Le refuge des souvenirs – Mary Marcus

Mary Marcus - Le refuge des souvenirs (2017)

Mary Marcus – Le refuge des souvenirs (2017)

4ème de couv’…

Au cours de l’été brûlant de 1963, la ségrégation fait rage dans la petite ville de Murpheysfield.

Mary Jacob, douze ans, mal aimée par sa famille, trouve refuge auprès de Lavina, la cuisinière noire, qu’elle considère comme sa mère.
Mais, lors d’incidents raciaux, la domestique est tuée.
Mary Jacob, choquée, oubliera tout de cette période de sa vie.

Des décennies plus tard, apprenant que son père est mourant, Mary Jacob retourne dans sa Louisiane natale.

Partie sur les traces de son passé, la jeune femme retrouvera-t-elle la mémoire de son enfance brisée?
Pourra-t-elle faire la paix avec sa propre histoire et avec Billy Ray, le fils de Lavina, blessé par le silence et les non-dits?

Mon ressenti de lecture…

Tout d’abord, je remercie NetGalley et les éditions Les presses de la cité pour l’envoi de ce roman.

Mary Jacob revient dans sa Louisiane natale pour retrouver un père mourant qu’elle n’a pas revu depuis une éternité. Elle a peu de souvenirs Mary Jacob, dénigrée durant son enfance, la seule personne qui l’aimait réellement est décédée tragiquement. Ce drame a éloigné Mary Jacob de Murpheysfield et son cerveau a occulté tout ce pan de vie.
Mais avec ce retour, le passé resurgit…

Ce passé se situe dans les années 60, dans le sud des States, en Louisiane donc. Haut lieu de l’esclavage avec la culture intensive de la canne à sucre, puis de la ségrégation raciale et du racisme. Je ne vais pas vous faire un cours d’histoire, nous avons tous en tête l’Histoire des noirs aux États-Unis et ce roman est une chronique familiale mêlant les couleurs.

J’ai adoré ce roman qui est pourtant très triste. Très triste mais tellement émouvant.

C’est un roman à trois voix. Trois visions de la même période de vie, avec trois tons différents, trois personnages attachants.

Mary Jacob est blanche, c’est une jeune ado complexée qui ne se sent ni aimée ni valorisée par sa famille. Elle ne sait pas comment grandir et devenir une femme. Ses seuls amis sont ses livres.
Elle ne comprend pas les « valeurs » qui sont celles de son père et de la majorité des blancs, ce mépris des « nègres » et cette violence aveugle. Surtout quand ces mêmes blancs sont loin d’être purs et droits au sein de leur propre famille.

En fait, elle ne trouve chaleur et affection qu’auprès de Lavina, employée noire qui trime du matin jusqu’au soir pour retrouver son fils, Billy Ray, dans une pauvre masure branlante.
Lavina accepte son sort, avec l’aide de Dieu et de Martin Luther King, avec l’honnêteté et la résignation de ceux qui ont trouvé plus d’obstacles et d’épreuves sur leur chemin que quiconque.

Billy Ray, malgré sa jeunesse, a la faim au ventre et la rage au cœur et seule la musique le transporte vers la joie. Il est en colère, il a la haine de sa condition.
Lavina est le cœur de ce trio. Les deux jeunes gens se disputent à distance son affection. Ils se détestent mais restent liés pour l’amour de cette femme épuisée et généreuse.

Mais Lavina n’est plus et sa voix vient de l’au-delà. Cette voix retrace les derniers jours de savie. Cette voix d’un être quasiment illettré mais qui connaît tellement l’intelligence de l’âme et du cœur. Elle nous touche cette voix, elle nous transperce, elle nous étreint de toute sa douceur!

Quand la voix de Mary Jacob perd de sa naïveté et de sa candeur au fil des événements et que celle de Billy Ray gagne en puissance devant la porte qui s’ouvre devant lui.

Cette chronique familiale est lente comme une marche sous la chaleur écrasante de Louisiane.
Mais par la musique qui habite Billy Ray et le transporte, c’est aussi l’énergie et l’espoir qui nous guident. Mais rien n’est simple à cette époque.

Roman noir (non, aucun jeu de mots lamentable!) sur la vie quotidienne dans le sud des États-Unis dans les années 60 mais surtout un roman d’amour. D’une mère pour son fils, d’un fils en révolte pour sa mère et de l’amour qui unit des personnes au-delà de la couleur et du carcan étouffant et détestable de la société.

Beaucoup de pudeur dans ce récit, et de délicatesse. Aucun jugement partisan. Juste des personnes qui mènent leur existence avec le cœur et le bon sens humain dans un monde de bêtise, de violence et d’intolérance.

C’est une lecture toute en émotions, avec le cœur serré. J’avoue que la fin m’a un peu déçue car trop de non-dits restent dans l’ombre. Mais, après réflexion, elle ne pouvait être autrement…

Citations…

« Y a qu’un musicien pour comprendre que le son, c’est dans la tête et dans le cœur. Quand t’es musicien, ton âme se charge de la musique. »

« Lui qui avait justement été habitué à la lenteur depuis tout petit. La lenteur, la persévérance et la maîtrise des éléments. Mais, à présent, l’ensemble lâchait. Le groove avait sa vie propre, alors qu’avant il était à l’écart, dans l’intimité. (…) Billy Ray ne voulait rien arrêter, mais tout allait trop vite. »

« Le problème, avec les gosses, c’est qu’ils pensent que ce qui est mauvais, ça dure pour toujours. Quand on est une vieille femme comme moi, on sait bien qu’y a les bons moments et les mauvais. Faut s’accrocher aux bons de toutes ses forces quand les misères vous tombent dessus. »

Note: 4/5

Blog Note 4

 

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14 réflexions au sujet de « Le refuge des souvenirs – Mary Marcus »

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