Le cercle Voragine – Jean-François Thiery

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Jean-François Thiery – Le cercle Voragine (2017)

4ème de couv’…

La peur, la souffrance, la mort…
Les images se bousculent, insupportables.
Les cris vrillent les tympans.

On voudrait tout arrêter, mais on reste figé, des relents nauséeux au fond de la gorge. Écran noir.
On n’entend plus que le ronronnement du disque dans le lecteur, et la signature pourpre des productions SCORPIO surgit dans le téléviseur.

Un peu groggy, on s’interroge: meurtres réels ou effets spéciaux?

XOX Consulting est une société de services qui associe les suppressions de cibles humaines aux missions informatiques en environnement industriel.
Elle est chargée de mettre fin au cauchemar, et un nom s’impose pour cette mission difficile: l’informaticienne Suzana Magellan.
L’issue de ce contrat « Ruban noir » est incertaine, car le mal plonge ses racines dans le grimoire d’un archevêque génois du 13ème siècle, et il se fortifie dans le mystérieux triptyque d’un vieux maître hollandais.
Mais la solution réside peut-être dans le regard innocent d’une enfant d’exception, la petite Mila.
Dans l’ombre inquiétante de la Prague gothique, l’auteur nous conduit avec une plume incisive dans une nouvelle aventure de son héroïne tueuse à gages.

Mon ressenti de lecture…

Nous avions fait connaissance de Suzana Magellan dans un trailer livresque totalement accrocheur, Expert Consulting, et suivi dans une de ses aventures avec Le contrat Magellan.

Nous la retrouvons à Prague, menant à bien une mission « ruban blanc » alors que son patron la pousse à ressortir ses armes pour une mission « ruban noir ». En bref, le blanc concerne la solution purement informatique à un souci dans une société donnée, le noir est l’élimination physique d’un danger potentiel.

Suzana en a marre du noir… même quand les preuves rassemblées accablent un personnage sulfureux, Jiri Koskavic. Surtout quand elle semble sensible à son charme hypnotique…

Ce thriller nous plonge dans l’horreur des snuff movies, apparus dans les années 70 du siècle dernier, des films mettant en scène des mises à mort de la manière la plus crue, barbare et violente possible. Entre réalité et fiction, la ligne est trouble, voire inexistante.
Démêler le faux du vrai est le challenge que Suzana, avec l’aide de Polak et Garfield, va devoir relever.
Défi d’autant plus ardu quand le principal suspect, Jiri Koskavic, voue un engouement mystico-esthétique passionnel pour les martyrs de Voragine et l’œuvre glauque de Jérôme Bosch et qu’un prêtre inquiétant officie pour des fidèles ayant davantage l’allure d’adeptes satanistes que d’anges immaculés.

Jacques de Voragine, chroniqueur italien du Moyen Age, est l’auteur du célèbre ouvrage La légende dorée, recueil des martyrs chrétiens. Et quel magnifique sujet que l’agonie des martyrs pour des snuff movies!

L’ambiance est sombre et angoissante. Le sentiment de peur est exacerbé par le danger que court une fillette, otage des croyances de sa mère, embrigadée dans la folie des adultes. Et le dénouement n’est pas écrit car le personnage principal, Suzana, semble vraiment ne pas maîtriser, ni ses sentiments, ni son devoir, ni le cours des événements. Elle souffre, elle doute, elle n’est pas au top de sa forme et jusqu’au bout, rien n’est certain dans son incapacité à séparer ses problèmes personnels de sa mission.
Sa fragilité ébranle son professionnalisme et cette affaire ne sera pas résolue grâce à son seul talent.

Une enquête mouvementée sur fond de meurtres horribles, snuff movies ou délire mystico-religieux, mais pas que car l’auteur aborde aussi le thème de la maternité, le rapport à sa propre mère dont la vie s’enfuit, le deuil de l’enfant qui ne verra jamais le jour ou le regard d’une fillette qui vous chamboule jusqu’au tréfonds du cœur.
Entre mystères sanglants et émotions, Suzana aura eu fort à faire dans cette aventure!

Suspens et angoisse ont marqué avec grand plaisir mes retrouvailles avec Suzana Magellan mais une inquiétude demeure: Dites-moi, Mossieur l’auteur, ce n’est quand même pas déjà l’heure de la retraite pour Suzana? Hein?

Citations…

« L’habitude chez XOX Consulting , c’est de tutoyer le danger, avec une sévère dose d’ambivalence. Le bien et le mal sont des notions à géométrie variable chez eux. »

« Mais vous pouvez me croire, l’amitié d’un enfant de cet âge-là, c’est précieux, car elle est sans duplicité. »

« Et toi, Al, que ressens-tu devant des scènes de crimes particulièrement abominables? Sois honnête, accélération de pouls, afflux d’adrénaline, respiration oppressée, comme en présence d’un danger, mais… avec la certitude qu’il n’est plus là, ou en tout cas qu’il est maîtrisable. (…) Voilà exactement ce que recherchent les accros au gore. Le meurtre est un crime; c’est une évidence. En revanche, la mise en scène de simulation de meurtre ne l’est pas. »

« Principe de précaution… Il faut se méfier, blinder la sécurité, et se préparer à l’inattendu. Sinon, autant se tirer une balle dans la tête tout de suite. Le résultat est plus vite atteint. »

Note: 4/5

Blog Note 4

Mon avis sur les deux précédents romans, c’est par ici:

7 réflexions au sujet de « Le cercle Voragine – Jean-François Thiery »

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