Si loin des siens – Tamara McKinley

Tamara McKinley - Si loin des siens

Tamara McKinley – Si loin des siens (2016)

4ème de couv’…

Septembre 1940. Polly Brown a accepté un poste d’infirmière à l’hôpital Cliffehaven, sur la côte Sud de l’Angleterre, afin de se rapprocher de Jack, son mari, grièvement blessé au front.

Elle a dû se séparer d’Alice, sa fillette de 5 ans, envoyée au Canada pour fuir l’Europe en guerre.

A Cliffehaven, Polly emménage à la Pension du Bord de Mer, tenue par les époux Reilly. Là, elle y fait la connaissance de Danuta, une jeune Polonaise qui a perdu toute sa famille au début de la guerre.

Les deux femmes se serrent les coudes.
En effet, bien que Polly soit une soignante qualifiée, l’infirmière en chef de l’hôpital refuse de lui accorder sa confiance et la traite comme une bonne à tout faire.
Au moment où Polly commence à se résoudre que Jack ne survivra peut-être pas à ses blessures, un télégramme parvient à la Pension.
Un U-boat allemand a torpillé le bateau dans lequel se trouvait Alice…

Mon ressenti de lecture…

J’ai quasiment tous les romans de cet auteur dans ma PAL mais je n’ai jamais sauté le pas! Les voix livresques qui murmurent à l’oreille du Black Kat sont parfois impénétrables!
Et ceux qui me connaissent vont de suite deviner la raison pour laquelle ce roman a hurlé: « LIS-MOI! »
Seconde Guerre Mondiale.
Les mots sont lâchés!

Et je démarre par un coup de gueule récurrent et qui est commun à beaucoup de maisons d’édition: « PUTAIN, mais indiquez que le roman que vous vendez est une suite, BORDEL! »
Ce n’est qu’en creusant les écrits de la dame pour rédiger mon article que j’ai découvert qu’il aurait fallu que je lise Et le ciel sera bleu (que j’ai, en +, dans ma PAL!) pour démarrer une saga, rien que ça!
C’est super agaçant de devoir mener quasiment une enquête policière pour savoir si le bouquin que j’achète est un one shot ou pas!
Alors même si ce roman peut se lire indépendamment des autres, je suis certainement passée à côté de certaines subtilités présentes dans le premier roman! Et forcément cela influe sur mon ressenti! Grrr!

Allez, je me calme, je me pose!

Si loin des siens est l’histoire du quotidien d’une pension de famille située à Cliffehaven, sur la côte sud de l’Angleterre, sur le passage de la Lufftwaffe.

En effet, dès 1940, avec l’opération Seelöwe, Hitler s’attaque à l’économie anglaise en bombardant ports, aérodromes et usines, en vue d’un débarquement et pensant mettre à mal le moral des civils, asphyxier l’économie et ébranler la confiance de Churchill.
Quelle erreur stratégique quand ce sont ensuite les cités britanniques qui sont prises pour cibles, Londres et les grandes villes du sud! Au lieu de mettre les anglais à genoux, c’est la colère et la volonté qui grondent et dominent.

Même si le lecteur ressent, ou imagine, l’insécurité, la peur, les souffrances et les drames, l’auteur a préféré mettre l’accent sur la force psychologique des civils anglais, tel un discours patriotique, au détriment, à mon sens, de la profondeur de ses personnages.

C’est ce sentiment patriotique qui transparaît à chaque page de ce roman: quel que ce soit la frappe infligée, les anglais gardent la tête haute, le sourire aux lèvres, la tasse de thé à la main, mettent leurs enfants à l’abri loin d’eux, soignent ou enterrent leurs morts, aiment, dansent, oublient l’effort de guerre et les privations dans chaque instant de paix offert, et à chaque bombe qui chute, elle nourrit la combativité de chacun. Hitler ne mettra pas l’anglais à terre. Comme l’a si bien dit Winston Churchill: « Nous ne nous rendrons jamais. »

La pension que tiennent les époux Reilly, enfin surtout l’épouse Peggy car son cher et tendre est trop souvent absent, est le refuge de Polly.
Polly a été contrainte de se séparer de sa fille Alice, partie avec sa famille vers le Canada, pour rejoindre son mari Adam, grièvement blessé lors d’un combat, et exercer son métier d’infirmière.
C’est là aussi que Danuta, jeune polonaise ayant fuit son pays après avoir perdu toute sa famille et traversé d’horribles épreuves, est venue rejoindre son frère. Elle apprend qu’il est malheureusement décédé et s’enferme dans son traumatisme, au risque de s’éteindre de désespoir.
La propre famille de Peggy n’est pas mieux lotie quand ses membres sont sur tous les fronts, sous les bombes ou engagés dans une guerre de l’ombre.

Malgré un ensemble de personnages intéressants, trop de scènes qui auraient pu tenir le lecteur en haleine semblent fades et creuses, tant elles sont survolées.
Il y a 5 infirmières dans l’entourage de Peggy et pourtant très peu de détails sur leur métier et les bouleversements apportés par la guerre.
Peggy, entre deux bouilloires à mettre sur le feu pour le thé, est tellement débordée pour chapeauter tout son petit monde et passer au-dessus des coups de chaleur de son époux, qu’elle en deviendrait  insignifiante si elle n’était pas le trait d’union entre tous.
Les épreuves subies par Danuta ne sont que brièvement relatés, ne suscitant donc chez le lecteur qu’une maigre empathie.
Le choix de Polly de donner, à plusieurs reprises, la priorité à son époux ne m’a pas convaincue et, en tant que mère, m’a même paru invraisemblable.
Bien entendu, des moments d’émotion ou de complicité, trop brefs, sauvent la lecture mais j’ai trouvé l’ensemble trop superficiel.
Je lirai tout de même le 1er opus de cette saga, et les suivants, car elle met en scène des personnalités féminines fortes et courageuses, la plume de l’auteur est agréable et le fond historique est correctement documenté. J’espère tout de même davantage de profondeur pour susciter de un peu plus d’attachement.

Mon constat est qu’il ne suffit pas d’aborder un bon sujet pour broder une histoire captivante. Si loin des siens reste toutefois une lecture agréable… mais loin d’être inoubliable!

Citations…

« Et pourtant… Tandis qu’elle gisait là, elle sentit palpiter en elle la flamme de l’existence, et une voix lui souffla qu’en s’abandonnant au désespoir, elle trahirait le souvenir de Jean-Luc, mais aussi l’enfant qu’ils avaient fait ensemble. »

« Comment allait-elle s’y prendre pour avouer à sa famille qu’elle s’était fourvoyée sur toute la ligne? Que l’existence qu’elle menait au théâtre relevait de l’imposture? Que les hommes qui y exerçaient leur pouvoir étaient de vils prédateurs dont le but unique consistait à tirer avantage des songes creux des jeunes filles qu’on leur confiait pour les dépraver à leur guise?… »

« Nous ne pouvons rien faire pour elle, dit-elle à sa logeuse pour la réconforter un peu. Il s’agit là d’une bataille que seule Polly est en mesure de livrer. De notre côté, il ne nous reste qu’à la soutenir. Et encore. Il faudra beaucoup de temps avant qu’elle consente à écouter nos paroles de réconfort car, pour le moment, du fond de son désespoir elle ne nous entend pas. »

« Mon père a combattu pendant la Première Guerre Mondiale, et nous autres Australiens n’aimons pas rester les bras croisés lorsqu’un conflit fait rage. Nous avons une réputation à tenir. »

Note: 3/5

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27 réflexions au sujet de « Si loin des siens – Tamara McKinley »

    • C’est d’un chiant! Tout ça pour ne pas perdre une vente si « tome 2 » ou tome « 20 » apparaît! Et ça ne leur vient pas à l’idée que si le thème plaît, l’acheteur va faire l’effort de commencer par le tome 1 et acheter les suivants au lieu de se sentir floué et la prochaine fois, ne pas acheter un bouquin par peur de tomber en plein dans une série « cachée »? 😮 Bon oui, ok, je commence ma journée en rogne, je n’ai pas eu ma dose de caféine requise! 😉 Bonne journée la belette, bizzz! 😀

      • Non mais tu as raison de râler, ça fait chier, c’est sûr, mais pour vendre plus, ils sont prêt à tout : à nous mentir sur le 4ème, à omettre des choses importantes, et au final, ça les dessert !

      • Oui, tu as raison! C’est comme les rééditions de romans sous un autre titre et une autre couv’! Cela m’est arrivé quelques fois et je te prie de croire que j’ai piqué ma crise! 3:)

      • Là, je sors de mes gonds parce que je me suis faite avoir quelques fois et ça me fait chier !!! Tu commences à lire et puis tu te dis que ça a un air de déjà-lu et bardaf, c’est le même que tu avais déjà acheté et lu 4 ans plus tôt.

        T’en fait un caca nerveux et tu chies une pendule !

      • Tu sonnes l’heure aussi? 😀
        Naaan, sérieux, ça me gave aussi! Mais je suis rassurée de voir que je ne suis pas la seule que ce marketing dérange! Et ça freine mes achats « coups de coeur » car j’ai toujours une liste avec moi mais j’adore piquer au hasard aussi! ^_^

      • PTDR, elle est excellente celle-là !

        Nous devons être légion à nous être faites (fait) avoir par ces enc**** du marketing et nous avons dû être nombreux(ses) à les vouer aux Gémonies ou à les maudire sur 7 générations.

        J’adore piquer chez les autres des bons plans et des titres que jamais je n’aurais mis dans mon panier.

      • Ce que j’aime, c’est farfouiller directement dans le rayon et me laisser porter parfois par une couv’ ou un résumé, en dehors de tout avis! Par exemple, il y a très longtemps, avant fb et tout et tout, j’ai choisi mon 1er Chattam par hasard! Et une histoire d’amuuurr livresque est née! ^_^

      • Mon premier Chattam, c’était un cadeau d’une copine de classe, lorsque j’étais dans les hautes études, en graduat. Histoire d’amûr aussi et puis un jour, j’en ai eu marre ! 😀 Mais je ne lui ferme pas la porte 😉

        J’aime aussi arpenter les étagères dans les librairies !

      • Je vais te dire un secret! Il faut absolument que j’ai les derniers Chattam dès leur sortie… mais je n’ai pas encore lu ses 4 ou 5 derniers! 😮 C’est grave, doc belette? 😮

      • Oui c’est grave, mais ça se soigne pas, j’en sais quelque chose, il me faut tout les Holmes qui sortent et je ne les ai pas encore lu tous (les récits apocryphes). On demande une consultation groupée ???

      • Chez les animaux, si… Chez les Humains, ça devenait dangereux :

        Dans un hôpital, une infirmière se promène avec un thermomètre médical sur l’oreille.
        Que peut-on conclure ?
        Nous pouvons conclure, que dans le département de cette infirmière, se trouve un patient avec un crayon dans l’anus.

      • Il y a des gens de notre génération qui ne savent rien sur rien, ou plutôt qui ne savent que des conneries inutiles ! mdr

      • Mdr! Je ne vais pas chercher à épiloguer sur la valeur de ce que nous avons en commun car de mon côté, je dois bien avoir quelques conneries inutiles en stock aussi! 😉 3:)

      • J’en possède aussi, indubitablement, j’ai eu mes passages « conneries » comme tout le monde, mais je pense en être sortie depuis des lustres tandis que certains d’y complaisent toujours parce que ça fait moins mal au cerveau quand on ne réfléchit pas. 😉

      • Tu as raison! Certains ont dû avoir le cerveau qui s’est bloqué à un moment, il y a longtemps! 😮 Je pensais davantage aux blagues pourries ou éculées qui ressortent parfois indépendamment de toute volonté consciente! 3:)

  1. Pas du tout mon style, mais je te rejoins sur le fait que les maisons d’édition devraient mieux indiquer quand il s’agit d’une suite, car je déteste prendre une série en cours de route !

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