Silver Water – Haylen Beck

Haylen Beck - Silver Water (2018)

Haylen Beck – Silver Water (2018)

blognote 5

4ème de couv’…

Ce matin là, Audra Kinney avait rassemblé ses dernières forces pour fuir son mari, mis ses enfants dans la voiture, et foncé à travers les paysages accidentés de l’Arizona. Elle se sentait respirer. Enfin.

Mais, par un étrange coup du sort, elle est arrêtée par la police sur une route a priori déserte. Le coffre de la voiture est ouvert. Une cargaison de drogue qu’elle n’avait jamais vue de sa vie, découverte.

Et le cauchemar commence. Car une fois au poste, après avoir été embarquée de force, on s’étonne qu’elle mentionne la présence de ses enfants. Ils auraient disparu?

La police, et bientôt les médias, parlent d’infanticide: c’est la parole d’Audra contre la leur… jusqu’à ce qu’un privé, Danny Lee, dont l’histoire ressemble à s’y méprendre à la sienne, se décide à forcer les portes de Silver Water.

Mon ressenti de lecture…

Audra fuit. Sean et Louise, ses enfants, sont à ses côtés. Sur les petites routes d’Arizona, direction le soleil et une vie meilleure.
En abordant Silver Water, elle stoppe pour un contrôle de police. Et là, l’enfer qu’elle croyait derrière elle se déchaîne à nouveau. Audra est arrêtée, séparée de ses enfants. Ses enfants?
Whiteside, le flic, lui soutient qu’il n’a vu aucun enfant dans la voiture.
Que s’est-il passé?

Ne cherchez pas la petite bête, je n’ai su qu’après ma lecture, en préparant mon article que derrière Haylen Beck se cache l’excellent Stuart Neville, papa du personnage récurrent de Jack Lennon. Est-ce pour s’affranchir de sa belle Irlande qu’un pseudo a été nécessaire? Ce n’est pas le plus important. L’essentiel est que ce roman est glaçant, flippant et captivant.

Une des missions principales de toutes les polices à travers le monde est la protection des personnes. C’est la théorie. Mais le Mal se moque allègrement de votre profession. Les mauvaises graines prennent racine n’importe où.

Mais l’uniforme apporte une aura de légitimité et de crédibilité à toute parole ou action et permet donc bien des errements, en toute impunité.

Audra fuit un époux abusif et toxique. Fragilisée, fuyant les Services Sociaux, elle se retrouve emprisonnée à tort, accusée d’avoir fait disparaître ses enfants. Hébétée et sidérée, comment se défendre contre le pouvoir, l’autorité. Elle est la cible idéale de toutes les rumeurs, elle se retrouve totalement impuissante. Les mains et poings liés par une opinion publique hostile, par une parole peu crédible à cause d’un passé de toxicomane. C’est le jugement hâtif de ceux qui ne prennent pas la peine de creuser le vécu d’une personne, c’est le poids des institutions contre l’individu.

Le portrait d’Audra est fabuleux de justesse, dans sa dérive psychologique auprès de son époux si bon et si brillant, dans sa fuite courageuse mais pétrie de peur et d’angoisses, dans son combat pour retrouver ses enfants. L’oiseau guérissait à peine, tentait un envol et la voilà de nouveau clouée au sol, enfoncée plus bas que terre. Mais Audra est une mère et une mère est prête à tout pour protéger ses petits. Et cette femme chahutée de tout bord, tout d’abord désarçonnée par la situation, ne va rien lâcher.

Le roman est captivant car la lecture se fait la peur au ventre, on vit sa sidération, son impuissance, sa rage, sa colère après l’abattement. Une mère privée de ses enfants se découvre des trésors de courage qu’elle ne soupçonnait pas. Mais les émotions la submergent sans cesse et risquent à tout moment de la paralyser. Audra ne recule devant aucun danger, elle est devenue lionne.

L’auteur installe peu à peu un climat anxiogène. Il est sadique, l’auteur, oui, oui. Il ne cache pas la situation, il nous met face à l’impuissance et pas devant un mystère à élucider. L’angoisse atteint son paroxysme quand on comprend le sort qui attend les enfants et quand on fait connaissance avec Danny. Et là, on trépigne, on tourne les pages, on aimerait lire plus vite.
L’auteur nous titille là où ça fait très mal quand on est parent. Et il le fait avec talent!

Il nous parle de couple toxique, quand le péril est intérieur à la cellule familiale, quand les apparences de luxe et d’éducation cachent l’horreur, et de trafic d’enfants avec un danger extérieur, inattendu, qui plane au-dessus de nos têtes lors d’une promenade au parc, d’une minute d’inattention dans une boutique ou alors d’un contrôle de police sur une route déserte…

Avec Danny, c’est le pire dont on prend conscience et auprès d’Audra, c’est une issue heureuse que l’on espère…
Une fois l’angoisse bien tenace installée, l’action se précipite, le pouls s’accélère…

Et… et je ne vous dis plus rien de l’intrigue!

Le roman est riche de plusieurs thèmes graves, parfaitement documentés et orchestrés autour du drame d’Audra. Trop longtemps victime, cette femme reprend son destin en mains et qu’importe qu’il se déroule au soleil…

Un gros coup de cœur pour ce thriller qui prend aux tripes! Audra, Danny, et même le jeune Sean, vous prennent par le bras et ne vous lâchent plus une seconde!
Et ce petit doudou sur la couv’ cherche son propriétaire alors vous n’avez pas le choix: lisez Silver Water!

Citations…

« Un recoin obscur de la Toile, sous la ceinture, où les pervers, les pédophiles, les fans de torture, la pire lie de l’humanité se retrouvait pour faire commerce de leurs plaisirs sordides. Le Dark Web, ils appelaient ça. Un nom fantasmagorique pour un lieu où, si pourri qu’on soit, on trouvait toujours quelqu’un de pire. »

« Elle arpentait la cellule en essayant de ne pas céder à l’envie de se cogner la tête contre les barreaux. Un ressort tendu à bloc menaçait au creux de sa poitrine. La panique guettait de toutes parts, prête à s’immiscer et à prendre les rênes. Audra se concentra donc sur sa colère. La colère lui était plus utile à cette heure que la peur. »

« Peut-être n’était-ce qu’une illusion surgie de son cerveau privé de sommeil. Un autre pan de sa santé mentale qui se détachait et s’effondrait.
Peut-être était-ce le but. S’immiscer dans sa tête, la détruire de l’intérieur. La rendre folle, entretenir la peur. Car sous l’emprise de la peur, on est facile à contrôler. »

« Une émotion subite et nouvelle la submergea: le chagrin. Chagrin pour elle-même, pour la fillette qu’elle avait été, les années perdues dans un couple qui l’avait vidée de son âme, ne laissant derrière lui qu’une femme creuse. Trop tard pour rattraper ces années, mais pas trop tard pour l’avenir. Avec ses enfants, uniquement. Aucune utilité sans eux. Aucune utilité pour quoi que ce soit. »

Blog Note 5

The Bear Memoria

15 réflexions au sujet de « Silver Water – Haylen Beck »

    • Mince! Dommage en effet! C’est vrai qu’il est éprouvant pour les nerfs! Mais quelle que soit la qualité de l’intrigue, quand on n’accroche pas au style, rien n’y fait, ça ne passe pas!

  1. Pitié !!! ma Pal, tellement énorme qu’elle tangue, me tombe dessus à chaque fois que je passe à côté !! J’en ai mis partout, mon homme me menace de faire un tri drastique pour moi … et toi tu fais quoi ? Ce genre de chronique !!! Tentatrice ! Vile créature ! J’en peux plus… je te déteste arfff

    • Pourquoiiii??? Pourquoi autant de haine!!! Moi qui ne pense qu’à te faire plaisir, à remplir tes neurones de joie et de contentement! 😮 ô monde cruel, je te quitte, je me réfugie de ce pas dans mes lectures!!! :p

      • Tu ne comprends pas la situation critique dans laquelle je suis… j’ai le choix entre mourir étouffée sous ZE PAL ou vivre un tri orchestré par ma moitié ( il sera sans pitié ) et toi tu me tentes…

      • Solution très simple, tu laisses ta moitié mourir étouffée sous ZE PAL et à toi la liberté! 😀

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