Toxique – Niko Tackian

Niko Tackian - Toxique (2017)

Niko Tackian – Toxique (2017)

blognote 4

4ème de couv’…

Janvier 2016. La directrice d’une école maternelle de la banlieue parisienne est retrouvée morte dans son bureau.
Dans ce Paris meurtri par les attentats de l’hiver, le sujet des écoles est très sensible.

La Crim dépêche donc Tomar Khan, un des meilleurs flics de la Crim, surnommé le Pitbull, connu pour être pointilleux sur les violences faites aux femmes.
À première vue, l’affaire est simple. « Dans vingt-quatre heures elle est pliée », dit même l’un des premiers enquêteurs.

Mais les nombreux démons qui hantent Tomar ont au moins un avantage: il a développé un instinct imparable pour déceler une histoire beaucoup plus compliquée qu’il n’y paraît.

Mon ressenti de lecture…

Une directrice d’école assassinée? Un coupable tout désigné, sous l’emprise d’un coup de colère? Une affaire pliée en 24h? Pas si sûr quand l’instinct de Tomar Khan murmure une autre balade!

Des personnes toxiques, nous en connaissons tous. Vous savez, ce genre qui prend plaisir à pourrir l’existence des autres, à exercer une emprise nocive pour se donner de l’importance, ou celles qui ne sont pas foutus de régler leurs propres traumatismes et les reportent avec sadisme sur les autres pour que le cauchemar n’ait pas de fin.
Et dans ce roman, non content d’être en présence d’une personne toxique, elle exerce ses « talents » dans le milieu scolaire. Et manipuler des enfants, des éponges émotionnelles, c’est encore plus condamnable et méprisable que de s’en prendre aux adultes.
Elle programme, orchestre, lance ses hameçons et quand les victimes sont bien ferrées, elle tire la ligne avec délectation, laisse les prises agoniser et s’en va en quête d’un autre filet à tendre!
Une sociopathe dans toute sa splendeur!

À mon goût personnel, le roman est trop court et le coupable est identifié trop vite. Cela donne l’impression que l’auteur n’est pas allé au bout de son intrigue, qu’il est allé trop rapidement droit à l’essentiel. Ce qui est dommage car cette histoire est originale et j’aurais aimé davantage de fausses pistes, de densité, de suspense et de développement sur la psyché du coupable.

Et je suis totalement d’accord avec un collègue FB, Jean Philippe: « c’est surtout à Tomar Khan qu’on s’intéresse… s’accroche… Ce type un peu ours, un peu borderline, véritable chef de meute défendant bec et ongles sa famille, c’est à dire son frère et sa mère… ».
Tomar Khan est un flic très intéressant, en proie aux démons d’un passé lourd et douloureux. Il voudrait la lumière alors que les ombres le poursuivent jusque dans ses cauchemars. Et par le retour inopiné de ce « père »! Mais là, chuuuttt!
Il est très attachée à ce petit bout de femme qu’est sa mère, Ara. D’origine kurde, ancienne combattante qui garde l’énergie sans une once d’amertume pour les épreuves du passé. Un modèle de femme que j’admire et qui fait que j’adore ce personnage aux côtés de Tomar.

J’ai eu autant plaisir à suivre l’enquête policière de trame classique que de m’imprégner de la vie privée de Tomar, a fortiori quand Fantazmë m’attendait avec impatience.

C’est une lecture très agréable, rythmée et nerveuse, le début d’une série que je vais assurément suivre!

Citations…

« On doit pas tirer une seule cartouche. Au pire, on casse quelques dents mais ça, c’est pas grave… ça repousse. »

« Il ne suffisait pas de quelques mots pieux et d’un peu d’eau bénite pour éradiquer le mal, il en fallait beaucoup plus. »

« Tomar aussi était un encaisseur. Depuis sa naissance, la vie l’avait pris pour un sac de frappe et s’acharnait sur lui. Il n’avait jamais connu l’insouciance d’une enfance « normale », il s’était blindé, recouvert d’une couche épaisse de muscles et de principes pour échapper à la souffrance et ne plus jamais connaître le froid et la peur. »

« Ce type de personne a tout à fait conscience du mal qu’il fait mais cela n’évoque rien chez lui. Il faut voir la sociopathie comme une sorte d’immaturité figée. Ce sont des adultes qui ont les mêmes réactions qu’un enfant de cinq ans. Ils aiment arracher les ailes des mouches sans se soucier de leur douleur. Ils ne sont pas capables de voir la souffrance de l’autre et ne la respectent pas. Et surtout, ils cherchent à satisfaire leurs besoins à tout prix. »

« Il avait besoin de comprendre pour passer à autre chose. Une affaire, c’était comme un labyrinthe dont il fallait explorer toutes les galeries pour accéder à la sortie. Ces couloirs obscurs le hantaient encore et encore. Il avait besoin de porter la lumière partout. »

« Je sais, mais pour comprendre la forme d’un arbre, il faut voir ses racines. On pousse tous en fonction de nos racines. »

« Les gens sont des moutons, ils ont beau se plaindre, manifester, ronchonner leur mécontentement toute la journée, ils se plient toujours aux règles: une sorte de fatalité nécessaire pour conserver l’équilibre entre les forts et les faibles. »

« La boxe est un sport de stratèges. Il y est question de maîtrise technique, de gestion de la distance et d’un bon sens du rythme. Les musiciens font de mauvais boxeurs, ils sont trop réguliers, trop prévisibles alors que les danseurs font des champions. Garder son équilibre en toute circonstance, savoir se mobiliser et frapper chaque coup d’une égale intensité, voilà ce qui faisait la différence sur un ring. »

« Les morts quittent notre monde et emportent avec eux leurs regrets et leurs déceptions. Mais qu’en est-il des vivants? »

« Pourtant, d’une certaine manière, son métier le plaçait dans la peau d’un écrivain contraint jour après jour de démêler les fils invisibles reliant les personnages au cœur d’une intrigue qui, dans son cas, était toujours criminelle. »

 

Blog Note 4

Une réflexion au sujet de « Toxique – Niko Tackian »

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