Du feu de l’enfer – Sire Cédric

Sire Cédric - Du feu de l'enfer (2017)

Sire Cédric – Du feu de l’enfer (2017)

4ème de couv’…

Manon maquille les cadavres, Ariel maquille les voitures.

Elle est thanatopractrice, il est délinquant.

Ils sont frère et sœur.

Un jour, l’une des combines d’Ariel tourne mal et Manon se retrouve complice malgré elle.

Lorsque les assassinats les plus sordides s’accumulent autour d’eux, traçant un jeu de piste sanglant vers une secte satanique, le capitaine Raynal s’intéresse à leur cas.

Commence alors une traque qui brouillera les limites entre alliés et prédateurs et mettra à l’épreuve les liens du sang.

Mon ressenti de lecture…

Tout d’abord, je remercie NetGalley et Les presses de la cité pour l’envoi de ce roman.
Fidèle habituée de la plume de Sire Cédric, le dernier-né est toujours très attendu chez moi!

Connaissant la plume de l’auteur et sans même lire la 4ème couv’, voir un bouc en illustration nous parle de suite! Le Diable est dans les lieux et nous ne partons certes pas pour une balade bucolique, en robe à fleurs et chapeau de paille brouté par un quelconque caprin!

Et de toutes façons, le chapitre d’introduction s’emballe immédiatement et, plein gaz, nous malmène le palpitant dans une chasse bien particulière, avec une mise à mort bien sadique et sanglante!
Nous voilà prévenus! Retenez votre souffle, c’est parti pour quelques 500 pages horrifiques et trépidantes!

En effet, Du feu de l’enfer est un thriller qui flirte avec l’horreur! Beaucoup de tortures, de morts, de sacrifices et donc de sang. Le rouge est sa couleur!

Plusieurs thèmes ont retenu mon attention: le métier de Manon, sa relation avec son frère, le thème du club secret et l’impunité des personnalités ayant pignon sur rue.

Tout d’abord son approche du métier de thanatopracteur n’est en rien morbide mais au contraire sensible, douce et délicate. Ce respect du corps humain dans la mort est le dernier hommage rendu à la vie pour apaiser la douleur des vivants. Et dans le contexte de ce thriller, le lecteur ressent d’autant plus cette quiétude quand tout autour n’est que tortures et meurtres.

J’ai beaucoup aimé également la relation entre Manon et Ariel.
Ariel est le petit frère, habitué depuis l’enfance à ce que sa grande sœur couvre toutes ces bêtises. Il est lâche, Ariel, et de mauvaise foi. C’est une jeune adulte mal dégrossi, encore enfant gâté qui tombe des nues quand les reproches tombent. Il est à claquer.
Surtout quand le lecteur est la grande sœur de quelqu’un!
L’auteur analyse finement la difficulté à rayer une personne toxique de son entourage, surtout quand elle fait partie de la famille. La valse-hésitation de Manon est agaçante mais ô combien compréhensible. Les parents éduquent l’aîné d’une fratrie à veiller sur les plus jeunes et cette responsabilité perdure souvent à l’âge adulte, même avec un sentiment de culpabilité latent.

C’est ainsi que Manon se retrouve embarquée dans ce jeu de piste meurtrier! Son existence bascule mais la douce Manon est forte, volontaire et combative.
Et elle cache un aspect plus violent et sombre qu’il n’y paraît et nous fera douter de son choix final… mais là, chuuttt…

Et si son frère se révèle être souvent un boulet, elle pourra toujours compter sur l’appui intéressé du capitaine Raynal!
Parlons-en de ce capitaine! Ou pas… C’est peut-être le personnage que j’ai le moins aimé, car trop poli pour un flic! Même s’il a un don pour énerver sa hiérarchie et sortir des clous!

Sire Cédric s’appuie sur l’existence réelle du Hell Fire Club au XVIIIème siècle dont le mot d’ordre était satanisme et débauche, rassemblant de grandes figures de l’aristocratie de l’époque, pour recréer les enfers grecs de ce « club des masques » très fermé.
J’avais déjà croisé le Baron Dashwood auparavant et l’auteur dépoussière audacieusement le mythe!
Les sociétés secrètes auréolées de leurs mystères et de leurs légendes suscitent toujours autant la curiosité des non-initiés et Sire Cédric nous offre ainsi un portrait complet de la dépravation humaine, entre adoration et personnification du mal, messes noires, tortures, violence débridée, sacrifices et, n’oublions pas, les influences corruptives supposées.
Il ne recule devant rien, avec des personnages bien vicieux qui ne connaissent aucune limite, dans des scènes particulièrement atroces, notamment les récits de tortures animales ou humaines.

Qui dit société secrète dit membres qui cultivent leur anonymat. Le lecteur rage tout au long de sa lecture devant l’impunité entourant les membres de ce club… parce que cela évoque les affaires qui fleurissent dans nos actualités, bien trop souvent étouffées quand les protagonistes mis en cause sont connus. Les influences engendrent des pressions, les pressions entraînent la corruption pour le silence ou, de manière plus expéditive, la disparition pure et simple des preuves et témoignages, voire des témoins. Et l’enfer ici a pris plaisir à se déchaîner!

Pas loin de 500 pages de stress, suspens, course-poursuite en jeu de piste et rebondissements. Aucun temps mort mais par contre les cadavres pleuvent. 500 pages pour se méfier des apparences et tomber les masques… ou pas!

Citations…

« C’était le moment où Manon intervenait. Elle ralentissait le processus du temps sur la chair inanimée. Elle rendait les morts présentables pour que les vivants puissent faire leur deuil. »

« On vit dans une drôle d’époque, mademoiselle. Les gens sont tous au bout du rouleau. Même chez les flics, ce genre de drame arrive de plus en plus souvent. On est démuni face à ça… « 

« Manon savait qu’on arrêtait pas les cauchemars.
Ni maintenant, ni jamais.
Essayer de les affronter ne faisait que les rendre plus forts.
Essayer de remonter leur piste ne pouvait que ramener aux territoires insaisissables de l’âme et à la nuit absolue, insondable, dont ils étaient issus.
Insidieux.
Instoppables. »

« Il avait toujours peur. Comme il avait rarement eu peur dans sa vie. Peur de ces individus masqués qui resteraient une menace. Peur des pentes sans cesse plus glissantes qu’empruntait son existence, et qu’il avait renoncé à essayer de remonter. »

Note: 4/5

Blog Note 4

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20 réflexions au sujet de « Du feu de l’enfer – Sire Cédric »

  1. Ah on était sur la même longueur d’ondes on dirait….Bon , chez moi, il a fini en coup de cœur!!!!;) Belle chronique!!!!!;)
    Je vois qu’on a relevé aussi la même citation…(On est connectées nous!!!;))
    Bisous.

  2. Mais vous postez en même temps, toi et Stelphique ! Bon, vous me donnez envie de me remettre à Cédric, déjà que je dois lire son avant-dernier parce qu’il a l’air plus que bien !! 😀

  3. j’ai tenté le coup plusieurs fois avec Sire Cédric ( heuuuu pas d’arrières-pensées dans ce que je viens d’écrire hein, tout charmant qu’il est. lol ) Il écrit très bien mais franchement je n’accroche pas 😦

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