Cycle du soleil noir T1 – Le triomphe des ténèbres – Éric Giacometti & Jacques Ravenne

Éric Giacometti & Jacques Ravenne - Le cycle du Soleil Noir T1 - Le triomphe des ténèbres (2018)

Éric Giacometti & Jacques Ravenne – Le cycle du Soleil Noir T1 – Le triomphe des ténèbres (2018)

blognote 4

4ème de couv’…

Tibet, Janvier 1939. Une expédition SS met la main sur une Swastika (croix gammée) ciselée dans un métal inconnu. C’est l’un des Quatre Eléments (le feu, l’air, l’eau et la terre) qui, selon une antique prophétie, permettra à celui qui les détiendra de devenir le maître du monde.

Espagne, Janvier 1939, un commando républicain conduit par un aventurier français, Tristan, cambriole le monastère de Montserrat et découvre un tableau lié à la cachette d’un des éléments.

Octobre 1940. L’Allemagne nazie règne en maître sur l’Europe. C’est le triomphe des ténèbres.

Une course s’engage alors pour récupérer les trois autres éléments.
Le colonel SS Weistort, chef de l’Ahnenerbe (institut spécialisé dans l’ésotérisme et l’archéologie), délivre Tristan des geôles franquistes pour l’obliger à collaborer avec lui. Leur quête va les mener à Montségur, dernier bastion de l’hérésie cathare. En Angleterre, le commander Malorley, agent du SOE (nouveau service secrets de Churchill), monte une opération pour mettre la main sur le deuxième élément. S’engage alors la lutte entre l’ »Étoile » et la « Swastika », qui déterminera l’issue de la Seconde guerre mondiale.

Mon ressenti de lecture…

Quel plaisir de retrouver les papas de Marcas (que je ne tarderai pas à relire pour en partager les avis sur mon blog!) dans une nouvelle série et que de bonheur que ce soit à l’époque de la Seconde Guerre Mondiale! Non, ce n’est pas un Marcas (vraiment?!?) mais ça fleure bon Le rituel de l’ombre dans lequel notre inspecteur franc-maçon s’était frotté à la société de Thulé, confrérie nazie occulte.

Pour les habitués du duo Giacometti & Ravenne, c’est le coup de cœur assuré!

Nous retrouvons tout d’abord la même volonté de précision historique. Le roman est excellemment documenté et basé sur des faits réels (des notes de fin de pages et des précisions en fin de roman complètent les références intervenues dans le roman).

L’Ahnenerbe, est au cœur de cette nouvelle série.
Société pluridisciplinaire pour la recherche et l’enseignement sur l’héritage ancestral, a été créé en 1935 par Heinrich Himmler et intégrée aux SS en 1939, avait pour but, par le biais de l’archéologie notamment, de valider les théories nazies de la supériorité et de la pureté de la race aryenne par l’appropriation d’anciens cultes dits germaniques. De sites scandinaves en passant par l’Asie ou la France, le champ d’actions était étendu au monde entier. Et si Hitler rejette officiellement tout occultisme, c’est un fait avéré que celui-ci est partie intégrante du Reich et porté principalement par Himmler et ses compagnons.

Avec ce cycle du Soleil Noir, c’est une chasse au trésor qui démarre! Celui qui réunira les quatre swastikas symbolisant chacun un des Quatre Éléments ou la quadruple racine de toutes choses, deviendra le maître du monde.

La clé en est le Thule Borealis Kulten, ouvrage du Moyen Âge, spécial, unique et précieux. Son gardien, le professeur Otto Neumann, déchu de sa chaire d’histoire et reconverti en libraire, doit quitter l’Allemagne avec l’aide son ami, l’anglais Malorley.
Mais en cette nuit de Cristal, sa bonne étoile ne brille plus et le livre tombe aux mains des nazis…

L’intrigue est fascinante et captivante! Alors que les combats font rage partout ailleurs, les explorations archéologiques nazies se déroulent en parallèle, contrecarrées par un service d’espionnage anglais d’abord incrédule et dubitatif, puis totalement convaincu de l’intérêt crucial de cette bataille en marge des opérations militaires classiques.

Je suis une inconditionnelle de cette écriture à quatre mains! Les styles des deux auteurs sont si parfaitement fusionnés qu’il est impossible de savoir qui a écrit tel ou tel passage!
Les chapitres alternent les points de vue, les lieux, les protagonistes. Le tout est nerveux et sans temps mort. J’adore les traits d’humour, d’auto-dérision ou de cynisme glissés par ci par là au fil des pages.

Je retrouve dans ce roman tout ce que j’aime dans la lecture: de la récréation, de l’aventure, du suspens et de l’action, de la culture, un terreau historique riche et des personnages que je tuerais bien à mains nues ou d’autres bien plus attachants.

Avec Le triomphe des ténèbres, les personnages féminins sont forts et très intéressants
Jane, espionne anglaise, un rien mutine, frondeuse et courageuse.
L’archéologue, Erika von Essling, audacieuse, excentrique, un brin masculine dans son goût pour la chasse, l’escrime ou le tir, est délicieusement froide et méprisante. Je suis très curieuse de son parcours futur.
Tout comme celui de Laure d’Estillac, jeune fille jusque là protégée au creux de Montségur, et après des épreuves qui la propulsent soudainement au cœur du conflit.

Parmi les personnages masculins, c’est un régal pour la passionnée d’histoire que je suis, de lire les mises en scène avec les grandes figures telles Winston Churchill (scrollez jusqu’à la fin de mon article, la citation sur la capsule de cyanure est juste jouissive!), Hitler, Goebbels, Himmler, Goering et leurs surnoms des plus sympathiques!

Le Colonel Karl Weistort qui mène les recherches pour les nazis est juste détestable, d’autant plus inexcusable qu’il est intelligent et cultivé. Seulement il n’a pas choisi le bon camp pour briller à mes yeux!

Le Commander Malorley, responsable du service Propagande et guerre psychologique du SOE (service de contre-espionnage créé par Winston Churchill en 1940) ne reste pas derrière son bureau, plonge dans la mêlée des résistants dans la zone libre française, se frotte aux réfugiés espagnols qui ont aussi fort à faire dans leur propre pays, affronte celui qui a tué son ami Neumann. Il est assez lisse dans ce volet et là aussi, je suis curieuse de lire son évolution.

Mon personnage préféré est un français, Tristan Destrée. C’est pourtant un opportuniste de première, use de plus de vies que les chats et ne fait rien pour se rendre sympathique. Une personnalité trouble mais fascinante qui risque bien de nous surprendre dans les prochains tomes. Bon, sans spoiler, une petite indiscrétion en fin de roman nous aiguille vers ce sentiment!

Je suis ravie de cette lecture, un coup de cœur bienvenu après quelques années où je boudais un peu les thrillers ésotériques! Ravie oui, et frustrée de devoir attendre la suite!

Citations…

« Regardez le liseré rouge qui marque le bas de la robe de ces moines, il indique qu’ils appartiennent au Ganpitra, un ordre intérieur dans le clergé tibétain qui a pour mission de protéger la communauté. À n’importe quel prix. Ils ont l’autorisation de transgresser leurs lois et de tuer quand cela est nécessaire. Des loups déguisés en agneau. Qui se méfierait de gentils moines bouddhistes… Très pratique, vous ne trouvez pas? »

« Je ne sais pas si le mot honneur représente quelque chose au Tibet, mais dans mon pays, il recouvre trois qualités: la fierté, le courage et la loyauté. »

« Intellectuel et nazi… Quel sinistre oxymore, songea-t-il. »

« J’ai sûrement tué plus d’hommes que vous, à mon grand déplaisir, mais dans votre cas je ferai une exception. »

« – Dans mon rêve, je voulais me suicider. Existe-t-il des capsules de cyanure au whisky?
– Pas que je sache, je vais me renseigner. Dans l’affirmative, vous les voulez pur malt ou avec un soupçon de tourbe? »

« Satan existait. Et il était allemand. »

« C’est ainsi que devait être la mort pour les vaincus, une humiliation. Il ne suffisait pas de perdre la vie, il fallait la perdre dans la honte. »

« Je ne demande pas à mes clients s’ils sont circoncis ou baptisés, juste s’ils aiment l’art. »

« Le sergent claqua des talons et déplia un bandeau noir. Tristan refusa. On lui ôtait la vie, on ne lui volerait pas sa mort. Il voulait la voir en face. »

« Fouiller un site, établir un relevé, publier un compte-rendu, pour beaucoup, ça semblait impensable pour une femme. Surtout à une époque où la virilité s’affichait partout à grands coups de pas de l’oie dans les rues et de vociférations martiales dans les stades. »

« La ligne de démarcation est un mors aux dents posé dans la bouche de la France. Si elle se cabre, nous tirons sur les rênes. Ça nous permet de mieux nous faire entendre par votre maréchal. »

« Dans le grand livre d’histoire de la cruauté, écrit avec le sang d’hommes, sous la dictée d’un dieu aveugle, il n’existe pas de chapitre final. »

« Je vomis les idéologies, ma belle. Elles promettent toutes le paradis et n’apportent que l’enfer. Nazisme, communisme, libéralisme, socialisme, anarchisme, patriotisme… Je fais des éruptions de boutons quand j’entends un mot qui finit par isme. »

« Je laisse l’idéalisme aux révolutionnaires, aux patriotes et aux imbéciles. »

Blog Note 4

 

The Bear Memoria

 

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