Farleigh Field – Rhys Bowen

Rhys Bowen - Farleigh Field (2018)

Rhys Bowen – Farleigh Field (2018)

blognote 3

4ème de couv’…

Lorsqu’un parachutiste trouve la mort sur le domaine ancestral de Farleigh Place, Lord Westerham et ses cinq filles, jusque-là épargnés, sont soudain touchés par la Seconde Guerre mondiale. L’inconnu est-il un espion allemand?

Agent du MI5 et ami de la famille, Ben Cresswell est chargé de mener secrètement l’enquête. Cette mission lui offre l’occasion de se rapprocher de Pamela, la troisième fille de Lord Westerham, dont il est amoureux.

Mais elle aussi cache un secret: son travail au centre de décryptage de codes
de Blechtley Park.

Au fil d’une enquête où se croisent traîtres et espions et qui le ramène inexorablement à Farleigh Place, Ben découvre l’existence d’individus dont les projets, s’ils réussissent, pourraient bien altérer le cours de l’Histoire.

Mon ressenti de lecture…

La 4ème de couv’ étant suffisamment explicite, je n’ai rien à ajouter votre Honneur! Et je passe de suite à mon avis.

Le roman est basé sur des faits réels.
De l’existence de Maxwell Knight dirigeant une branche secrète du MI5 (Service de contre-espionnage), de la description des conditions de travail à Bletchey Park (principal site de décryptage des chiffres et codes ennemis dont ceux de la célèbre machine allemande Enigma), à « l’exil » du Duc de Windsor aux Bahamas car il affichait avec un peu trop d’enthousiasme ses penchants germanophile et hitlérophile, tout est avéré.

En cela le roman est fort bien documenté et retranscrit fidèlement l’état de la société anglaise après la débâcle de Dunkerque et l’évacuation de trop peu de soldats et de matériel.
Le Royaume-Uni est sous le feu des bombardements, doit reconstituer au plus vite son contingent et se ré-armer, court après les financements notamment américains (qui ne seront pas sans contre-partie).
Le danger d’une invasion allemande n’a jamais été aussi proche.
Le moral des britanniques est soumis à rude épreuve, entre volonté que cette guerre se termine au plus vite et la volonté viscérale de ne pas se soumettre.

En campant son action sur le domaine de Farley Field, l’auteur a ciblé l’aristocratie anglaise et l’existence d’associations complotistes pro-germaniques.
Même si les privations touchent tout le monde, dans cette couche sociale, l’argent et le marché noir offrent certains privilèges que le quidam ne possède pas.
Rhys Bowen induit également une certaine insouciance dans cette caste sociale, comme avec Dido, une des sœurs de Pamma, qui regrette de ne pas faire son entrée dans le monde, de ne pas entrer dans une école suisse ou de s’enthousiasmer pour une fête (J’avoue que ce personnage d’enfant gâté m’a agacé!).

Mais heureusement, entre les sœurs Westerham, ce sont les extrêmes qui s’opposent. Pamela ou Margot sont impliquées dans la défense de leur pays quand Dido ne pense qu’à la bagatelle. Ces deux jeunes femmes sont le portrait fidèle de celles qui se sont révélées et émancipées dans le chaos de la guerre pour ne pas être cantonnées dans le rôle réducteur d’épouse ou de fifilles bien obéissantes à leur pôpa mais l’auteur n’est pas allé assez loin dans le symbole de la féminité affranchie, volontaire et courageuse, à mon sens.

Le personnage le plus complet et le plus attachant reste Ben, ami loyal, amoureux en secret, handicapé par un accident d’avion avant guerre, qui ressent la frustration de ne pouvoir prendre une part plus active et guerrière dans son devoir patriotique et qui subit le regard accusateur de ses concitoyens qui, ne voyant pas d’uniforme, l’accuse d’être un planqué.
J’ai apprécié ces passages qui rétablissent l’honneur de ces soldats de l’ombre, de tous ceux qui ont participé à l’effort de guerre comme casseurs de codes, ou œuvrant dans les services du contre-espionnage par exemple.

Ce roman est construit sur un terreau historique riche mais si la lecture a été agréable, je suis déçue car l’auteur n’a pas suffisamment exploité ce terreau fertile. Je déplore une intrigue un peu trop superficielle, un dénouement trop rapide et abrupt sans approfondissement des tenants, des aboutissements, du rôle de chacun, des personnages qui auraient pu être davantage attachants si leurs personnalités avaient été plus fouillées et même le trio amoureux qui apparaît un peu fade.

Si l’ensemble se tient bien, il manque de suspens et d’angoisse qui nouent le ventre pour se noyer dans un peu trop de dialogues inutiles à mon sens. Le lecteur comprend bien que le travail pour un ministère en temps de guerre se réalise sous le sceau du secret mais c’est répété un peu trop souvent au fil des pages. Ok, on parle de travail secret pour créer un climat de suspicion mais les mots ne suffisent pas à le faire ressentir.

J’ai beaucoup aimé le clin d’œil à Coco Channel à travers le personnage de Madame Armande mais là encore l’intervention de la Gestapo dans le parcours de Margot est très léger et trop timide pour un pur roman d’espionnage.

En résumé, c’est un excellent roman pour un lecteur lambda qui y trouvera son compte entre climat historique, sentiments et intrigue, mais étant férue jusqu’au dernier degré d’espionnage et d’Histoire, mon niveau d’exigence est plus élevé, je m’attends à des intrigues et des personnages plus complexes et fouillés… et là, je reste sur ma faim…

Citations…

« Il essaya de réprimer le sentiment d’urgence qui l’habitait. (…) il se rappela à lui-même qu’il était en bas de l’échelle. Si on ne le donnait pas toutes les informations, comment pouvait-on s’attendre à ce qu’il interprète correctement la situation? »

« Ce que vous êtes en train de nous dire, c’est que nous devons promettre de ne jamais divulguer ce qui se passe ici avant même de savoir ce qui se passe ici? »

« Ma chère, si les seules mariées à en porter étaient vierges, on ne verrait pas beaucoup de mariages en blanc, dit-elle. »

Blog Note 3

The Bear Memoria

9 réflexions au sujet de « Farleigh Field – Rhys Bowen »

  1. Je ne lirai pas ce roman, mais je confirme la citation « Ma chère, si les seules mariées à en porter étaient vierges, on ne verrait pas beaucoup de mariages en blanc, dit-elle. » PTDR

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