Un appartement à Paris – Guillaume Musso

Guillaume Musso - Un appartement à Paris (2017)

Guillaume Musso – Un appartement à Paris (2017)

4ème de couv’…

« L’art est un mensonge qui dit la vérité… »
Paris, un atelier d’artiste caché au fond d’une allée verdoyante.
Madeline l’a loué pour s’y reposer et s’isoler.

À la suite d’une méprise, cette jeune flic londonienne y voit débarquer Gaspard, un écrivain misanthrope venu des États-Unis pour écrire dans la solitude. Ces deux écorchés vifs sont contraints de cohabiter quelques jours.

L’atelier a appartenu au célèbre peintre Sean Lorenz et respire encore sa passion des couleurs et de la lumière. Terrassé par l’assassinat de son petit garçon, Lorenz est mort un an auparavant, laissant derrière lui trois tableaux, aujourd’hui disparus. Fascinés par son génie, intrigués par son destin funeste, Madeline et Gaspard décident d’unir leurs forces afin de retrouver ces toiles réputées extraordinaires.

Mais, pour percer le véritable secret de Sean Lorenz, ils vont devoir affronter leurs propres démons dans une enquête tragique qui les changera à jamais.

Mon ressenti de lecture…

Je suis une fidèle de Guillaume Musso depuis ses débuts! Il y a du bon, du moins bon, parfois de l’émotion à tirer des larmes et parfois juste une lecture rapide et agréable.

Un appartement à Paris fera partie de la seconde option.

Nous retrouvons Madeline Greene avec qui nous avions fait connaissance dans L’appel de l’ange. Elle est toujours un peu brute de décoffrage la demoiselle, voire malpolie et suffisante. Pas vraiment sympathique. Et elle ne l’est toujours pas à mes yeux quand pour « s’ancrer » dans la vie, elle troque la solution létale à son mal-être pour l’opposé, tout aussi égotique.

En quête de repos, Madeline se retrouve à Paris, dans un ancien atelier d’artiste, Sean Lorenz, peintre de génie décédé depuis un an, à la vie tumultueuse et tragique. Elle tombe sous le charme qui se rompt très vite lorsque un colocataire s’invite en la personne de Gaspard, auteur de théâtre misanthrope, porté sur la boisson et la solitude. Ce n’est pas le coup de foudre mais Sean Lorenz, ou plutôt son fantôme, s’invite entre les deux pour les unir dans la quête de ses trois dernières supposées peintures que personne n’a jamais vues. Cet artiste torturé par le rapt et l’assassinat de son jeune fils laissera un message posthume qui mènera notre duo aux States, sur les traces du kidnappeur et, pourquoi pas, à élucider cette affaire.

L’ensemble se lit bien, le style est fluide, ponctué de rebondissements et de réflexions.

J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié les tirades de Gaspard sur sa vision du monde et de la société, entre misanthropie et cynisme désabusé.
Tout comme les réflexions sur la parentalité: un homme qui aime peut-être trop son fils pour celui qui ne veut surtout pas d’enfant avec l’excuse que la société actuelle n’est pas parfaite, une femme pour qui aimer son enfant n’a jamais été une évidence pour celle qui en veut un à tout prix, pour trouver sa place en ce monde. Des avis abordés mais juste survolés.
Tout comme j’ai aimé le portrait de l’artiste, même un peu trop stéréotypé, dans son processus de création, ses souffrances et son existence torturée.
Car si Lorenz n’est plus, il est LE fil conducteur et un des personnages principaux du roman. On apprend à le connaître au gré de l’enquête, sa bonté, Pénélope, sa muse destructrice, son amour exclusif pour son fils, son exigence pathologique pour son art. Il est le reflet fidèle que le néophyte peut avoir sur la marginalité de l’artiste type, couplé des sentiments qui le rende attachant.

Par contre les références culturelles, entre citations littéraires et étalage de marques vestimentaires ou sur la déco sont quelque peu agaçantes! C’est, à mon sens, inutile, lourd et surfait.

Depuis L’Appel de l’ange, soit 5-6 romans, Guillaume Musso commençait à s’orienter timidement vers du thriller. Et avec Un appartement à Paris, je ne le sens toujours pas mature dans ce style. Si le tout reste agréable, il n’implique pas suffisamment son lecteur dans l’intrigue, la fin n’est tout simplement pas crédible et conclut une accumulation d’invraisemblances, comme l’effraction de l’école, l’appropriation arbitraire des toiles et j’en passe.

J’ai juste en vie de dire que l’auteur devrait se décomplexer, revenir à ses débuts ou se lâcher totalement dans le thriller. Mais à un moment donné, faut choisir car là, on navigue entre deux eaux et la nage n’est pas acquise.
Il y a du potentiel, de bonnes idées et des personnages intéressants si tant est que l’auteur puisse pimenter le tout avec davantage de profondeur à tous niveaux et moins de décorum. C’est mon humble avis.

J’ai lu ici et là que c’était le roman de la « maturité ». Absolument pas. Mais Guillaume Musso a tout en mains pour que le prochain le soit…

Citations…

« Mais à partir d’un certain degré d’horreur et de barbarie, le sens et la rationalité n’étaient plus des outils performants pour décrypter les comportements humains. »

« Qu’y a-t-il, au fond, de plus triste que de voir son âme sœur devenir son âme damnée? »

« La solitude a deux avantages: d’abord d’être avec soi-même, ensuite de n’être pas avec les autres. »

« Il se rappela la phrase d’Hemingway: « Un homme intelligent est parfois forcé de boire pour pouvoir passer du temps parmi les imbéciles. » Voilà, c’était ça. L’alcool ne résolvait fondamentalement aucun problème, mais il offrait un moyen transitoire de supporter la grande alliance de la médiocrité qui, d’après lui, avait contaminé l’humanité. »

« Le monde était rempli de casse-couilles, d’emmerdeurs de tout poil, de chieurs en tout genre. Les fâcheux, les gêneurs, les enquiquineurs faisaient la loi. Ils étaient trop nombreux, se reproduisaient trop vite. Leur victoire était totale et définitive. »

« Je suis profondément optimiste sur rien du tout.
Francis Bacon. »

« (…) il dévida un argumentaire d’un pessimisme profond quant à l’avenir de l’humanité, décrivant une société apocalyptique, asservie à la technologie, à la surconsommation, à la pensée médiocre. Une société prédatrice qui, en se livrant à l’extermination méthodique de la nature, avait pris un billet sans retour pour le néant.
Elle attendit d’être certaine qu’il en avait terminé avec sa diatribe avant de constater:
– En fait, ce n’est pas juste les cons que vous détestez, c’est l’espèce humaine dans son ensemble. »

– Vous connaissez le mot de Shakespeare: « Même la bête la plus féroce connaît la pitié. » Mais l’homme ne connaît pas de pitié. L’homme est le pire des prédateurs. L’homme est une vermine qui, sous couvert d’un vernis de civilisation, ne prend son pied qu’en dominant et en humiliant. Une espèce mégalomaniaque et suicidaire qui hait ses semblables parce qu’elle se déteste elle-même. »

« Je pense comme Brassens que « sitôt qu’on est plus de quatre, on est une bande de cons ». »

« La vie ne repasse pas les plats. Les occasions perdues le sont pour toujours. La vie ne fait pas de cadeau. La vie est un rouleau compresseur, un despote qui tient son royaume en y faisant régner la terreur par son bras armé: le Temps. Et le Temps gagne toujours à la fin. Le Temps est le plus grand exterminateur de l’histoire. Celui qu’aucun flic ne parviendra jamais à mettre sous les verrous. »

« Le noir est une couleur en soi, qui résume et consume toutes les autres.
Henri Matisse. »

Note: 3/5

Blog Note 3

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14 réflexions au sujet de « Un appartement à Paris – Guillaume Musso »

      • Je n’ai lu qu’un seul roman de Valentin Musso et je n’ai pas accroché du tout! 😮 Tandis que son frère a quand même l’avantage de briller dans le registre des sentiments et de l’émotion! 😉

      • J’ai lu un roman de Valentin et j’avais été surprise à la fin… on frôlait un peu le fantastique, il me semble.

        Bon, faudra vraiment que j’inscrive Guillaume au registres de mes auteurs à découvrir !

      • Perso, c’était La ronde des innocents, noté 2/5… c’est pour te dire! Pourtant avec le thème de la surdouance, il y avait matière… mais non! 😮 Mes efforts se concentrent sur son frère Guillaume! J’y crois encore! 😉

      • Et bien je pense que c’était le même… un gosse surdoué qui provoquait des catastrophes ?? J’avais bien aimé.

      • Ouaip c’est ça! Moi pas, je ne trouvais pas ça crédible et bien maîtrisé! J’en ai un autre de lui qui traîne, Cendres froides, je crois… Faudra que je le lise pour éliminer définitivement ou pas cet auteur de ma biblio! 😉

      • L’éliminer, comme tu y vas, toi ! Moi, quand je veux plus lire un auteur, je le donne… 😉 allez hop, je refourgue !

      • Héhé, éliminer dans le sens où je n’achète plus rien de cet auteur! 😉 Je donne les livres dont je ne veux pas. C’est très rare car j’aime mes livres mais je ne jette jamais, je donne!

  1. Merci pour cette jolie chronique, qui va m’éviter de lire ce roman, même si j’ai bien aimé Musso à ces débuts, maintenant je sais pas, cela fait longtemps que je ne l’ai plus lu.

    • J’ai toujours bien aimé Musso mais étant par ailleurs super fan de thrillers, je suis peut-être trop exigeante avec le tournant qu’il a pris! Ses romans restent tout de même très agréables à lire! 😉

  2. J’ai découvert tardivement Guillaume Musso, justement quand il commençait à faire ses premiers pas dans le thriller. Il y a des avancées mais encore un peu trop timides.
    Et ce n’est pas avec ce titre qu’il risque d’aller plus avant dans le côté obscur. Mais il n’en reste pas moins que j’ai passé un agréable moment avec ce titre.

    • Je le suis depuis ses débuts et je suis d’accord avec toi, il est encore trop timide dans son incursion dans le thriller! Mais il y a du potentiel, il a de bonnes intrigues de base. J’espère qu’il va se lâcher bientôt! ^_^

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