Viens mourir avec moi – Karen Sander

Karen Sander - Viens mourir avec moi (2017)

Karen Sander – Viens mourir avec moi (2017)

4ème de couv’…

Dusseldorf. Une avocate est retrouvée sauvagement assassinée chez elle.
Le meurtrier a glissé une minuscule poupée nue dans le ventre de sa victime, comme un message à déchiffrer.

Ce modus operandi n’est pas sans rappeler une récente affaire au commissaire Georg Stadler, qui sollicite l’aide de Liz Montario, psychologue et profileuse reconnue.

Liz accepte de collaborer.

Mais très vite, elle devient la cible de menaces et de lettres anonymes émanant de quelqu’un qui en sait apparemment long sur elle.

Lorsqu’une de ses amies subit le même sort que les précédentes victimes, Liz doit se rendre à l’évidence: l’homme qui la poursuit et le tueur recherché sont une seule et même personne.

Mon ressenti de lecture…

Tout d’abord je remercie Babelio et sa Masse Critique, et les éditions Albin Michel pour l’envoi de ce roman!

Premier roman traduit et publié en France d’une série mettant en scène Liz Montario, profileur, et Georg Stadler-Reihe, commissaire.
C’est donc une découverte totale, et des personnages, et de l’auteur.

Je ne vais pas ré-écrire la 4ème couv’, elle en dit suffisamment, voire trop. Beaucoup trop.

C’est un roman entre polar classique et thriller psychologique mettant en scène un commissaire, Georg Stadler, qui, pour une fois, n’est pas alcoolo ou dépressif, juste un peu désabusé et devant composer avec les dysfonctionnements inhérents à sa profession. Et ça fait du bien d’échapper au cliché du flic qui se traîne son mal de crâne et sa bouteille!
Georg possède juste ce qu’il faut de charisme et de charme pour être attachant mais reste, toutefois, très mystérieux tout au long du roman.

Au contraire de Liz Montario, personnage principal du roman, il faut bien le dire, psy et profileur, qui accepte de collaborer à l’enquête en cours. Enquête qui se révèle être beaucoup plus proche d’elle qu’elle ne s’y attendait.
Elle est la parfaite illustration que le choix d’un métier prend racine dans la jeunesse, qu’une vocation naît d’un traumatisme passé.
Et son passé, Liz essaye de le garder secret, pour se préserver.
Mais ne dit-on pas que ce sont les cordonniers les plus mal chaussés? Et tout aussi psy qu’elle soit, Liz n’échappe pas à ses fantômes et devra bien affronter les peurs qui la rendent si fragile parfois.

L’intrigue est intéressante de part la victimologie originale. Plusieurs scènes de crime et des connexions à établir créent une tension maintenue par le rythme rapide de courts chapitres et l’alternance des protagonistes.
Le style de l’auteur est agréable et fluide. Les scènes d’action s’équilibrent bien avec les moments de réflexion sur le portrait du tueur.

Karen Sander amorce avec Viens mourir avec moi une série donc, forcément, il faut lui laisser le temps de développer par la suite le côté personnel de ses personnages récurrents qu’elle met en scène aujourd’hui et je suis curieuse de voir l’évolution de chacun et de leurs relations.

Alors 3,5 sur Babelio, 3 sur mon blog car je ne coupe pas en deux mes matous perchés sur leur cœur. La note semble un poil sévère car c’est une excellente lecture mais un développement un peu trop logique qui annihile le suspense, quelques lignes lancées sans suivi, quelques cafouillages, quelques maladresses ou imprécisions, m’ont laissée un léger sentiment de roman non abouti.
De plus, j’aurais aimé que l’auteur pousse davantage sa réflexion sur la psyché du coupable et ses motivations.
L’auteur aurait pu jouer sur la profession de Liz pour malmener son lecteur, ne pas dévoiler trop vite qu’elle était la cible du tueur et nourrir ainsi un suspense beaucoup plus intéressant.
Le rapprochement entre Stadler et Montario est aussi, à mon avis, trop rapide pour laisser le moindre doute.
J’aime douter, me poser des questions, les petits jeux de séduction aussi et je trouve que l’auteur est un peu trop direct alors que les chemins de traverse peuvent être tellement plus fascinants.

J’espère que ses petits « défauts » seront rapidement gommés et que les prochaines aventures de Georg et Liz seront plus pointues et captivantes car une belle brochette de personnages a été mise en place et j’aimerais bien avoir de leurs nouvelles par la suite!

Un premier roman prometteur donc, les prémices d’une série à suivre sûrement!

Citations…

« (…) Mais la psychanalyse, c’est sérieux, quand même?
– Sérieux?
Liz eut un rire amer.
Une invention de vieux coincés, visant à soigner des femmes qu’ils ont commencé par rendre malades en les enfermant dans des vêtements ultra-serrés et un corset moral encore plus étroit. As-tu une idée de la vie que menaient les femmes au XIXe siècle? Elles étouffaient littéralement dans cette société petite-bourgeoise étriquée, qui sentait le renfermé, et dont elles n’avaient aucune chance de s’échapper. Ça en a cassé beaucoup, d’autres ont pété les plombs. Alors on a appelé ça “hystérie”. Pour laquelle on a trouvé une cause: on ne sait quels fantasmes sexuels contre-nature qui rendaient soi-disant les femmes malades et dont seuls les hommes, naturellement, pouvaient les guérir. En réalité, c’étaient eux qui souffraient de fantasmes morbides. »

« Tu es pire que l’Église catholique, lui disait-elle toujours. Tu veux qu’on soit à la fois des putes et des saintes, qu’on partage avec toi les hauts et les bas, mais qu’à toute heure du jour on ait l’air de sortir d’un magazine de mode. Les femmes comme ça n’existent que dans les films. Achète-toi un abonnement à la cinémathèque. »

« La plupart du temps, elle avait du mal avec les femmes séduisantes. En leur présence, elle se sentait inférieure, médiocre, comme si elle avait échoué à un examen que les autres avaient réussi brillamment. Mais avec Liz, c’était différent. Peut-être parce qu’elle ne semblait pas attacher d’importance à son physique et qu’elle n’hésitait pas à s’asseoir par terre sans façons pour compulser des dossiers poussiéreux. »

Note: 3/5

Blog Note 3

Babelio - Masse critique

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2 réflexions au sujet de « Viens mourir avec moi – Karen Sander »

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