Une ombre chacun – Carole Llewellyn

Carole Llewellyn - Une ombre chacun (2017)

Carole Llewellyn – Une ombre chacun (2017)

4ème de couv’…

Rescapée d’un enlèvement quand elle était enfant, Clara, 30 ans, mène désormais à Paris une vie confortable avec son mari, Charles.

Pourtant, lorsqu’il lui demande un enfant, elle décide de partir sans laisser de trace.

Homme d’affaires occupé, Charles loue les services de Seven Smith, un ancien Marine, afin de retrouver son épouse.

Pour le soldat américain, que la fin de la guerre a laissé sans but, la quête de cette femme disparue est une occasion inespérée d’exister à nouveau.

À travers l’Europe, Clara et Seven vont partir à la recherche de vérités sur eux-mêmes qui altéreront pour toujours le sens de leurs vies.

Mon ressenti de lecture…

Je remercie tout d’abord NetGalley et les éditions Belfond pour l’envoi de ce roman, choisi après lecture de la 4ème de couv’!

« Normal! » me direz-vous, c’est un premier roman donc il n’y a que le résumé pour titiller l’éventuel lecteur!

J’avais hâte de découvrir les blessures de Seven et de Claire et en quoi ce voyage européen pouvait influer sur leur avenir. Et j’avais déjà Charles dans le nez: quel homme amoureux ne lâcherait pas son boulot pour partir lui-même à la recherche de sa femme?

Malheureusement, aucun des personnages m’a charmé!

Le Charles, gros bourge imbu de son importance, de sa particule et de son argent, drague tout ce qui bouge, sextote à tout va pour pimenter sa pseudo-fidélité.

Seven attache une grande importance à la branlette et peu à son couple. D’ailleurs la fidélité n’est pas son crédo. C’est un militaire nostalgique de ses faits d’armes et des coups tirés, et pas seulement avec son M16. Mais quel intérêt de savoir le nombre de fois où il se branle du lever jusqu’au coucher!?! Franchement!
Ses souvenirs de combats sont certes terribles, comme tout vétéran de guerre, mais manquent totalement d’émotions.

Et la Clara passe son temps à geindre sur son existence de bourgeoise oisive, à expérimenter différents philtres sur des photos dont elle inonde son Instagram et Facebook, à envisager ses nombreuses morts mais sans pour autant joindre le geste à sa pensée.
Elle instille un climat malsain à imaginer l’effet de son décès sur ses proches et elle semble même regretter que « son » pédophile kidnappeur lui ait pas infligé dans son enfance davantage de dommages! Dommages d’ailleurs hypothétiques car nébuleux tout au long du récit!
Sa volonté de ne laisser aucune trace de sa fuite est assez loufoque alors qu’elle n’est quand même pas une dangereuse psychopathe à capturer mais seulement une gamine immature qui n’a trouvé que cette solution pour larguer les amarres d’une vie confortable mais insatisfaisante. La longue dérive poussive de cette capricieuse fugue est lassante et n’inspire aucune empathie.

Le style est lourd, redondant et insipide, ampoulé, se voulant poétique mais qui sonne cruellement creux.

Je suis restée perplexe devant des répétitions mal venues sur les attentats de Charlie Hebdo, le terrorisme islamiste et les crises financières aux States ou en Grèce. Sûrement pour donner une note actuelle au récit mais qui sont essaimés au hasard du récit, sans réel intérêt pour l’intrigue.
Et que la mort d’un chien arrivé certainement à un âge canin honorable, les morts d’Iraq ou d’Afghanistan et la sécheresse éventuelle de l’utérus de Clara soient des deuils posés sur un même niveau dans un même chapitre… hum… cela ne m’interpelle pas positivement. Du tout!
De plus, la pub pour ce grand magasin parisien, 7ème arrondissement, dont le nom est répété au moins une vingtaine de fois m’a agacée. Mazette, le lecteur a compris que le couple Charles/Clara ne fraye pas avec le milieu ouvrier et qu’il paye sa lotte, 100 euros le kilo!

Pour conclure, si vous ne l’avez pas compris, je suis totalement passée à côté de cette histoire!
J’ai même failli laisser tomber vers la fin du premier tiers du bouquin alors que j’abandonne rarement une lecture! Du coup, je l’ai lu rapidement. Non pas parce que j’étais captivée mais parce que je voulais en finir au plus vite!
J’aurais bien voulu maîtriser la lecture systémique dont parle Clara d’ailleurs!

Je suis donc déçue par cette découverte. Ni le parcours sans grande émotion de Seven et de Clara, ni le style de l’auteur, n’auront réussi à me captiver…

Citations…

« Elle esquissait un sourire délicat, discret. Énigmatique Mona Lisa de plusieurs siècles vieillie qui avait fui son cadre sous vitre blindée de Paris. »

« Il ne s’était même pas fendu d’une quelconque rhétorique pour feindre de donner à l’opinion de sa femme une once d’importance et il savait très bien qu’elle n’en avait pas. »

« Charles avait acheté une femme pour aller avec son nouvel appartement car ils n’en vendaient pas au Bon Marché. »

« Elle aurait dû être tuée par cet homme qui n’avait pas été fichu de l’enfermer correctement à l’arrière de sa camionnette. Elle aurait dû être violée, battue, torturée, car telle était la sombre promesse de l’aube dans ses yeux (…) »

« Ne dis rien. Ne me dis rien, je n’ai rien besoin de savoir. Je n’ai pas besoin de mots. Les mots sont trompeurs, et moi, je ne me trompe jamais. J’ai assez menti pour le reste de ma vie pour comprendre sans savoir. »

« Tout le monde n’a pas la chance d’avoir un pédophile avec une camionnette. »

Note: 2/5

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8 réflexions au sujet de « Une ombre chacun – Carole Llewellyn »

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