Je t’aime – Barbara Abel

Barbara Abel - Je t'aime (2018)

Barbara Abel – Je t’aime (2018)

blognote 4

4ème de couv’…

Après un divorce difficile, Maude rencontre le grand amour. Un homme dont la fille, Alice, lui mène hélas une guerre au quotidien.

Lorsqu’elle découvre l’adolescente en train de fumer du cannabis dans sa chambre, celle-ci la supplie de ne rien dire à son père. Maude voit là l’occasion parfaite d’apaiser les tensions au sein de sa famille recomposée.

Après tout, que feriez-vous à sa place?

Prenez les mêmes six mois plus tard. Ajoutez Nicole et Solange, deux femmes dont les vies vont être pulvérisées le jour où l’addiction d’Alice provoque un accident… mortel.
N’oubliez pas le père, qui comprend que sa fille se drogue et que sa compagne était au courant.
Ceci n’est pas exactement une histoire d’amour, même si l’influence qu’il va exercer sur les héros de ce roman est capitale. Autant d’hommes et de femmes dont les routes vont se croiser au gré de leur façon d’aimer parfois, de haïr souvent.
Parce que dans les livres de Barbara Abel, comme dans la vie, rien n’est plus proche de l’amour que la haine…

Mon ressenti de lecture…

Je t’aime. Avec un tel titre, préparez-vous à un roman feel good, plein de bons sentiments, de tendresse et de joie, préparez-vous à aller gambader dans un pré fleuri avec votre chapeau de paille! Quoi?!? Comment?!? C’est du Barbara Abel?!? Ok, va falloir réviser ma copie!

Mais Barbara Abel nous parle d’amour! Je vous assure!

Le premier amour adolescent, passionné, emprunté et maladroit.
L’amour inconditionnel et exclusif d’une mère célibataire pour son fils, d’un veuf pour sa fille.
Toujours l’amour pour un enfant avec celui que l’on attendait plus.
Et puis l’amour plus chaotique qui agite les couples, les désunisse, les rassemble.
Du chaos de la famille recomposée également avec la difficulté de chacun à trouver sa place au nom de l’amour de seulement deux personnes.

Et que vaut tout cet amour quand un drame du quotidien, malheureusement inattendu, imprévisible et intransigeant, vient à tenir bouleverser les existences, à en supprimer?

Que fait-on par amour? Quelles limites dépasse-t-on? Que révèle l’amour en nous? Le meilleur dans les jours heureux bien évidemment mais quel côté sombre apparaît quand les nuages s’amoncellent au-dessus de nos têtes?

Barbara Abel a le talent de brosser des portraits de gens ordinaires, vous et moi, à qui le ciel tombe sur la tête. Et la conséquence en est que vous, lecteurs, ne pouvez prendre fait et cause pour aucun des personnages! J’ai éprouvé de l’empathie pour chacun, à certains moments, tout comme je m’en suis désolidarisé à d’autres!
Ce roman est assez perturbant également car au final, je crois qu’en tant que femme et mère (en fait, j’en suis même persuadée!), je n’exclus absolument pas de tomber dans certains extrêmes décrits au fil de l’intrigue.
L’amour est aveugle, la vengeance peut l’être tout autant quand la douleur ne fait plus qu’un avec soi. Il n’est plus tant de raisonner, d’être raisonnable, l’amour et la souffrance engendrent des actes, les plus spontanés qu’ils soient car hurlés par le cœur…

Barbara Abel nous parle d’amour mais aussi de justice. Qui dit justice parle de droit, de lois, de procès et de jugements. Rien n’est plus inhumain que la justice, celle des tribunaux, des avocats et des textes de Loi qui codifie et édicte des réponses formatées à chaque situation. Mais nous parlons de l’humain et de ses sentiments, de son cerveau reptilien qui se retrouve au gouvernail de l’être quand une tragédie survient. Et l’auteur appuie là où cela fait mal: tout vernis social est oublié, toute maîtrise intelligente de soi est occultée. Quand certains s’effondrent et se résignent, d’autres veulent une vengeance pour obtenir la réparation que la Société ne lui a pas accordé ou obtenir un soulagement ou un apaisement sans prendre conscience qu’il sera illusoire.
Accident, volonté, responsabilité, réparation. Mais en amour, peut-il y avoir réparation?

J’ai dévoré ce thriller psychologique, j’ai été bouleversée par cette tragédie, par les émotions et les sentiments qui agitent chaque personnage.
Pas de happy end, ils ne se marièrent pas et eurent beaucoup d’enfants comme dans les contes de fée et même certains ont payé très (trop?) cher les conséquences d’un hasard malheureux aux conséquences mortelles!

Je n’ai pas assez lu cet auteur malgré le nombre de ses romans que j’ai dans ma PAL mais je peux vous dire que je vais en dépoussiérer quelques uns car cette lecture a été excellente!

Citations…

« L’amour est une puissance dont la force est capable de faire ou défaire un destin. Aussi doux qu’il peut être sauvage, aussi exaltant qu’il peut être pitoyable, aussi divin qu’il peut être démoniaque, il est multiple, complexe et inconstant. Chacun de nous a fait l’expérience de ces romances qui ont coloré nos vies au gré de nos émois, de nos victoires ou nos défaites. Si ce n’est pas votre cas, c’est que vous n’avez pas vécu. »

« Les regrets sont la pire des prisons, ils séquestrent les pensées dans une cellule de chagrin. »

« Une famille recomposée, c’est comme une greffe: on ne sait jamais si ça va prendre. »

« Trouver sa place auprès des enfants de l’autre relève souvent de la haute voltige. Une place qui se situe dans une contrée étrange, pas toujours accueillante. Il faut savoir se faire respecter sans espérer se faire aimer. Garder sans cesse le cap. Faire des compromis, beaucoup. »

« Ils lui disent de ne pas s’inquiéter et, à la réflexion, elle ne peut leur donner tort: de quoi pourrait-elle encore bien s’inquiéter, à présent que le pire est arrivé? »

« Rien ne peut être à ce point constant. Les choses changent, elles fluctuent sans cesse et sans pitié. Elles nous narguent, elles nous maltraitent. Elles nous entubent. Elles se présentent sous leur meilleur jour, elles font semblant d’être douces, elles nous font croire que la vie est belle, que le meilleur est là, juste à portée de main. Puis elles font volte-face et nous crachent à la gueule. Elles distillent leur venin, elles nous pissent au visage. Saloperies. »

« L’aiguille, elle, ne change jamais. Ni de rythme, ni d’apparence. Elle trotte avec une indifférence absolue. Sa course est hypnotique, dépourvue d’élan, de doute, de risque, de crainte, d’enthousiasme. Dépourvue d’émotion. Elle est reposante, limite soporifique. C’est sans doute ce qui fascine Alice, ce pouvoir d’endormir jusqu’à la conscience d’un souvenir trop douloureux. Pour cela, il suffit de suivre du regard une aiguille qui tourne dans son cadran. »

« La vengeance est la première et la plus ancienne forme de justice, si ce n’est qu’elle implique des émotions humaines. La vengeance agit avec passion quand la justice agit avec raison. »

« Elle est au purgatoire. C’est toujours mieux qu’en enfer. »

« À tout vouloir contrôler sans cesse, le cœur finit par jeter l’éponge. Il se met en berne et fait porter à l’âme un deuil éternel. »

« Le chagrin est un adversaire nécessaire.
L’éviter impose une fuite perpétuelle, à perte d’émoi, parce que si le souvenir est douloureux, il demeure le lien ultime avec celui qui manque. Affronter la tristesse est le seul moyen de garder la mémoire des jours heureux. »

Blog Note 4

 

 

Retrouvez la bibliographie de Barbara Abel, ICI

The Bear Memoria

9 réflexions au sujet de « Je t’aime – Barbara Abel »

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