Les cendres d’Angela – Frank McCourt

Frank McCourt - Les cendres d'Angela (2017 - Éd. or. 1996)

Frank McCourt – Les cendres d’Angela (2017 – Éd. or. 1996)

 

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4ème de couv’…

Le père, Malachy, est un charmeur irresponsable.
Quand, par chance, il trouve du travail, il va boire son salaire dans les pubs et rentre la nuit en braillant des chants patriotiques.
Angela, la mère, ravale sa fierté pour mendier.
Frankie, l’aîné de la fratrie, surveille les petits, fait les quatre cents coups avec ses copains.
Et, surtout, observe le monde des adultes.

Mon ressenti de lecture…

Frank McCourt est né aux États-Unis et il y est mort (1930-2009). Mais c’est son enfance en Irlande, pays natal de ses parents, qu’il nous dévoile dans Les larmes d’Angela. Il obtiendra d’ailleurs le prix Pulitzer en 1997 pour ce récit et les éditions Belfond lui redonne une seconde jeunesse pour ce 20ème anniversaire.

Connaissant relativement bien l’Histoire de l’Irlande, ce portrait familial est le reflet fidèle de ce que bon nombre de familles, en Irlande ou ailleurs, ont vécu: le chômage, la crise des années 30, l’exode massif vers des cieux plus cléments, la pauvreté, les privations et la maladie… et l’irresponsabilité des hommes préférant se noyer dans un verre que d’offrir une vie la plus décente possible à leur famille.

La famille McCourt est affublée, de surcroît, d’un époux et père qui préfère boire son allocation ou son salaire dans les pubs, chante son désenchantement au cœur de la nuit et se décharge de toute responsabilité sur son épouse qui doit, de toutes manières, remplir ses devoirs de compagne.

Une épouse épuisée par les grossesses, obligée de mendier et palier le défaut de soutien parental, désespérée de voir mourir l’un après l’autre ses enfants…

Les conditions de vie sont misérables, les caractères rudes, l’éducation parcellaire, l’affection maternelle parcimonieuse. Les enfants sont plus souvent livrés à eux-mêmes

L’auteur a pris le parti de raconter son enfance non pas avec son regard d’adulte et le recul de son expérience et de son âge mais avec toute la naïveté de ce qu’il était à l’époque, un enfant. Le ton est juste, émouvant. Le lecteur ne peut que se laisser porter par ce regard naïf mais diablement lucide de cet enfant qui ne juge pas, ne se laisse pas dévorer par la colère ou le ressentiment.

Un enfant qui se bat avec ses maigres armes, apprend à se débrouiller seul dans un monde âpre et difficile. Un enfant qui ne se résigne pas et va nourrir un rêve d’ailleurs et d’avenir.

Un instantané social de l’Irlande des années 30 mais surtout le parcours d’un enfant, de la boue des rues de Limerick vers le rêve américain, un pied de nez au destin.

J’ai beaucoup aimé cette autobiographie, un récit poignant et tendre, un témoignage brut et réaliste mais non dénué d’humour, celui plein de bon sens et parfois empli de dérision des enfants!
Une suite a été écrite, C’est comment l’Amérique?, et j’ai bien envie de savoir ce qu’est devenu l’adolescent, Frank McCourt!

Citations…

« Vous pouvez être pauvres, vos chaussures peuvent être en piteux état, mais votre esprit est un palais. »

« Vous devez apprendre et étudier afin de vous faire vos propres idées sur l’histoire et tout le reste mais c’est impossible tant qu’on a l’esprit vide. Aussi, meublez votre esprit, meublez-le. C’est la maison qui abrite votre trésor et personne d’autre au monde ne peut s’immiscer à l’intérieur. »

« Aimez-la comme quand vous étiez enfant
Même si la voilà faible, âgée, le cheveu grisonnant.
Car jamais ne vous manque l’amour d’une mère
Tant qu’elle n’est pas portée en terre. »

« À New York, où la Prohibition battait son plein, il se crut mort et envoyé en enfer pour ses péchés. Puis il découvrit les bars clandestins et exulta. »

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