Le chercheur de vérité – James Robertson

James Robertson - Le chercheur de vérité (2017)

James Robertson – Le chercheur de vérité (2017)

4ème de couv’…

Alan Tealing est professeur de littérature anglaise.
Sa vie est en suspens depuis la mort, vingt ans auparavant, de sa femme et de sa fille, tuées dans un attentat inspiré par celui de Lockerbie en 1988.

Alan est totalement obsédé par « l’Affaire ».

Il ne peut plus rien faire de sa vie.

Il ne croit pas à la culpabilité de l’homme désigné par l’enquête.

Au fil du temps, les documents et les preuves qu’il accumule finissent par remplir une pièce entière de sa maison.

Quand un agent de la CIA atteint d’un cancer en phase terminale frappe à sa porte et lui offre l’adresse d’un témoin, il ne peut que partir à la recherche de la vérité.

Mon ressenti de lecture…

Tout d’abord, je remercie Babelio, sa Masse Critique et les éditions Métailié.

Je n’avais pas d’attentes particulières avec ce roman mais la 4ème de couv’ promettait quand même quelque action.

Quelle ne fut ma déception en tournant la dernière page. Ma lecture fut laborieuse et sans éclat.
Le style de l’auteur m’est apparu lourd et lent. Ce roman est, en un mot, déprimant.

Vingt ans ont passé depuis l’attentat ayant coûté la vie à sa femme et sa fille ainsi qu’à tous les passagers et membres d’équipage d’un vol Heathrow – New York.
Les cendres sont froides, les pistes d’enquête depuis longtemps effacées.
D’ailleurs un « coupable » a été jugé et a reçu « la » sanction censée apaiser la douleur des familles des victimes.
Alors si Alan Tealing ne croit pas en la thèse officielle, s’il emplit toute sa (non)vie dans la recherche des véritables coupables, c’est, en effet, l’occasion pour l’auteur de parler des thèses conspirationnistes lors de la survenue de tels événements, de la manière dont les enquêtes officielles sont menées, de la pression médiatique qui veut des réponses rapides et fortes, et de l’instrumentalisation de l’horreur des attentats par les politiques pour justifier certaines décisions belliqueuses.
L’auteur soulève le problème majeur de l’accommodation de la vérité au service de la politique d’un pays. Action – réaction. Un attentat est malheureusement souvent un coup de pouce dont les gouvernements se délectent pour avoir l’excuse d’aller chercher des poux dans un pays étranger… C’est ce cynisme qui est mis en avant dans le biais de la ténacité d’Alan à vouloir la seule et unique vérité.

Mais ce roman est avant tout une histoire de deuil. Si, dès la première tétée, nous sommes tous des morts en sursis, la vie qui stoppe sa course prématurément pose irrémédiablement les bases d’une souffrance amplifiée et complexe pour ceux qui restent.
Comment accepter cette injustice?
Comment rebondir après un tel traumatisme?
La mort est la cessation physique et corporelle de l’existence mais ceux qui partent survivent dans le cœur des vivants. Vivant est le maître mot.
Faut-il tourner la page tout en honorant et chérissant le souvenir des disparus?
Peut-on tourner la page quand il n’y a pas de corps physiques sur lesquels se recueillir? Persister à chercher une vérité quelle qu’elle soit, n’est-ce pas le meilleur moyen de rester bloqué sur un palier de l’échelle du travail du deuil, telle que présentée par la psychiatrie?

Cette réflexion sur le deuil aurait été captivante si la personnalité de base d’Alan avait été tout autre.
De longs passages analyse le passé et le tempérament d’Alan. Il se dit volontiers « imposteur », se laissant porter par la facilité de ses capacités intellectuelles, il n’est pas volontaire à sortir de sa zone de confort, et ce, depuis tout petit. C’est un homme de bibliothèque, un intellectuel solitaire, frileux devant les risques.
Renoncer à son enquête, c’est aborder un inconnu qu’il rejette.
Sans remettre en cause la douleur du décès de sa femme et de sa fille, je n’ai pas éprouvé d’empathie ou d’admiration pour ce personnage.
Même si le sentiment d’enfermement dans la souffrance est très bien décrit et ressenti.

Les épreuves nous forcent à évoluer, à rebondir, à nous remettre en question. En situant les événements vingt ans après les faits, l’auteur insiste donc sur la longueur mais, par là même, révèle une incapacité à aller de l’avant et installe un auto-apitoiement traduit par de longs paragraphes lourds au lieu de mettre l’accent sur une volonté réelle de vérité.

Sans empathie et sans action véritable, j’avoue que ce roman m’a malheureusement ennuyée malgré les thèmes très intéressants abordés. Dommage!

Citations…

« Je grattais un mur avec le couteau émoussé de l’espoir, les ongles acérés du désespoir, jusqu’au jour où la pierre s’effritait et où il y avait assez de place pour pouvoir se glisser au travers, mais quand je me faufilais, je me retrouvais seulement confronté à un autre mur. »

« – Vous ne m’écoutez pas. Il ne l’a pas fait.
– Non, je ne vous écoute pas. Il l’a fait.
– Il ne l’a pas fait.
(…)
– Et bien je me fiche pas mal de savoir s’il l’a fait ou pas! »

« (…) mon enfer est celui de John Milton.
« L’esprit est à soi-même sa propre demeure; il peut faire en soi un Ciel de l’Enfer, un Enfer du Ciel. » »

« Savez-vous ce qui nous définit? (…) Les extrêmes. Pas la normalité quotidienne. (…) Ce qui nous définit, c’est la limite. La douleur extrême. Le temps extrême. (…) Les actes d’extrême violence. Ce sont ces choses-là qui vous font prendre conscience de vous-même. Vous comprenez vraiment ce que c’est d’être en vie uniquement quand vous avez la mort aux trousses. »

« La cruauté du moment avait aussi été son unique grâce: il n’y avait pas eu beaucoup de temps, peut-être pas du tout, pour avoir peur, mal ou comprendre ce qui allait se passer. »

« Blog Note 3

Babelio - Masse critique

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31 réflexions au sujet de « Le chercheur de vérité – James Robertson »

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