t-elle retrouvé le chemin de la maison?

Si David est fou de joie, Emma, elle, se sent vulnérable devant cette adolescente silencieuse.

Cadeau ou malédiction? Que cache le retour de la disparue de Noël?

Mon ressenti de lecture…

La disparue de Noël est le quatrième volet des aventures de l’inspecteur Tom Douglas, personnage bien attachant découvert avec Illusions fatales.

Retour de soirée sur une route de campagne verglacée. Perte de contrôle fatale du véhicule. Nastasha, 6 ans disparaît. Sa maman n’a pas survécu.
David, veuf éploré, a refait sa vie. Il s’est remarié, a un petit garçon, quand Natasha réapparaît six ans plus tard.
Sans aucune explication, une Natasha agressive et mutique peut et veut-elle retrouver un cocon familial?
Pourquoi interdire à son père de prévenir la police quand celle-ci, après la découverte du corps d’une Jane Doe, se rapproche de la famille?
Et quelle curieuse coïncidence que ce retour inopiné de Tasha et cette mystérieuse mort, non?

Je dois bien avouer que je n’étais pas super motivée pour lire ce roman car le thème de la réapparition d’un enfant disparu n’est pas super original et exploité avec plus ou moins de bonheur, que ce soit dans les romans ou les téléfilms.
Mais je lis cette série depuis le début et avouez, la couv’ est vraiment pas mal! Judicieusement pensée et très esthétique!

J’avoue que je me suis ennuyée pendant les cent premières pages et avoir été bien dubitative sur la suite. Mais j’aime la plume de cet auteur anglais et je savais que la graine était semée et que la récolte ne tarderait pas.
Et en effet, quand « l’événement » survient, là, on ne décroche plus jusqu’à la fin!

Démarrage difficile donc, avec ce retour inattendu d’une petite fille qui n’a donné signe de vie pendant 6 ans et qui pourtant revient comme on rentre d’une promenade. Le père ne se précipite pas à l’hôpital pour un bilan de santé, ne se préoccupe pas d’emmener sa fille chez un psy. Non. Natasha est revenue, la vie continue. Cette réaction de passivité m’a beaucoup gênée au début de ma lecture.

Le personnage de David, le père, n’est pas très attachant pour ce gros défaut. Il semble même très peu concerné et fade. Il est pathétique dans sa manière quasi-naïve d’ignorer les conséquences de cette absence de six ans, de supplier et de se résigner.

Par contre, le personnage d’Emma offre beaucoup plus de matière. Elle est la seconde épouse de David et a dû trouver sa place avec le fantôme de la première. Le retour de cette jeune fille inconnue, hargneuse et hostile, n’est pas de tout repos car le souci prioritaire d’Emma est de protéger sa propre chair et son propre sang, le petit Ollie.
L’évolution des sentiments d’Emma est très intéressante et finement analysée par l’auteur. De réactions épidermiques à des réflexions plus altruistes, Emma est dépassée par les événements mais va tout mettre en œuvre pour se sortir de l’ornière, parfois même avec maladresse mais toujours avec sincérité.
La scène de fin est très touchante, tout en laissant planer le doute.

L’autre personnage passionnant est, bien entendu, Natasha. Petite fille ayant vécu hors du cocon chaleureux et aimant d’une famille pendant 6 ans, c’est une jeune fille à fleur de peau qui retrouve cette maison qui l’a vu naître. Elle se pensait forte, décidée et déterminée mais c’était sans compter le bouleversement apporté par ce tout petit gars innocent et souriant, Ollie. Elle est déchirée entre son passé et ce qu’elle aimerait tant pour son avenir mais y croit-elle réellement quand elle ne connaît que mensonges, trahisons et manipulations? Un cynisme bien étonnant chez un si jeune être mais ô combien justifié par les épreuves qui sont les siennes!
Natasha, on la déteste, on aimerait la claquer et puis on arrive à comprendre ses peurs, sa loyauté mal placée, son manque de foi en l’humain. Pour finalement adopter la même angoisse d’Emma et crier à l’unisson avec le petit Ollie: « Tassa! »

La famille Joseph est plongé dans un drame familial mais une jeune fille a été retrouvée morte et tout porte à croire qu’un lien est possible entre ces deux affaires.
Et Tom Douglas, en marge de l’enquête, s’engage personnellement à résoudre l’une et l’autre car Emma lui est proche.
Pourtant Tom n’est pas au mieux de sa forme. Il ne se remet toujours pas du décès de son frère, Jack. Un frère qui, par son héritage et ses mystères, se manifeste à nouveau dans son existence d’une manière bien étrange. Emma était le trait d’union entre les deux hommes, qu’en sera-t-il avec la fracassante confidence d’Emma?
J’aime beaucoup le personnage de Tom, loyal et professionnel dans son travail et sûrement un peu plus bancal dans sa vie privée. Il est attachant car profondément humain et surtout, ne véhicule pas tous les poncifs poussiéreux des polars classiques!

L’intrigue est addictive et bien pensée. Les chapitres courts s’enchaînent à un rythme bien nerveux pour ne laisser aucun répit à la tension qui ne cesse de se renforcer. Quand on sent Natasha flancher, l’espoir renaît mais sans certitude aucune!
Et même si le dénouement est un peu facile et attendu pour un des personnages, il est bien dommage que celui-ci s’en sorte aussi bien!

Ce dernier volet en date des enquêtes de Tom Douglas n’est pas un conte de Noël et, entre polar énergique et thriller psychologique, Rachel Abbott s’affirme de plus en plus comme un auteur incontournable de la scène livresque anglaise.
Auteur à suivre!

Citations…

« Ce soir-là, cependant, elle avait pleuré. Pleuré pour la vie qu’elle aurait dû vivre. La vie qui leur avait été volée, à elle et à sa maman. Mais elle n’avait pas pleuré comme Emma. Quand Emma pleurait, on aurait dit que quelqu’un la découpait en petits morceaux avec une hache.
C’était peut-être ça qu’on ressentait quand on aimait vraiment quelqu’un.
Elle ne le saurait jamais. »

« Les derniers espoirs d’Emma s’évanouirent, brisant le peu de foi qu’elle avait en cette fille en milliers d’éclats qui transpercèrent chacun des organes de son corps comme des tessons. Il ne s’agissait pas d’une décision impulsive, mue par la jalousie; tout avait été minutieusement planifié. »

« Tu oublies que je suis déjà mort (…). On ne peut pas tuer un homme mort. »

« Oublie que tu m’as vu. Ma mort est mon choix. »

Note: 4/5

Blog Note 4

 

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