Les chiens de Détroit – Jérôme Loubry

Jérôme Loubry - Les chiens de Détroit (2017

Jérôme Loubry – Les chiens de Détroit (2017)

4ème de couv’…

DÉTROIT A PERDU SES REPÈRES.
SES HABITANTS L’ABANDONNENT.
SES ENFANTS DISPARAISSENT.

2013, à Détroit. Cette ville qui a été la gloire de l’Amérique n’est plus qu’une ruine déserte, un cimetière de buildings.
Cette nuit-là, la jeune inspectrice Sarah Berkhamp mène le groupe d’intervention qui encercle une maison et donne l’assaut.
Mais aucun besoin de violence, le suspect attend, assis à l’intérieur. Il a enlevé cinq enfants. Et il est sans doute le Géant de brume, le tueur insaisissable qui a laissé derrière lui sept petits corps, il y a quinze ans.
Alors pourquoi supplie-t-il Sarah: « Aidez-moi… »?
L’histoire s’ouvre donc avec l’arrestation du coupable.
Et pourtant, elle ne fait que commencer.
À Détroit, personne n’est innocent…

Mon ressenti de lecture…

Stan s’est frotté au Géant de brume. Il a échoué. Son dossier a été repris par le FBI qui n’a pas fait mieux mais c’est lui qui traîne ce fantôme comme un boulet depuis des années. Stan s’est retrouvé remisé dans un petit placard mais il n’a jamais oublié!
Et quand le Géant de brume reprend du service, on le dépoussière pour prêter main forte à Sarah, qui ne voulait absolument de ce brûlot!

Une enquête difficile démarre pour ces deux inspecteurs dont les démons sont alertes et bien décidés à les faire trébucher… ou réussir!

Alors là! Bluffée sur ce coup, ou plutôt ce premier roman. Car oui, c’est un premier roman!

Les deux personnages principaux, Sarah et Stan sont attachants! Leur vie privée est en pièces, Stan se noie dans l’alcool quand Sarah est aux prises, depuis toute jeune, à une voix qui l’accompagne. Mais ces deux là vont se trouver et se toucher car l’enquête criminelle touche des enfants et va s’avérer beaucoup plus personnelle que la profession de flic l’exige. Pour Sarah, qui ne peut avoir d’enfant, c’est une torture de travailler sur ce cas quand elle essaye dans le même temps de résoudre ses blocages et pour Stan, c’est l’échec d’une vie qui le hante dans les débris de son existence personnelle alors qu’il n’a que peu de contact avec son fils qu’il aime tant.

Quand les victimes sont des enfants, le lecteur ne peut être que sensibilisé… à moins d’être soi-même un psychopathe. On comprend dès lors la colère qui anime les enquêtes alors qu’ils se doivent de rester professionnels. Difficile de se distancier de tels crimes. La frustration est extrême quand le tueur est une anguille qui tue, tue et tue encore sans que quiconque puisse l’identifier et l’arrêter.
Les flashbacks du roman expriment très bien, et cette colère, et cette frustration. Consulter et relire les mêmes dossiers, ne pas voir le détail qui donnerait une piste fiable… et pourtant…

Le diable est dans les détails et la persévérance de nos deux enquêteurs va porter ses fruits sur une révélation fracassante… mais là, chut!

Et si cette lecture regroupe tous les « codes » classiques du pur polar, même avec ces clichés un peu trop redondants du flic borderline, torturé, fatalement divorcé et porté sur la bouteille, Jérôme Loubry a également eu le talent de brosser un portrait particulièrement sombre de la société américaine! Roman noir et polar et le résultat est de toute (sombre) beauté!

J’ai particulièrement adoré la personnification des lieux. Ils respirent, ils ont une âme, une mémoire et le lecteur assiste à l’agonie de toute une ville, qu’elle soit générale avec le climat économique en déliquescence sur fond de crise des subprimes ou bien particulières avec la banqueroute de familles modestes et désespérées, tombées aux mains de banquiers avides et plus qu’indélicats, ayant cru, à tort, au rêve américain alors que le capitalisme est roi!
Une critique sociale et économique qui crée une ambiance de ville fantôme et une vision quasi post-apocalyptique d’une déchéance annoncée.
Histoire d’une ville très connue, entre émeutes raciales et crise économique, mais symbole de toute une société.
Toute une cité qui se meurt et chaque maison qui pleure…

Tous les ingrédients d’un excellent polar avec une intrigue pas évidente du tout, des personnalités torturées et touchantes et une critique sociétale sombre offrent donc des émotions livresques riches et percutantes. Les chiens de Détroit est un gros coup de cœur et je suis très curieuse de lire le prochain roman de cet auteur car la barre a, d’ores et déjà, été placée très haut!

Citations…

« Les légendes survivent toujours aux enfants devenus adultes. »

« Et maintenant, penchée au-dessus de son lave-vaisselle pour y déposer les verres bus avec Stan, elle comprit que le plus difficile n’était pas de faire entrer quelqu’un dans son appartement.
Non.
Le plus douloureux était le silence que laissait cette personne en partant. »

« Le voisinage rayonnait de promesses et de futurs sans ombre. Puis tous devinrent ces feux follets instables et précaires. Ses amis. Ses voisins. Ses connaissances. Ces visages que l’on croise et que l’on ne remarque pas, jusqu’au jour où il disparaissent et où leur absence nous explose à la mémoire. »

« Les fantômes de nos espérances, de nos projets essoufflés, de nos sourires effacés, tous nous hantent.
Certains plus fortement que d’autres. »

Note: 4/5

Blog Note 4

 

6 réflexions au sujet de « Les chiens de Détroit – Jérôme Loubry »

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