La fille d’avant – J.P Delaney

J.P Delaney - La fille d'avant (2017)

J.P Delaney – La fille d’avant (2017)

4ème de couv’…

C’est sans doute la chance de sa vie: Jane va pouvoir emménager dans une maison ultra-moderne dessinée par un architecte énigmatique… avant de découvrir que la locataire précédente, Emma, a connu une fin aussi mystérieuse que prématurée.

À mesure que les retournements de situation prennent le lecteur au dépourvu, le passé d’Emma et le présent de Jane se trouvent inextricablement liés dans ce récit hitchcockien, saisissant et envoûtant, qui nous emmène dans les recoins les plus obscurs de l’obsession.

 

 

Mon ressenti de lecture…

Tout d’abord, je remercie NetGalley et les éditions Mazarine pour l’envoi de ce roman.

Ce roman a suscité un engouement unanime à sa sortie… des avis très positifs, voire dithyrambiques! Toujours dubitative devant ce genre de phénomène, je m’attendais tout de même à passer un bon moment…

Mais non…
Je ne signe pas le bail du One Folgate Street…

Je me suis ennuyée devant un mélange dilué de 50 nuances de-la-couleur-que-vous-voulez et d’un thriller pseudo-psychologique.

« Vous qui entrez ici, abandonnez tout… » non pas espoir mais vie privée!

Déjà, le concept de base est totalement tiré par les cheveux. Une maison minimaliste ultra-connectée dont vous aurez la jouissance à petit prix si vous passez les tests!
Et quels tests!
Un questionnaire hyper indiscret et personnel, des directives draconiennes à l’image d’un proprio rigide et maniaque, et des contrôles imposés!
Un décor aseptisé de chambre d’hôpital (d’ailleurs je suis étonnée que les murs soient en pierre et non pas capitonnés!) ou de cellule de moine, pas de couleurs, pas de chaleur, pas de vie. Et surtout cette intrusion permanente dans l’intimité et la liberté de l’occupant! Autant tendre les poignets pour boucler les menottes ou enfiler la camisole!

Et puis une maison sans livre? Ça va pas la tête? Où va-t-on? Et pas de coussins pour se vautrer dans sa lecture? Naaan!

Inconcevable! Absolument inconcevable pour moi! D’où certainement le fait que je ne suis pas entrée dans l’histoire!

Emma et Jane sont certes fragilisées par un événement traumatique mais il faut dire qu’elles ne sont pas bien nettes dans leur tête bien avant cela! Pas étonnant qu’elles soient volontaires pour un lavage de cerveau à la Javel pour se fondre dans le décor!
Elles sont victimes dans les faits mais perso, je n’ai ressenti aucune compassion pour l’une comme pour l’autre. Un méchant sentiment m’a suivi tout le long de ma lecture, du style « cocotte, tu l’as bien cherché! ».

Décrire Edward, le propriétaire, comme un mâle alpha m’a bien fait rire! Une petite greffe de neurones s’impose pour ces dames!
Edward est maniaque, obsessionnel et manipulateur. Il choisit ses partenaires comme sur un catalogue et les modèle selon son bon vouloir. Il débarque quand ça lui chante, il dirige à la baguette et se barre dès sa partie de jambes en l’air expédiée!
Il est somme toute assez pathétique dans son besoin maladif de domination et sa recherche pathologique de la perfection. Il a besoin de contrôle, d’une totale main-mise sur ses femmes comme il le possède sur ses œuvres architecturales.
C’est un grand enfant qui a troqué ses petites voitures pour les femmes et dont l’assurance lui procure l’illusoire image d’un mâle alpha aux yeux d’Emma et Jane.
Entre elles et lui, je ne sais qui est le plus pathétique en fait!

L’alternance de chapitres très courts entre passé et présent, entre Emma et Jane, donne du rythme au roman mais ôte toute profondeur à l’intrigue. Ça bouge, ça remue mais le lecteur est prisonnier de ce mouvement incessant et superficiel.
Le caractère des personnages n’est que très peu fouillé et le suspens supposé n’est induit que par l’ambiance anxiogène de cette maison nue et vide, vivante par la domotique intrusive, et l’attitude d’Edward, détachée, clinique et froide.

Le style de l’auteur n’est pas désagréable, fluide et simple, mais décidément, je ne déménage pas! Peut-être pour le prochain!
Mais pour celui-ci, une pincée de sophistication illustrant l’ascétisme d’Edward, un écho du Sieur Hitchcock pour trembler un brin, l’inévitable sexe pour le côté pseudo-canaille-glamour n’auront pas suffit à me convaincre!

Mon avis est à l’image du One Folgate Street: minimaliste, dépouillé et sans émotion.

Citations…

« Elle m’a été recommandée par la police, c’est donc qu’elle connaît son métier, mais en toute franchise, j’aimerais mieux qu’ils arrêtent les salopards, au lieu de distribuer des cartes de visite de psy. »

« Les personnes qui ont survécu à une agression rejettent souvent la faute sur elles-mêmes, plutôt que sur leur agresseur. Pourtant, c’est lui qui a enfreint la loi, pas vous. »

« Ne vous excusez jamais pour une personne que vous aimez, lui dit-il sans élever la voix. Vous passez pour un connard. »

« Les gens aiment employer l’expression “passer l’éponge”. Mais cela ne suffit pas, il faut changer d’ardoise. L’ancienne conserve les traces de tout ce qui y a été écrit. »

« Les morts peuvent nous sembler absolument parfaits; ils sont figés dans un idéal avec lequel nul ne peut rivaliser. S’en détacher n’est pas facile. Mais c’est faisable. »

« (..) la plupart des gens consacrent toute leur énergie à essayer de changer les autres, alors que la seule personne que l’on peut vraiment changer, c’est soi-même. Et encore, c’est incroyablement difficile. »

« Tu peux créer l’environnement le plus raffiné et le plus épuré possible, ça ne sert à rien si c’est la pagaille dans ta tête. »

Note: 3/5

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28 réflexions au sujet de « La fille d’avant – J.P Delaney »

  1. Je suis parfaitement d’accord avec toi. J’ai trouvé les réactions des personnages parfois complètement ridicules et même l’intrigue ne m’a pas semblée intéressante. Seule la construction était originale pour le coup

  2. Un bon potentiel mal exploité… à moins que ce soit tout le déploiement marketing autour du bouquin qui a fait que j’ai placé la barre de mes attentes trop haut.

    • Je me méfie du buzz autour de certains bouquins ou quand trop de commentaires élogieux essaient de t’enfumer. C’est paradoxal car quand on aime un livre, on a envie qu’il ait du succès. Mais parfois, comme tu le dis, le marketing est contre-productif! Là, c’est clairement une déception…

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