Leopard Hall – Katherine Scholes

Katherine Scholles - Leopard Hall (2017)

Katherine Scholles – Leopard Hall (2017)

4ème de couv’…

Congo, 1964.
Australienne de vingt-cinq ans, Anna Emerson retourne sur sa terre natale du Congo, pour se rendre au chevet de son père mourant, Karl, qu’elle n’a pas vu depuis dix-huit ans.
Les retrouvailles sont brèves et, au lendemain de sa mort, un nouveau choc attend la jeune femme: Karl n’est pas son père biologique.

Qui est son véritable père?
Pourquoi sa mère n’a-t-elle jamais rien dit?
Et que faire de Leopard Hall, la villa Emerson dont elle a hérité, remplie d’œuvres d’art pillées aux Africains?
Anna n’a bientôt plus qu’une idée en tête: retrouver son père. Avec Eliza, séduisante photographe américaine et grande entremetteuse politique, la jeune australienne tente de rejoindre le village où elle est née pour en savoir plus sur ses racines. Mais dans ce Congo tout juste indépendant, les tensions sont vives, parfois sanglantes.
Et tandis qu’Eliza est embarquée dans une mission secrète auprès des rebelles Simba, Anna, elle, hésite: doit-elle poursuivre son voyage seule? Ou doit-elle rester auprès des Carling, ce couple de missionnaires qui viennent en aide aux lépreux?
De l’autre côté du lac Tanganyika, un homme se prépare pour une mission paramilitaire des plus dangereuses, classée « secret défense ». Un homme qui n’a plus goût à rien depuis vingt-cinq ans, date à laquelle il a renoncé à ses droits sur sa fille. Un homme qui ne se doute pas que, dans un lieu appelé Leopard Hall, le destin a placé une surprise sur son chemin…

Mon ressenti de lecture…

Je remercie tout d’abord NetGalley et les éditions Belfond pour l’envoi de ce roman.

Je n’ai lu aucun des romans de Katherine Scholles. Donc je m’aventure en terre inconnue et, je ne vais vous mentir, en lisant la 4ème de couv’, j’ai de suite pensé à Out of Africa et je me suis dit « pourquoi pas »?

Nous sommes en 1964, dans le Congo tout nouvellement indépendant. Anna y retrouve un père qu’elle n’a plus revu depuis son enfance.
Mais les choses ne se passent pas comme elle l’espérait.
Cruelle déception, espoirs envolés, Anna, au lieu de se réfugier chez elle en Australie, décide avec l’aide de son hôte, Eliza, de se lancer à la recherche de son père biologique, malgré les troubles mortels qui agitent le pays.

C’est un roman dépaysant que nous offre l’auteur avec cette incursion au Congo des années 60.
Ancienne colonie belge, l’indépendance a été acquise dans la chaos et a été le théâtre de guerres intestines et un jouet indirect du bloc de l’est contre celui de l’ouest dans la guerre froide mondiale qui sévissait à cette époque.
L’envoi de mercenaires, armés par les uns et par les autres a contribué à l’instabilité de ce pays pour son intérêt politique mais aussi parce que la richesse du Congo pour ses matières premières était un enjeu de premier choix.
L’auteur décrit très bien l’horreur d’un tel chaos quand les décisions prises de très loin, du fond d’un fauteuil confortable ne tiennent absolument pas compte des réalités sur le terrain.
Spectacle désolant que tout pays anciennement colonisé a vécu, quand les autochtones se vengent sur les étrangers qui ont bénéficié par le passé de tant d’autorité, de luxe et de confort à leur détriment.
Les missionnaires avec leur religion, les expatriés avec les terres et privilèges acquis parfois trop facilement, avec le choc des cultures, la décolonisation n’a jamais été réalisée dans le calme et la paix.
Tous les bienfaits apportés disparaissent au profit des souvenirs des horreurs commises sur les peuples soumis et traités en esclaves, trop souvent considérés comme des animaux sauvages.

L’histoire d’Anna et d’Eliza illustre parfaitement cette époque. On y retrouve également le style de vie des occidentaux, avec le luxe, la classe et l’élégance féminine, les riches domaines, les hôtels de luxe. L’indépendance dont peut se valoir une femme libre comme Eliza force le respect quand la naïveté d’Anna, et sa jeunesse, apporte un regard extérieur et candide sur des événements qui la dépasse. Mais les épreuves ouvrent les yeux. Si Anna est agitée par ses démons personnels, sa vie est en jeu et elle doit s’adapter. Du luxe, elle se frottera à la nature sauvage, aux villageois, aux malades, pauvres et lépreux dont s’occupent les missionnaires mais aussi à l’insécurité et à la violence des rebelles.

J’ai bien aimé l’histoire d’Eliza, écoutant son cœur, partant à l’opposé de l’éducation qu’elle a reçu et des valeurs de sa « caste ». Mais trop de peu de détails sur son aventure et son implication dans la rébellion nous sont confiés pour créer l’empathie réelle, malheureusement.

Pareillement pour Anna, privée de père depuis toute petite, à la recherche d’une figure paternelle affectueuse. Là aussi, l’empathie n’est pas grande, de part peut-être sa naïveté mais surtout par une expression émotionnelle de ses démons trop peu présente.

Le personnage que j’ai préféré est celui de Dan. Lui possède une réelle consistance, un passé douloureux, une psyché torturée, des valeurs auxquelles le lecteur peut s’identifier et des sentiments crédibles et exprimés.
Avec Dan c’est aussi l’aventure auprès des mercenaires, de tous horizons, avec chacun leurs raisons personnelles de s’investir dans des combats qui, a priori, ne les concernent pas. Bien sûr, il y a l’appât du gain mais pas que. Quelques combats émaillent le récit et le contexte historique choisi mais ils restent, à mon sens, très anecdotiques, juste présents pour une touche de drame et de suspense dans la quête d’Anna et de Dan.

Entre 3 et 4 étoiles, j’ai hésité. Mais au final, même si le contexte politique et social est historiquement bien documenté, fidèle et décrit dans le récit, il m’a manqué un certain ciment émotionnel entre les événements et les personnages pour être totalement captivée par ce roman. Et c’est dommage.

Par contre, c’est une lecture qui reste très sympathique, malgré quelques petites longueurs, la plume de l’auteur est fluide et agréable, le cadre est dépaysant, le contexte est intéressant et le roman se conclut sur un Happy End!

Citations…

« Pour être opérationnel, un bon commandant doit connaître ses hommes, débusquer leurs peurs et leurs frustrations, leurs faiblesses et leurs forces. L’inverse n’est pas vrai. »

« Anna savait d’expérience qu’il était conseillé de donner à une personne son titre; en lui témoignant du respect pour son statut, on augmentait le sien propre. »

« Ressentait-il de la peur? Des regrets? Non, il n’éprouvait que du soulagement. Il allait se battre pour une cause juste. Il ne s’en sortirait sans doute pas, mais il n’aurait plus besoin de décider quelle vie choisir après. »

« Et, plus que tout, Dan en avait conscience, il lui fallait des hommes durs, résistants – des gars qui ne flancheraient pas, quoi qu’il arrive. Les éléments capables de figurer dans ce dernier groupe étaient les plus difficiles à évaluer. La frontière entre le courage et la folie était souvent bien mince. »

« Disons que le pouvoir est toujours entre les mauvaises mains. C’est pourquoi il n’y a pas la paix dans ce pays. »

« S’il y avait des secrets, il espérait qu’ils resteraient enfouis. Bergman méritait de jouir d’un avenir heureux avec sa famille. Dan ne voulait pas imaginer qu’il puisse vivre ces moments où le sol commence à vaciller. Où les fissures s’ouvrent et deviennent un gouffre. Où un homme perd pied et se retrouve englouti vivant. »

Note: 3/5

Blog Note 3

Publicités

13 réflexions au sujet de « Leopard Hall – Katherine Scholes »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s