De notre côté du ciel – Hanz Meyer zu Düttingdorf

Hanz Meyer zu Düttingdorf - De notre côté du ciel (2018)

Hanz Meyer zu Düttingdorf – De notre côté du ciel (2018)

blognote 3

4ème de couv’…

Allemagne, années 1930: Henriette, Hans, Charlotte et Karl sont les meilleurs amis du monde. Ensemble, ils forment la bande du trèfle à quatre feuilles et se sont juré de veiller les uns sur les autres.

Tandis que les années passent et que le climat politique devient de plus en plus étouffant, Henriette et Hans tombent follement amoureux. Seulement, Henriette est juive. Pour rester en vie, elle devra fuir l’Allemagne, abandonnant derrière elle sa famille, ses amis et Hans.

Plus de cinquante ans après, Henriette quitte l’Uruguay accompagnée de son arrière petite-fille Rachel pour retourner sur les lieux de son enfance. Débute alors un voyage terriblement émouvant pour Henriette, mais aussi pour Rachel, qui ne sait rien du passé de son arrière grand-mère. Un roman tendre sur l’enfance et le passage à l’âge adulte d’une fillette au destin bouleversé par l’Histoire.

Mon ressenti de lecture…

Les hasards de ma programmation livresque ont posé sur ma table de chevet deux romans traitant de la Seconde Guerre Mondiale par le même biais de destins de femmes et de leurs souvenirs. Mais autant l’un m’a emportée très loin dans l’émotion, autant celui-ci m’aura laissée froide.

Le récit est brouillon par de nombreux flashbacks non datés et par une vieille dame dont on a envie de tirer les oreilles tant elle rechigne à s’ouvrir à son arrière petite-fille alors que son temps est compté.
C’en est agaçant de faire durer un suspense sur les caprices d’une Henriette cachottière au possible et si cela a pour objectif de nous tenir en haleine, c’est raté car les pseudo-révélations n’en sont pas et tombent sacrément à plat.
Cinquante ans après son départ d’Allemagne, à l’aube de sa vie, son retour sur les terres de sa mère patrie semble totalement impromptu et irréfléchi alors que l’auteur essaye de nous « vendre » une histoire unique de premier amour dévastateur et inoubliable.
Henriette n’a entrepris aucune recherche en 50 ans et soudainement, elle aimerait retrouver ceux qu’elle a quittés dans la tourmente.

Il est question d’un groupe de quatre amis inséparables venus d’horizons différents dont nous suivons l’évolution en même temps que la montée du nazisme, avec un éclairage focal sur Henriette mais au final, le devenir de ses trois amis est bâclé, dans une certaine indifférence factuelle.
Nous en apprendrons très peu sur ce qu’il s’est passé pour Karl, Charlotte et Hanz, sur la manière dont ils auront réellement vécu le nazisme, la guerre et sur leurs blessures. C’est frustrant. D’autant plus qu’Henriette semble avoir refait sa vie sans un regard en arrière, une fois la certitude de la disparition de ses parents acquise.

J’ai apprécié toutefois l’évocation du contexte des années ayant précédé la Seconde Guerre Mondiale: la manière dont le peuple accepte et loue les belles paroles d’un Hitler au fur et à mesure que leurs assiettes se remplissent à nouveau alors même que l’existence des juifs devient de plus en plus difficile. Mais le sujet n’est pas creusé et ne sert toutefois que de décor pour expliquer des chemins divergents.

Je le radote souvent et je recommence à nouveau: il ne suffit pas de jeter un contexte historique dramatique accrocheur pour créer une histoire tragique inoubliable. Ce qui instille une différence entre toutes ces petites histoires dans la grande, c’est l’attachement du lecteur pour les personnages. Et si l’auteur néglige la psyché des héros et sous-estime la charge émotionnelle de chacun, c’est un échec.

Et si le terreau historique et social est un aspect du roman qui est très fidèlement traité, ce fut tout de même un échec pour le voyage proposé, je n’ai pas aimé la couleur De notre côté du ciel.

Citations…

« La patrie. Tu l’aimes. Tu te dis que tout ce qu’il y a de mauvais n’en fait pas partie, que ce n’est qu’une excroissance qui n’a rien à voir avec le noyau lui-même. Tu portes toujours ta patrie en toi. »

« (…) les représentations héroïques de la guerre et les discours idiots de sacrifice pour la patrie ne peuvent venir que de personnes, ou plutôt d’hommes qui sont bien loin de tout et n’ont pas à souffrir de la guerre, ou qui ne l’ont jamais connue. Cette mort héroïque si honorable est un acte lâche et cruel qui déchiquette de jeunes hommes avant que ceux-ci aient une chance de commencer leur propre vie. »

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The Bear Memoria

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4 réflexions au sujet de « De notre côté du ciel – Hanz Meyer zu Düttingdorf »

  1. J’ai ce roman dans ma pal netgalley. J’ai adoré son précédent roman, dans lequel les personnages étaient sublimement traités.
    Du coup, ton avis me laisse dubitative. Vais-je aimer ce 2e roman?
    Va falloir que je le lise vite alors!

    • Je n’ai pas lu le précédent! Mais je n’ai aucune inquiétude pour ta lecture car les rencontres avec les personnages sont différentes pour chacun, coup de foudre pour certains et le vide pour les autres! 😀 Bonne lecture!

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