La cave – Natasha Preston

Natasha Preston - La cave (2017)

Natasha Preston – La cave (2017)

4ème de couv’…

Imaginez une maison comme n’importe quelle autre. Dedans, une pièce. Dans cette pièce, une armoire. Derrière cette armoire, une porte. Au-delà de cette porte, des escaliers. Et en bas, une cave.

Une cave où sont séquestrées trois filles, Rose, Iris et Violette, soumises à la folie maniaque et meurtrière d’un homme: Trèfle.

Dans une autre maison, dans une ville où il ne se passe jamais rien, Summer mène une vie parfaitement banale. Elle a des parents, un frère, des copines, un petit ami. Mais un soir, sa route croise celle de Trèfle, et Summer ne rentre pas chez elle.

Elle se retrouve enfermée dans une cave en compagnie des autres filles et rebaptisée Lilas.
Mais contrairement aux autres filles, elle n’est pas prête à accepter son sort jusqu’à faner et dépérir…

Mon ressenti de lecture…

J’avais ce bouquin dans ma PAL abyssale car le résumé était sympa.
Et puis Siabelle, sur Babelio, m’a interpellée en me le conseillant fortement!
Du coup, hop, j’ai vite ouvert la porte de La cave, à mes risques et périls!

Et je n’ai pas été déçue!

Captivée dès les premières pages, je n’ai pas lâché ma lecture!

Quelques roses, un peu de lilas, des violettes, un ou deux iris et des touffes de trèfle pour un peu de verdure! Quel sublime bouquet pour égayer votre intérieur, vous ne trouvez pas?
Perso, je n’aime pas les fleurs coupées! Les pauvres, fauchées en pleine croissance, elles ne peuvent que faner et mourir, alors que les plantes vertes ou fleuries, ne demandent qu’à grandir et s’épanouir, non?!?
Et ces jeunes filles vont connaître le même sort que ces magnifiques fleurs coupées composant un bouquet pour le seul plaisir de Colin, alias Trèfle. À moins qu’une ou deux refusent son sort…

Le thème de la séquestration n’est pas une nouveauté mais dans les romans que j’ai pu lire jusqu’ici, il s’agissait d’une personne isolée ou d’un adulte.
Alors que dans La cave, les victimes sont jeunes, autour de la vingtaine et 16 ans pour Summer, et elles sont toujours au moins deux.
Cela permet d’aborder le sujet d’une manière plus fouillée et complète, à mon sens.
On le voit avec le comportement de Rose, la plus « ancienne », face aux nouvelles arrivées. Les dégâts de l’emprise de Trèfle sur Rose sont énormes, toute velléité de rébellion est morte depuis longtemps. Le syndrome de Stockholm est à son apogée.
Et même si j’avais envie de lui coller des claques à tout bout de champ, le parcours de Rose m’a émue et troublée.

Se laisser faire, ne pas riposter? Il n’en est pas question pour Summer alias Lilas quand elle arrive dans la cave. Elle ne comprend pas. Cette résignation lui paraît tellement aberrante!
Mais elle n’a pas encore connu la paralysie de la peur viscérale et les affres de la douleur.
Et elle est jeune.
Si elle sait les dangers qui existent de part le monde, elle a la naïveté de croire qu’ils ne peuvent arriver chez elle.
Si elle a une idée de ce qu’un kidnappeur peut faire subir à sa victime, elle est persuadée que vouloir s’évader, c’est pouvoir.
Si elle ne peut pas se sauver, elle compte sur ses proches pour la délivrer très vite.

Au fil des jours, Lilas change et s’adapte. L’esprit travaille pour la survie de Summer, sa protection. Mais les mois passent, les ravages sournois s’insinuent en chacune des fleurs.
Parce que la répétition d’événements hors norme devient un quotidien, une normalité que le cerveau intègre et finit par faire sienne.
Summer se raccroche à ses souvenirs, son amour pour Lewis, son affection pour son frère qui l’énerve pourtant, elle essaye de se dissocier de Lilas et de ce qu’elle est obligée d’accepter pour survivre, pour souffrir le moins possible. Mais deux entités peuvent-elles rester étrangères dans un même corps?
Et nous, lecteurs, sommes impuissants devant les drames qui se succèdent. L’empathie est totale tout comme notre frustration et notre impuissance car nos poings sont prêts à cogner mais dans la cave, il en va autrement.

Dans ce roman, nous vivons l’intimité malsaine de cette « famille » composée: l’auteur nous dévoile peu à peu la psyché de Colin, les sources de sa folie et de ses tocs, les fondements de son mobile. Par petites touches, nous recomposons son passé, sa relation au sein de sa famille de sang, avec son père et sa mère, et la naissance de son grand projet.
Loin de l’excuser ou de justifier ses actions, on comprend comment son esprit déviant a pu orchestrer toute cette horreur.

Lentement, il perd pied. Alors que ses sorties nocturnes sont parfaitement préméditées et ses pertes de contrôle calculées, il panique quand le monde extérieur se rapproche de sa « famille ». Car on ne peut jamais parfaitement maîtriser sa vie et que l’interaction avec l’autre a toujours des conséquences imprévisibles…

Parce qu’il y a aussi les autres: la famille de Summer, son petit ami Lewis dont la volonté de trouver Summer ne faiblit pas au long de ces mois, et aussi la police.
L’engagement de Lewis est plus qu’honorable pour un jeune homme amoureux mais je reste dubitative devant l’échec de l’usure du temps sur ses efforts et la force de son espoir.

Un bémol toutefois dans ce thriller flippant! Je trouve le dénouement trop rapide.
Je ne parle pas la scène finale dans la cave. Mais l’auteur ayant abordé « l’après » et alors que nous avons eu tout le temps de nous imprégner des changements psychologiques des fleurs en compagnie du trèfle, les réactions de la famille et du petit ami face à Summer et son comportement auraient mérité un peu plus de développement pour mesurer l’ampleur des effets de la séquestration chez un individu.
Le lecteur reste ainsi, à mon sens, sur sa faim et en est réduit à des suppositions.

Natasha Preston est un jeune auteur anglais (à peine la trentaine) et ses débuts sont plus que prometteurs avec ce thriller psychologique captivant, tant par sa maîtrise de la psyché de ses personnages que celle du suspens sombre et malsain. Elle dose finement l’horreur de la situation sans jamais tomber dans la violence gratuite ou le voyeurisme glauque, tout en balançant une flopée d’émotions qui prend le lecteur à la gorge. C’est, je crois, son premier roman traduit en français, et j’ai hâte de lire ses prochains écrits!

Alors un grand merci à Siabelle, pour le conseil de lecture! Sans toi, le bouquin risquait de prendre l’humidité à la cave pendant un long moment… et c’eût été bien dommage!

Citations…

« La solitude est pire qu’une maladie mortelle. Chaque jour qui passe, on s’efface un peu plus. »

« L’enjeu n’est pas d’abandonner ou non, c’est de survivre. Je ne sais pas si nous sortirons d’ici en vie, mais accepter ses conditions est notre seule chance d’y parvenir. »

« Tout ce qui me terrorisait avant me semblait tellement bête désormais. Une fois qu’on a vécu son propre film d’horreur, on est blindé… »

« Elles avaient abandonné tout espoir de s’évader: le renoncement se lisait dans leurs yeux. Mais moi, je ne baisserais pas les bras. Je sortirais de là et je retrouverais ma famille. »

« Il était trop calme et maître de lui. Je savais que, d’une seconde à l’autre, il se lâcherait. Un peu comme quand un chien joue avec un ballon de baudruche; on sait que ça va péter, même si on ne sait pas quand. »

« Ma grand-mère se trompait tout de même: une tasse de thé ne pouvait pas tout régler. Ça ne s’appliquait qu’en temps normal et il n’y avait pas grand-chose de normal ici. »

« Les gens comme lui n’étaient-ils pas censés ressembler à des monstres? Quelque chose dans son physique aurait dû le trahir – mais non, il était on ne peut plus ordinaire. »

Note: 4/5

Blog Note 4

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11 réflexions au sujet de « La cave – Natasha Preston »

      • Oui un peu dur ! Mais je pense très accessible pour des 15/16 ans, qui avec ce livre sont prévenus des dangers… tout à fait le genre que ma fille lisait 😉

      • Je n’aime pas les étiquettes « young adult », c’est restrictif, je trouve! La preuve, nous ne sommes plus si jeunes et cela ne nous empêche pas de les lire! 😉

      • Exactement ! J’en parlais à mon libraire qui me disait que beaucoup de livres young adult étaient lus par les quadras 😉😂 on a gardé une âme d’ado 😛

      • Aaahhh ça me rassure! Parce que j’ai beaucoup lu de bouquins « jeunesse », notamment en fantasy avec mon fils quand il avait 15-16 ans! Bon maintenant, à presque 23 ans, c’est lui qui me pique mes bouquins! 3:)

      • Je crois qu’un de mes meilleurs souvenirs, c’est la lecture en duo de la série Harry Potter! 😀 Comme quoi la passion de la lecture se transmet encore très bien! 3:)

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