Clara Vine T2 – Le jardin d’hiver – Jane Thynne

Jane Thynne - Clara Vine T2 - Le jardin d'hiver (2016)

Jane Thynne – Clara Vine T2 – Le jardin d’hiver (2016)

blognote 4

4ème de couv’…

Berlin, 1937. La ville respire la séduction et l’ambition. Mais partout, le danger rôde…

Anna Hansen, future mariée, est pensionnaire d’une de ces fameuses écoles créées par Hitler pour former les jeunes femmes dans l’art de devenir la parfaite épouse d’un officier SS. Mais, une nuit, elle est sauvagement assassinée dans les jardins de l’école. On fait vite disparaître le corps. La nouvelle de sa mort est étouffée, son existence oubliée.

Clara Vine est actrice dans les fameux studios de la Ufa à Berlin. Mais cette activité en masque une autre, clandestine celle-là: elle est agent au service du Renseignement britannique.

Or elle connaissait Anna et la nouvelle de sa mort l’inquiète. Elle n’arrive pas à comprendre pourquoi on l’occulte ainsi. Elle enquête donc, et découvre peu à peu que le meurtre d’Anna est lié à un lourd secret, compromettant les plus hauts dignitaires du troisième Reich.

Avec la prochaine visite à Berlin d’Édouard VIII – qui a récemment abdiqué – accompagné de sa femme Wallis – et la présence des célèbres sœurs Mitford qui rivalisent pour occuper le devant de la scène mondaine, Clara se doit d’œuvrer dans l’ombre pour découvrir la vérité et en informer Londres.
C’est une voie périlleuse, d’autant qu’elle bénéficie de l’aide d’un de ces artistes juifs taxés de « dégénérés » par Goebbels.
La survie de Clara ne tient qu’à un fil…

Mon ressenti de lecture…

Deuxième volet de la vie de Clara Vine, actrice anglo-allemande, accessoirement agent du renseignement britannique, installée à Berlin dans les années 30, à la vieille de la Seconde Guerre Mondiale.
Après Les roses noires qui témoigne de son engagement dans les services de renseignements, Clara, plus aguerrie mais pas pour autant endurcie, reste attentive à tous les cancans dont les femmes se montrent friandes, et aux renseignements que laissent échapper les hommes.
N’importe quel détail peut faire basculer la balance de la paix dans les horreurs d’une nouvelle guerre et aucun rôle est à négliger dans ses jeux diplomatiques du chat et de la souris.

Un peu déçue de voir disparaître le personnage de Leo qui était intéressant pour la liaison entretenue avec Clara, pour la touche glamour et romanesque, mais aussi pour son rôle d’agent  avec, pour couverture, son travail au service des demandes de visas. Témoin de l’exil plus ou moins facilité d’une certaine tranche d’allemands fuyant la montée du nazisme dans la fin des années 30, j’appréciais ce personnage discret et anxieux.

Mais quatre ans ont passé et Clara a préféré rester en Allemagne, pour sa carrière et pour avoir un rôle à jouer dans le cours de l’Histoire qui se trame, malgré la peur qui ne la quitte pas le danger omniprésent d’être découverte.

Avec Le jardin d’hiver, le féminisme de notre siècle subit un sacré revers avec une histoire de meurtre d’une jeune fiancée du Reich, Anna Hansen, qui, pour épouser un SS, doit passer par la case obligatoire de l’École des Épouses.

Et oui mesdames, une école qui vous apprend à servir votre SS de mari et, par lui, la patrie, à être une bonne épouse responsable et soumise, à aspirer à l’accomplissement de soi par les taches ménagères et la reproduction! Pas moins de quatre enfants, hein! Et ne travaillez pas, cela fait mauvais genre sous le régime national-socialiste!
Nous sommes loin de l’émancipation des femmes sous la République de Weimar qui était l’une des plus avancées en Europe avant l’arrivée des nazis au pouvoir qui renvoient la femme à un rôle de reproductrice pour pondre à la chaîne de beaux petits aryens.
C’est aberrant pour les lectrices que nous sommes de concevoir l’existence du programme Lebensborn ou de telles écoles obligatoires, et quelques grincements de dents pendant la lecture ne sont pas à exclure!

Mais la mort d’Anna cache un secret qui risque bien de mettre la vie de Clara en danger en apportant la preuve de mœurs bien dissolus en totale inadéquation avec l’esprit nazi!
Ce roman est plus dense que le premier, Clara suivant différentes pistes, avec son enquête sur le meurtre d’Anna, son rapprochement avec le monde de l’aviation et son invitation au plus près du pouvoir.

La visite en Allemagne du Duc de Windsor et de son épouse Wallis Simpson est l’occasion de rappeler une page de l’histoire britannique avec le scandale provoqué par la relation entretenue par le roi d’Angleterre, Edouard VIII, avec une américaine doublement divorcée. Si l’amour pour Wallis Simpson est la raison officielle de son abdication, avec un titre de Duc en consolation, ses sympathies nazies n’y seraient pas étrangères. Les opinions du Duc de Windsor étaient dérangeantes et cette visite témoigne de la précarité du sort de l’Europe en 1937. On ne peut qu’imaginer le désarroi de Clara, tiraillée par son patriotisme, son rôle d’espionne et les sympathies qu’elle se doit de tisser pour rester en vie et mener ses missions à bien.

En pur roman d’espionnage, davantage d’action et de punch ne serait pas du luxe car le rythme et le suspens sont un peu poussifs. Mais la lecture en est palpitante car je préfère l’envisager comme un roman d’ambiance car Jane Thynne excelle dans la description du quotidien berlinois, au travers des portraits féminins et de la condition féminine sous le IIIème Reich, tout en déclinant très fidèlement, de l’intérieur, le cours des événements historiques et les enjeux internationaux.

Les intrigues et les rencontres sont passionnantes, le contexte historique est admirablement retranscrit et l’auteur n’a pas son pareil pour immerger son lecteur dans le Berlin des années 30. Pour tout dire, je suis à la traîne pour écrire mes avis mais j’ai enchaîné les quatre tomes (publiés à ce jour, vivement le prochain!), tant j’étais happée par la vie de Clara!

La tension monte et si le suspens n’est pas dans la grande Histoire, il réside dans le devenir de Clara Vine et j’ai hâte de vous en dire davantage avec La guerre des fleurs…

Citations…

« Les vérités, ces temps-ci, à Berlin, on se contentait de les murmurer. Il n’y avait que les mensonges qu’on criait sur les toits. »

« Elle n’avait pas encore l’air aussi enceinte que son mari dont l’embonpoint tirait sur les coutures de son uniforme, mais elle grossissait lentement, sûrement, comme un dirigeable en cours de gonflage. »

« Je suis une femme de trente ans sans amant ni mari, je n’ai que l’enfant d’une autre femme. Je me fais passer pour une amie des nazis tout en informant le renseignement britannique à leur sujet. Mon père admire les nazis alors que ma grand-mère était juive. Pas étonnant que j’aime aller au studio. Il n’y a qu’en étant actrice que je cesse de jouer. »

« Clara était d’une certaine façon toujours accompagnée d’une image fantomatique d’elle-même, pas seulement à cause de la conscience aiguë de soi qu’ont toutes les femmes en public, mais parce qu’elle était toujours en représentation, consciente de l’image qu’elle projetait sur les autres. »

« (…) les Américains préféraient que les affaires étrangères restent ce qu’elles étaient… étrangères à leur vie. »

Blog Note 4

Retrouvez mon avis sur les précédents tomes de la série Clara Vine dans la bibliographie de Jane Thynne, ICI!

The Bear Memoria

 

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