L’invisible – Robert Pobi

Robert Pobi - L'invisible (2012)2

Robert Pobi – L’invisible (2012)

blognote 3

4ème de couv’…

L’agent du FBI Jake Cole revient dans sa ville natale, auprès de son père.

Sur place, il est sollicité par la police, dépassée par l’horreur d’un double meurtre extrêmement violent.

D’emblée, Jake identifie dans la scène de crime une signature familière.
Celle du monstre qui, trente ans plus tôt, a assassiné sa mère…

Mon ressenti de lecture…

Jake Cole revient dans la maison familiale suite à un accident de son père avec qui il est en froid depuis une trentaine d’années.
Jacob Coleridge est un peintre brillant mais un homme caractériel et alcoolique en proie à la maladie d’Alzheimer et une folie apparente.
Jake Cole se retrouve face à ce père détesté mais aussi devant un double meurtre atroce qui est la copie conforme de celui de sa mère, quand il était encore jeune adolescent.
Et l’arrivée d’un ouragan de catégorie 5, le plus terrible à ce jour, ne va pas aider les enquêteurs dans leur tache.

Avec cet ouragan, nous avons droit à une belle leçon de météorologie, de sa formation à sa venue sur Montauk, Long Island. Un climat cataclysmique pour accentuer les tensions et le suspense qui agitent la petite communauté de Montauk et glisser le lecteur dans un état d’urgence fébrile. Plus la tempête est imminente et plus la fébrilité augmente… Mais l’anticipation est souvent plus angoissante que la survenue des faits car je n’ai pas senti le danger extrême de cet ouragan dans le cours des événements…

Jake Cole est un personnage atypique et passionnant! Avec son passé de junkie, alcoolo, tatoué de la tête aux pieds, il détone chez les agents du FBI et sa faculté déconcertante à décoder les scènes de crimes les plus intolérables le rend bien étrange aux yeux des simples flics!
Ajoutez à cette personnalité un drame d’enfance qui le hante et vous avez bien envie de cheminer à ses côtés. Oui, mais…

Le bémol principal de ce roman est un aspect des meurtres un peu trop gore à mon goût et des descriptions de viande hachée un peu trop redondantes. Ok, on est dans l’écorché vif mais pas la peine d’enfoncer encore et encore le couteau dans la plaie pour appréhender le calvaire des victimes et l’horreur de leur agonie!

De plus, l’enquête reste à un état embryonnaire et si le travail d’observateur à l’acuité mentale exceptionnelle de Jake est très bien analysé, le peu d’indices confiés au lecteur nous laisse passifs.
Et dès alors que son oncle évoque un secret du passé, on sait. On sait.
Et voilà, le suspense retombe illico, le dénouement est plié, il ne reste plus qu’à le recevoir.

C’est frustrant et non convaincant. J’aime être partie prenante dans un polar ou thriller, pouvoir établir mes propres hypothèses et être surprise par le talent de l’auteur à me bluffer. Je n’aime pas qu’on me balance des revirements de situation sortis de nulle part sans que des indices aient été semés au fil des pages.
Il y avait matière à un roman exceptionnel mais l’auteur m’a donnée l’impression de ne plus savoir quoi faire de son coupable et de nous refiler la patate chaude avant de se brûler.

« Tuez-moi ».
Voilà, c’est brutal.
Toute une vie de perversion, de vice et de crime et en une seconde, l’illumination que le mal l’habite et qu’il doit expier ses péchés dans l’élimination de sa personne. Et bien non, je ne marche pas. Pas avec la délectation dont il a fait preuve dans les assassinats qu’il a commis…

Au final, c’est un roman qui se laisse lire, pas désagréable pour ceux qui aiment les ambiances glauques, mais qui est tout de même une déception pour ma part avec trop d’incohérences qui ébranlent la crédibilité de l’intrigue qui était, au départ, excellente.
Dommage!
Mais je tenterai tout de même son second roman, Les innocents.

Citations…

« Donc, non, je ne crois pas au Diable. Je n’en ai pas besoin, l’homme a commis suffisamment d’horreurs pour m’impressionner. Donnez aux humains la possibilité de se comporter de façon monstrueuse et vous ne serez jamais déçu. »

« Car notre esprit n’est pas conçu pour oublier, mais pour ignorer. »

« Avant de pénétrer sur une scène de crime, jack enveloppait certaines parties de lui-même et les remisait dans un coin de son esprit pour qu’elles soient épargnées par un processus qui le répugnait autant qu’il le fascinait. Et quand c’était fini, quand il quittait le boulot, il pouvait fonctionner sans que la pourriture ne l’atteigne. Du moins en théorie. »

« – Vous êtes un Ancien alcoolique.
– Juste un ivrogne entre deux cuites. »

« En tant que premier homme sur la scène de certains des crimes les plus violents commis sur la planète, Jake courait continuellement le risque d’être abîmé par les éclats de la sculpture humaine sanglante qu’il décodait. Au lieu d’un gilet en Kevlar et d’un casque antiémeute, sa protection était donc un bouclier mental méticuleusement conçu de sorte à éviter que les zones les plus tendres de son psychisme ne soient endommagés. »

« Quelques anciens, ceux qui avaient tout abandonné pour le boulot – leur famille, leurs rêves, leur vie – s’apercevaient qu’une fois qu’on leur avait repris leur plaque et que leur arme était remisée au coffre il n’y avait vraiment plus grand-chose à attendre de l’existence. Après tout, quand vous aviez tout sacrifié pour votre boulot, qu’est-ce qui vous restait après? »

« Tout d’un coup, Jake s’aperçut que cette idée n’avait jamais effleuré l’esprit d’Hauser; dans son désir que tout ça se termine, il l’avait repoussée sous le vaste tapis mental dont il se servait pour éviter d’avoir à faire face aux vérités dérangeantes. »

« Les gens croient parce qu’ils veulent croire. Certains sont dupes, d’autres sont carrément victimes de mensonges, mais la grande vérité est qu’il n’y a jamais eu d’expérience contrôlée au cours de laquelle un médium a réussi à prouver autre chose que des talents d’observation extrêmement fins. Et c’était ce sur quoi Jake capitalisait. Il ne parlait pas aux morts, ou au monde des esprits. Il observait. Il regardait. Il voyait. Et il analysait. Les charlatans qui se font passer pour des voyants appellent ça la lecture à froid. »

 

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