Toute la vérité – Karen Cleveland

Karen Cleveland - Toute la vérité (2018)

Karen Cleveland – Toute la vérité (2018)

blognote 5

4ème de couv’…

Dix ans de mariage, quatre enfants.
Elle pensait connaître son mari mieux que personne.

Elle avait tort.

Malgré un travail passionnant qui l’empêche de passer du temps avec ses enfants et un prêt immobilier exorbitant, Vivian Miller est comblée par sa vie de famille: quelles que soient les difficultés, elle sait qu’elle peut toujours compter sur Matt, son mari, pour l’épauler.
En tant qu’analyste du contre-renseignement à la CIA, division Russie, Vivian a la lourde tâche de débusquer des agents dormants infiltrés sur le territoire américain.
Un jour, elle tombe sur un dossier compromettant son époux.

Toutes ses certitudes sont ébranlées, sa vie devient mensonge.

Elle devra faire un choix impossible: défendre son pays… ou sa famille.

Mon ressenti de lecture…

Le pitch de ce roman m’évoque une série tv américaine que j’avais bien aimée, encore plus si elle n’avait pas été annulée au bout d’une saison(!), Allegiance, quand le fils devient analyste pour la CIA alors que ses parents et sa soeur sont des agents dormants russes.

Là, c’est Vivian, analyste à la CIA, Section de la chère Mère Russie, qui découvre une photo compromettant son époux, pourtant pur produit américain.
Et tout part en vrille.
Dix ans de mariage heureux, quatre enfants, des responsabilités financières et à la vue d’un simple portrait de son cher et tendre, Matthew, tout vole en éclats.
Le doute s’insinue et un geste irréfléchi est le premier domino qui entraînera les autres.
Comment se sortir de ce pétrin quand l’amour de la patrie se dispute la préservation de sa famille?

Un thriller sur fond d’espionnage d’une saveur exquise et d’une tension à vous glacer les sangs! Oui, tous les sangs!
Impossible de ne pas s’identifier à Vivian, au cœur d’un chaos intime incommensurable! Parce que la géo-politique, l’espionnage et les relations internationales, ce sont des jeux de grands… mais quand l’ennemi se sert des enfants comme levier de pression, là, on ne joue plus. Vivian est agent de la CIA mais elle est avant tout une mère. Et même le plus terrible des espions ne devrait pas se frotter à une mère en colère.

Bon ok, avant d’être animée par la colère, Vivian passe par un maelström d’émotions allant de l’hébétude au courage patriotique en passant par tant de doutes et de maladresses!

Le couple qu’elle forme avec Matthew semble idyllique mais au fur et à mesure de l’évocation de ses souvenirs, la lecture a posteriori qu’elle en fait la plonge dans un abîme de perplexité, de paranoïa et d’incertitudes. Et si son couple n’était qu’un amas de mensonges? Si, depuis plus de dix ans, elle n’avait été qu’une cible de choix? Un pantin aux mains de l’ennemi? Elle en vient même à regretter d’être si efficace dans son métier puisqu’elle est à l’origine de la découverte de ces fichiers compromettants.

Et ses doutes et sa paranoïa deviennent nos doutes et notre paranoïa tout au long de notre lecture car le personnage de Matthew est très ambigu. Il semble un peu trop conciliant et prompt à satisfaire les desiderata de son épouse, il est un peu trop résigné à son sort pour être honnête. Et devant des comportements équivoques ou de petites plaintes larmoyantes, la corde sensible de Vivian va-t-elle céder? Parce que si elle ne peut plus compter sur la sincérité des sentiments qui les lient, si elle ne peut plus se fier aux élans de son cœur, où se trouve la crédibilité de chaque élément de son existence?

L’univers de l’espionnage est excellent et anxiogène. Des agents dormants russes, à la couverture parfaite, évoluent comme tout un chacun, invisibles aux yeux des services de contre-espionnage car sans aucune activité subversive.
Avec les agents de la CIA et leurs différents niveaux de sécurité, savoir qu’une taupe peut à tout moment éventer des secrets d’état ne créé pas des conditions de travail idéales et sereines.

Naviguer en eaux troubles alimente un suspense permanent, avec des relents délectable de Guerre froide, terminée pourtant depuis bien longtemps… officiellement!
Outre les choix peu judicieux de Vivian et la menace réelle de mort qui pèse sur sa famille, le lecteur tremble à l’idée que ses manigances soient découvertes et que sa situation déjà périlleuse ne devienne catastrophique!

Ce roman d’espionnage est excellent par les faux-semblants révélés d’une vie de couple jusque là ordinaire, par la confusion des sentiments, par le duel entre amour de sa famille et celui de sa patrie. Et également parce que tout ne se passe pas dans les bureaux sombres de la CIA mais aussi avec de l’action sur le terrain.

Si vous aviez un doute sur la crédibilité de ce roman, sachez que Karen Cleveland a passé quelques années à la CIA… donc elle a matière à broder quelques romans de haute volée sur le sujet, non?

Alors laissez-vous mener par le bout du nez, observez bien votre conjoint (on ne sait jamais!) et voyons comment Vivian va pouvoir éventuellement tirer son épingle du jeu!

J’adore le cliffhanger final! Parce que le dénouement me semblait un peu trop parfait et un poil surréaliste, le petit Dasvidania a fait naître chez un moi un petit sourire en coin!
La tension remonte tout d’un coup avec quelques sueurs froides en prime, c’est génial!

M’est avis qu’Alexander Lenkov risque de montrer le bout de son nez de nouveau!
Mais bon, je ne vous ai rien dit, je dois consulter ma hiérarchie avant et changer mon drapeau d’allégeance!

Citations…

« Ses yeux ne quittent pas l’engin qui continue de voler le long de la côte, le vrombissement s’estompant progressivement jusqu’à ce qu’il puisse à nouveau entendre le fracas des vagues. Un sourire se dessine sur ses lèvres, non pas le sourire désarmant, limpide, que sa famille a toujours connu, non, un tout autre sourire. Une expression qui le ferait paraître étranger à quiconque le verrait. »

« Quelque chose a changé en moi le jour de la naissance de Luke. Je n’étais absolument pas préparée à l’amour irrésistible, bouleversant, que j’ai ressenti pour cet être minuscule. Ce besoin d’être toujours à ses côtés, de le protéger. »

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The Bear Memoria

 

2 réflexions au sujet de « Toute la vérité – Karen Cleveland »

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