Dans les bras de Verdun – Nick Dybek

Nick Dybek - Dans les bras de Verdun (2018)

Nick Dybek – Dans les bras de Verdun (2018)

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4ème de couv’…

1921. Tom, originaire de Chicago, ancien ambulancier pendant la guerre, travaille à l’ossuaire de Verdun. Il y rencontre Sarah, américaine à la recherche de son mari disparu. Ils vont vivre une passion fulgurante. Des mois plus tard, Tom et Sarah se retrouvent à Bologne, où un soldat amnésique inconnu attire les foules. Dans la ville italienne où monte le fascisme, Tom et Sarah croisent Paul, journaliste autrichien intéressé par le malade. L’homme sans passé détient aussi un lourd secret.

1950. Santa Monica aux Etats-Unis. Tom, devenu un scénariste plus ou moins reconnu, recroise Paul lors d’une soirée à Los Angeles.
Les souvenirs remontent, brisant les mensonges passés.

Mon ressenti de lecture…

La 4ème de couv’ m’a interpellée pour le thème du deuil après une guerre, en l’occurrence, celle de 14-18.
Sarah, américaine, recherche son mari, porté disparu en Europe, alors qu’en Italie, les efforts des journalistes et du corps médical tendent à redonner une identité, une famille et des proches à un soldat amnésique.
La vie, la mort, les atrocités de la Première Guerre Mondiale hantent les protagonistes de ce roman alors que les sentiments s’écoulent en un chaos imprévisible.

« Disparu. Présumé mort ». Combien de femmes, de mères, de pères ont pu recevoir ce télégramme? De bombardements en champs de bataille, combien de corps atomisés ou enterrés ont perdu leur identité, se sont retrouvés, anonymes, dans des tombes numérotées ou dans des ossuaires comme celui de Douaumont, près de Verdun, loin des leurs, de leur famille?

Juste pour la bataille de Verdun de 1916, près de 310.000 morts ou pudiquement « portés disparus ». Comment les vivants peuvent-ils effectuer leur travail de deuil quand il n’y a pas de corps sur lequel se recueillir?

Le thème promettait une lecture intéressante et les passages autour de ces soldats portés disparus, présumés morts, évoquent clairement la souffrances des proches, leurs doutes, leurs espoirs irrationnels que ce « disparu » va se transformer en « réapparu ». Certaines histoires rapportées sont touchantes par l’émotion et le désarroi qu’elles peuvent susciter. Ne pas savoir paralyse la famille et les amis et les empêche d’avancer vers l’avenir.

Mais ce sujet sert seulement de décor à une rencontre: celle de Tom et de Sarah. Tom collecte les ossements épars sur les anciens champs de bataille et Sarah recherche tous les renseignements qui pourraient lui permettre de retrouver son mari, soldat. Et c’est là que mon intérêt s’émousse…

Je n’ai pas du tout accroché au style de l’auteur. Le rythme est lent, le ton est plat et sans passion, les aller et retour entre 1950 et 1921 pour lier un élan amoureux sans véritable sève vitale cassent davantage un rythme déjà poussif.

Les personnages ne provoquent aucune empathie, notamment celui de Sarah qui se veut mystérieuse, jongle avec les mensonges et une fausse insouciance de l’avenir. Je n’ai pas su où aller avec elle: je n’ai pas ressenti la « passion fulgurante » promise par la 4ème de couv’, et encore moins sa souffrance d’avoir perdu son mari.

Tom et Paul se croisent et se recroisent mais il est très peu question d’une espèce de trio amoureux qui aurait pu créer une dynamique de suspense et d’intérêt. D’ailleurs on apprend l’intérêt de l’un pour Sarah bien trop tardivement pour éprouver quoi que ce soit à rebours!

Je suis passée à côté de ce roman, je n’ai trouvé aucun intérêt à l’Amérique de 1950, ni même dans le séjour à Bologne, avec une description de la montée du fascisme que j’ai trouvé inutile à l’intrigue.

Le résumé était prometteur et avec juste ce qu’il faut de mystère pour titiller ma curiosité… mais c’est clairement une déception.

Citations…

« (…) ils oubliaient qu’ils étaient dans un monde où les églises n’avaient plus de cloches parce qu’elles avaient été fondues pour fabriquer des balles. »

« Souvent, il y a un tel écart entre nos fantasmes et la réalité que, les rares fois où ils se rencontrent, on se prend à croire que notre désir peut faire plier le monde. »

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The Bear Memoria

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