Les amants de l’été 44 – Karine Lebert

Karine Lebert - Les amants de l'été 44 (2018)

Karine Lebert – Les amants de l’été 44 (2018)

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4ème de couv’…

2000, Gemma est une jeune New-Yorkaise vive, séduisante, pragmatique, travaillant avec passion dans l’entreprise familiale de produits alimentaires.
À la mort de sa mère, elle découvre que sa « vraie » grand-mère était française; elle décide alors de partir, seule, sur ses traces.
Ce voyage à la recherche de ses origines la conduit en Normandie. En sillonnant la région, Pont-l’Evêque, Le Havre, Barfleur, Colleville, l’Américaine recueille les témoignages de ceux qui ont connu Philippine.

Tout commence en 1944, quand, en faisant du marché noir à Deauville, la jeune Normande rencontre Ethan, un GI, cajun de Louisiane.

Deux destins de femmes, deux continents, deux époques… L’une est en quête, la seconde se raconte. Gemma trouvera un nouveau sens à sa vie et comprendra comment Philippine a payé le prix de sa liberté. Avec en filigrane cette question douloureuse: pourquoi a-t-elle abandonné sa fille aux Etats-Unis?

Mon ressenti de lecture…

Au décès de sa mère, Gemma, new-yorkaise pure souche, part sur les traces du passé familial, de l’autre côté de l’océan, en France et plus particulièrement en Normandie. L’été 44 a marqué la rencontre de Philippine, française, et d’Ethan, soldat américain. Et il lui faudra percer des secrets profondément enfouis pour reconstituer la destinée de Philippine, sa grand-mère.

Très régulièrement, je pousse une gueulante car aucune indication n’est apportée sur les couv’ et résumés sur l’existence d’une saga, d’une série ou d’un préquel ou que sais-je encore! Alors là, je vous le dis, c’est un premier tome d’une saga. Vous voici prévenus!

Le roman aborde le sujet des war brides ou épouses de guerre, en bon français, ces françaises tombées amoureuses de charmants libérateurs étrangers à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. L’auteur ne dissimule pas le fait que l’arrivée en masse de ces soldats a marqué la fin des combats, la libération d’un pays, mais s’est assortie également du sentiment prégnant dans la population d’une seconde occupation après celle des allemands et a été accompagnée de nombreuses exactions brutales comme, évidemment et malheureusement, les viols.

Il est somme toute très logique d’assister à ce phénomène des « war brides ». Après plusieurs années de guerre, de peur, d’isolement, de privations, de souffrances, avec l’absence des hommes partis au front, le débarquement de ces jeunes soldats était une bouffée d’oxygène et marquait le retour de l’espoir d’un monde meilleur et de nouveaux bonheurs et rêves. Beaucoup se sont embarquées vers les États-Unis pour vérifier si l’herbe était plus verte ailleurs que dans leur pays ravagé par les bombardements et le sang versé… Mais le rêve américain a-t-il été au rendez-vous?

Philippine est le portrait type de ces femmes qui se sont laissées griser dans l’euphorie de la délivrance. Même si nous n’avons pas toutes les réponses dans ce premier tome, il est évident que tout n’a pas été aussi simple… Les secrets de famille sont souvent bien enfermés dans des malles poussiéreuses enterrées au fin fond des greniers mais Gemma est bien décidée à découvrir son entière histoire et à quitter un temps sa vie new-yorkaise confortable et bien réglée.

L’idée de base était donc une promesse d’un récit passionnant et émouvant. Mais je n’ai pas été happée par l’histoire.

J’ai eu beaucoup de mal à adhérer au style de l’auteur avec ce récit au présent et ces phrases ultra-courtes. Un style haché dans la construction et dans une accumulation de clichés. Que ce soit dans le passé de la libération de la France en 1944 dans l’évocation de faits historiques ou l’enquête dans la Normandie actuelle, j’ai eu l’impression d’être embarquée dans une visite guidée nippone, à vitesse grand V où le guide-auteur nous jette en pâture quelques éléments essentiels pour situer le cadre historique ou promouvoir l’image touristique de la Normandie.

Et surtout, surtout, un manque cruel d’émotions.
Gemma n’est pas du tout un personnage sympathique, elle est froide, issue d’une famille aisée, a construit sa vie autour du standing et de l’argent. Même son couple avec William ressemble davantage à une association d’intérêts convergents qu’à une histoire d’amour! Même milieu, mêmes ambitions et chacun chez soi! Gemma accueille le décès de sa mère comme on lit le journal en buvant son café, elle envisage son voyage en France mais c’est pour mieux prospecter pour un projet professionnel. Bref, aucune affinité avec ce personnage et malheureusement, le destin croisé de sa grand-mère est de la même veine. Aucune émotion pour lier le lecteur à ce personnage, juste la curiosité de savoir comme sa situation va évoluer…

Dommage car l’idée de base est passionnante mais la narration creuse et le manque de profondeur et d’émotions ne me motive pas du tout à suivre cette saga. Dommage car je quitte Philippine sans connaître le fin mot de l’histoire… Je l’abandonne…

Je suis d’ordinaire bon public pour les romances contrariées sur fond historique mais là, je saute du bateau voguant vers les States, je quitte les war brides et je rentre à la nage car ni mon côté « fan d’Histoire », ni mon versant « sensible à la puissance et la beauté de l’amuurrr » n’ont frémi au fil des pages… même pas une petite brise marine…

Citations…

« Les gens assistent à tant d’enterrements, depuis des jours et des jours, on dirait que leurs yeux ne sont jamais secs, ou bien qu’ils n’ont plus de larmes. »

« Ces jeunes filles pleines d’espoirs ou d’illusions au moment de partir arrivaient abattues, éteintes, comme des coquilles vides. »

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The Bear Memoria

10 réflexions au sujet de « Les amants de l’été 44 – Karine Lebert »

  1. Je l’ai en attente de lecture, du coup tu m’as un peu refroidie….
    Et tu parles de 1er tome, ça m’agace aussi quand on a aucune indication…

    • Il a de bons échos par ailleurs donc tu aimeras peut-être, sait-on jamais! 😮
      Il n’y a rien de plus énervant que de tomber sur le énième tome d’une série ou comme ici, un 1er tome! Je sais que c’est une manoeuvre commerciale pour duper les gens et pousser à l’achat immédiat mais je trouve cela contre-productif car je ne suis pas la seule à ne pas supporter d’être prise pour une idiote! Je suis souvent obligée d’aller consulter les bibliographies pour savoir si les bouquins sont réellement des one-shots ou pas! Tu as raison, c’est agaçant! 😮

  2. Bon, on oublie… Ça me fait penser que je n’ai toujours pas lu « une libération » que j’ai cherché comme une tarée l’année dernière ! :/ Je suis incorrigible (ou j’ai une trop grosse PAL).

  3. J ai lu le 1er tome en 3 jours et arrivée a la fin je m aperçois qu il faut attendre le second tome pour la suite et ce second tome ne sortira …………………..qu au printemps 2019 c est l horreur ! obligée d attendre ou alors d oublier d acheter le second tome ou alors d’être morte dans l année et de ne jamais avoir pu connaître la fin de l histoire !!!!! pour ma part je pense que lorsqu il y a plusieurs tomes il se doivent d’être écrit les uns après les autres et que l on met en vente uniquement quand tous les tomes sont sortis ! attendons !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    • Printemps 2019? Pour ma part, j’aurais largement oublié le 1er d’ici là! 😮 C’est un de mes coups de gueule récurrent contre les maisons d’édition: maintenir volontairement le client dans l’ignorance de l’existence d’une série. Cela favorise certainement l’achat immédiat mais c’est, à mon sens, contre-productif car cela ne fidélise pas le lecteur!

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