Le murmure du vent – Karen Viggers

Karen Viggers - Le murmure du vent (2017)

Karen Viggers – Le murmure du vent (2017)

4ème de couv’…

Quand Abby rencontre Cameron, tout en lui l’agace.
Biologiste, elle arpente seule la vallée des monts Brindabella pour observer le comportement des kangourous.
Il est un jeune journaliste en quête d’un article pouvant susciter la polémique.

Quand il cherche à la revoir, elle fait tout pour l’éloigner.
Pourquoi prendrait-elle le risque d’être à nouveau blessée par la vie?

Un jour, elle rencontre une vieille dame, Daphne, qui a passé sa jeunesse dans ces montagnes et vient régulièrement se ressourcer dans cette nature si chère à son cœur.
Malgré leur différence d’âge, les deux femmes se rapprochent. Avec délicatesse, Daphne essaye de sortir Abby de son marasme.

Leur amitié leur permettra peut-être enfin de se libérer du passé et de sourire à l’avenir?

Mon ressenti de lecture…

Je remercie tout d’abord NetGalley et les éditions Les Escales pour l’envoi de ce roman.

Je ne connais pas Karen Viggers. Oui, oui, je sais, c’est écrit sur la couv’, elle est l’auteur de La mémoire des embruns. Mais il est dans ma PAL, en train de prendre la poussière! Mais c’est quand même grâce à lui que mon intérêt est titillé par la dame!

Trois personnages principaux, trois générations différentes.
Abby, une étudiante doctorante en biologie, se réfugie dans la solitude de l’étude des kangourous dans leur habitat naturel, trop marquée par le décès de sa mère, dix ans auparavant, pour envisager des relations durables avec qui que ce soit. Elle fera tout pour avorter sa relation avec Cameron.

Daphne est une vieille dame déracinée de sa terre par le gouvernement australien. Fille et petite-fille de colons, elle pleure son passé et ses chers disparus, mais aussi une blessure et une culpabilité secrètes.

Et le troisième personnage, et non des moindres, l’Australie.
L’Australie est un pays cher à mon cœur, une partie de ma famille maternelle ayant émigré là-bas dans les années 1960. Et rien ne vaut un auteur australien pour bien parler de sa terre. Car ce roman est un hymne à la terre, aux grands espaces et à la nature, mais surtout l’attachement de l’homme à la terre.

L’Australie, un continent déclaré inoccupé par les colonisateurs britanniques dès le XVIIIème siècle… Bien pratique d’ignorer l’existence des 250 tribus aborigènes quand on souhaite s’approprier la terre d’autrui par tous les moyens, n’est-ce pas? Tiens, cela me rappelle le drame indien en Amérique du Nord… mais bon, je digresse!

Donc l’Australie, magnifique continent qui ne se laisse que difficilement apprivoiser, de part ses contraintes géographiques et climatiques, nous apparaît comme un pays encore sauvage (naaan, je ne parle pas des surfeurs!) et un sanctuaire naturel mais il n’en est rien. L’écologie se heurte à l’économie, au réchauffement climatique, aux problèmes de gestion des populations animales qui, sans prédateurs, pullulent au-delà du raisonnable, comme les lapins ou les kangourous.

L’Australie, pays qui doit, toujours et encore assumer des relations chaotiques avec les aborigènes, peuple autochtone ayant cruellement subi la spoliation de leur territoire, les expulsions, les épidémies, les violences, les massacres, le mépris, le racisme, le parcage dans des réserves, la discrimination, la ségrégation et l’enlèvement des enfants aborigènes métis pour l’assimilation forcée.

Alors si les relations humaines tissées entre Daphne, vieille dame au regard tourné vers ses jeunes années, Abby, jeunne femme paralysée par un drame intime et Cameron, ayant toutes les difficultés à abattre les défenses d’Abby, peuvent se transposer partout ailleurs dans le monde, le charme de ce roman réside bien dans ce personnage essentiel: l’Australie, sujet magnifié par le travail d’Abby, que nous apprenons à connaître, et l’évocation nostalgique des souvenirs de Daphne.

Les personnages sont attachants, chacun portant le deuil: Abby avec sa maman, Daphne avec son époux, son fils et certaines occasions manquées, Cameron avec son éducation sans affection. Les caractères sont bien travaillés et les émotions délicatement retranscrites.

L’auteur nous parle avec pudeur et finesse des relations entres « blancs » et aborigènes, peut-être trop succinctement d’ailleurs. La préoccupation écologique actuelle est aussi abordée mais avec davantage de profondeur et d’investissement.

Je suis tombée sous le charme de cette balade dans les grands espaces majestueux, cette nature, témoin de la folie des hommes, qui sans cesse s’adapte mais s’impose toujours, dans ses couleurs profondes, ses senteurs d’eucalyptus, sa sérénité et sa liberté…

Je vous invite donc pour un superbe voyage en Océanie, aux côtés de Daphne, Abby et des kangourous!

Citations…

« Parfois, ce serait bon de pouvoir revisiter le passé. Ainsi, nous saurions vraiment. Si je pouvais prendre la plume et réécrire l’histoire, je changerais des choses. Mais c’est impossible et je suis bien obligée d’accepter ce qui a déjà été écrit. C’est injuste, mais on n’y peut rien. »

« Elle comprend soudain pourquoi elle est encore ici alors que Doug a quitté ce monde. Ce n’est pas la peur de mourir qui la retient. Elle a choisi de vivre parce que justement elle est forte, parce qu’elle est capable de faire face à l’adversité, de composer avec la douleur. Tout le monde n’a pas cette forme de courage Doug ne l’avait pas. »

Note: 4/5

Blog Note 4

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6 réflexions au sujet de « Le murmure du vent – Karen Viggers »

  1. Mais enfin, arrête de me tenter tout le temps, toi !!! 😀 Je passerai mon tour, même si j’ai un gros faible pour l’Australie… Bon, je vais même sortir de suite… 😀

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