Projet Anastasis – Jacques Vandroux

Jacques Vandroux - Projet Anastasis (2017)

Jacques Vandroux – Projet Anastasis (2017)

4ème de couv’…

Jean Legarec, responsable d’une agence privée de renseignements, n’a qu’une vague idée de ce qu’il va affronter lorsqu’il accepte une demande inhabituelle: enquêter sur la disparition d’un enfant de six ans, petit-fils d’un homme politique français influent.

Pour un million d’euros, il va se lancer dans des recherches qui lui feront prendre tous les risques et le confronteront à son propre passé.

Passant d’une ville de Paris secouée par des attentats sanglants aux neiges munichoises, de l’apparente douceur de l’île de Malte aux sombres forêts vosgiennes, le privé va croiser des témoins qui lui apporteront, pièce par pièce, la preuve d’un complot prenant racine dans le mal absolu.

Ses alliés: un déporté des camps de la mort encore vigoureux, une historienne allemande sans tabou, d’anciens mercenaires aux méthodes très personnelles, une Alsacienne au charme discret, mais efficace, un ancien militaire qui rêve de sa Provence, des diplomates qui n’ont jamais vraiment pris leur retraite?

Quand l’argent et le pouvoir sont en jeu, l’imagination ne connaît pas de limite, et la vie n’a plus de prix.

Mon ressenti de lecture…

Je remercie tout d’abord NetGalley et les éditions Robert Laffont pour l’envoi de ce roman.
Je ne connais pas du tout cet auteur et c’est la 4ème de couv’ qui m’a harponnée! Ceux qui me connaissent savent qu’il suffit d’une allusion à la Seconde Guerre Mondiale et paf, je saute à pieds joints dans le bain!

Parfois je le regrette…

Mais là, pas du tout!
En effet, d’une « simple » recherche d’enfant disparu dans le chaos d’un attentat, le lecteur est très vite embarqué dans une intrigue beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît, aux ramifications internationales, portée par une nostalgie du IIIème Reich et les velléités de coup d’état d’un vieux loup.

Entre thriller, anticipation et politique fiction, l’auteur est un peu sadique avec le lecteur: il joue avec nos peurs actuelles des attentats, avec notre paranoïa naturelle et notre propension à imaginer des théories complotistes, avec la perte de confiance envers nos institutions étatiques et la politique en général, avec le désir atavique de certains à vouloir éradiquer ceux qui sont différents en ressuscitant les heures sombres de l’Histoire.
Quand le pouvoir du capitalisme s’allie la corruption de la politique et quelques scientifiques illuminés, cela donne le projet Anastasis. Anastasis signifie « se relever » en grec, ou plus simplement résurrection. Ou quand un rêve exhumé du passé renaît.

Difficile d’analyser davantage les thèmes abordés sans spoiler l’intrigue donc je me tais!

Les personnages sont finement ciselés, au scalpel.

Et si le Jean Legarec est très psycho-rigide et peu sympathique au départ, il a maintes fois l’occasion de se rattraper par la suite. Même si je le trouve toujours aussi coincé à la fin!

Ses collaborateurs, Margot et Michel, par contre, sont excellents! Ils apportent une touche de fraîcheur, d’humour et d’ironie mordante dans ce professionnalisme dont s’enorgueillit Jean Legarec.

J’ai détesté le personnage de Clairval! Tout ce que j’exècre dans l’être humain est concentré en sa personne. Père comme fils sont à vomir! Et vous ne serez guère étonnés d’apprendre qu’ils sont politiciens… Tout est dit!

Les personnages de Béatrice, la tante du petit disparu, et Marussac, le flic, manquent un peu d’envergure. C’est compréhensible pour Marussac qui se retrouve muselé mais il ne prend guère part à la résolution des problèmes tout de même. Et Béatrice, même si elle se découvre une hardiesse et un courage insoupçonnés pour retrouver son neveu, reste un peu trop en retrait, émotionnellement parlant.

Les passages avec Lucien, le grand-père de Béatrice, sont émouvants, dans l’évocation de son passé comme dans son énergie et la sagesse du haut des quatre-vingt-dix ans ans bien sonnés!

Je regrette que le mystère entourant Alpha n’ait pas été davantage fouillé. Il y avait matière à creuser sa psyché et la question de la raison de ses actes malgré ses origines reste sans réponse.

Le style de l’auteur est agréable, nerveux, dynamique et très visuel. Une adaptation ciné ne me surprendrait pas plus que cela! Beaucoup d’action, de suspens, de retournements de situation et de réflexions en un bon équilibre pour page turner sacrément efficace!

Le seul bémol de cette lecture est une gêne très personnelle: c’est un thriller très franco-français. Même si nous sommes dans le fictionnel, l’auteur s’appuyant sur notre système politique français, cela ne me dépayse pas assez et ne me coupe pas suffisamment des réflexions quotidiennes sur les événements de notre pays (surtout avec les élections actuelles et les magouilles politiques qui empuantissent notre climat social). Alors même si je reconnais la qualité de la plume de Jacques Vandroux, son roman a provoqué quelques sombres réflexions, grincements de dents et grimaces au passage.

Mais je préfère ne retenir que le tableau global pour vous dire que cette lecture est excellente, bien ficelée, complexe et ô combien crédible, donc effrayante, avec action et suspens, et même avec la petite love story qui va bien!

Citations…

« Alpha aimait son nom de code. C’est lui qui l’avait choisi. Le loup alpha, chef de meute qui savait aussi chasser en solitaire. Tout ce qui le caractérisait. Il vivait pour son groupe, mais aimait être seul. »

« L’Afrique lui avait enseigné la patience. Lui qui, dans sa jeunesse, était impulsif, avait appris à maîtriser le temps. »

« (…) C’est un innocent qui ne mérite pas ce qui lui arrive.
— Le monde est peuplé d’enfants innocents qui subissent la violence des hommes. Elle lui montra la photo qui trônait à côté d’elle.
— Faut-il l’accepter pour autant? »

« (…) et nous n’avions qu’un ordre: ne pas intervenir. Imagine dans quel état nous étions! Des mecs, entraînés à se battre, venus pour rétablir l’ordre, et contraints à l’inaction par des choix politiques qui nous semblaient absurdes. »

« Il faut aussi apprendre à faire la paix avec soi-même. Traîner toute sa vie une culpabilité n’est bon ni pour soi ni pour ceux qui vous entourent, mais vous avez raison : se pardonner à soi-même est l’un des actes les plus difficiles. »

« De nombreuses années à exercer une fonction de diplomate m’ont appris que la réalité est souvent pire que ce que nous prévoyons au travers de nos analyses. »

« Un cadavre parle moins qu’un homme derrière les barreaux.
Alors, prends soin de toi (…) »

« Dans la forêt, en pleine nuit, seules les chouettes vous entendent hurler… et elles s’en foutent. »

Note: 4/5

Blog Note 4

 

 

 

 

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