Le musée perdu – Steve Berry

steve-berry-le-musee-perdu-2010

Steve Berry – Le musée perdu (2010)

4ème de couv’…

Surnommée « la huitième merveille du monde », la Chambre d’ambre a été offerte en 1716 par le roi de Prusse au tsar de Russie. D’abord installée au palais de Catherine, près de Saint-Pétersbourg, elle fut ensuite dérobée par l’armée nazie lors de l’invasion de Leningrad, transportée à Kônigsberg, avant de se volatiliser en 1945.

Cette disparition constitue l’un des plus grands mystères du monde de l’art. Malgré toutes les recherches des collectionneurs, historiens et chasseurs de trésors, elle n’a, en effet, jamais été retrouvée.

C’est à cette énigme que va être confrontée Rachel Cutler, juge à Atlanta, lorsque son père, un rescapé de Mauthausen d’origine russe, meurt dans d’étranges circonstances, laissant derrière lui les clés d’un secret qui l’a hanté toute sa vie.

Sur les traces des œuvres d’art volées par les nazis, Rachel va mener à travers l’Europe une quête à la fois historique, érudite et périlleuse qui va la conduire à affronter les nombreux mystères de la Chambre d’ambre.

Mon ressenti de lecture…

Il est des auteurs qui font partie de la famille: dès qu’un nouveau roman est annoncé, on sait qu’on va vite lui trouver une place dans notre bibliothèque, sans même avoir lu la 4ème de couv’…
Chez moi, Steve Berry fait partie de ces auteurs…

Le musée perdu n’est pas son premier roman publié mais le premier écrit, et ré-écrit pour coller à l’actualité de cet artefact mais, je dois bien l’avouer, ce n’est pas son meilleur!

La Chambre d’ambre a réellement existé mais les explications autour de sa réalité, sa description, sa disparition et des hypothèses soulevées pour la retrouver sont un peu redondantes et poussives, voire ennuyeuses. L’action peine à avancer et écorche ainsi la qualité de l’intrigue.

Je n’ai accroché à aucun des personnages présents, si ce n’est les survivants de la Seconde Guerre Mondiale qui, malheureusement, disparaissent bien trop vite de l’histoire.

Les collectionneurs, leurs émissaires sont un peu trop caricaturés à mon goût, la rivalité entre eux dépassent un peu trop la crédibilité qu’on en attend et certaines scènes d’affrontement sont sans intérêt.

Le couple d’américains qui se rabibochent lors de leur aventure européenne sont un peu plats et fades.

Heureusement que le nœud du mystère est là!

J’ai adoré le contexte du vol de la Chambre d’ambre, écho au pillage auquel se sont adonnés les belligérants de l’époque. N’avez-vous jamais remarqué que tout conflit armé ne se limite jamais à s’affronter, semer la mort et la destruction?
Non. Il s’accompagne systématiquement de la destruction de la culture d’autrui par le biais de la l’anéantissement physique des témoins de cette culture, à savoir les œuvres d’art. Sa destruction ou son appropriation arbitraire!
La spoliation des biens lors de la Seconde Guerre Mondiale est un sujet terrible et passionnant et toujours d’actualité au vu du nombre d’œuvres qui n’ont jamais réapparues depuis.
En cela, les passages abordant la passion, voire l’obsession, de certains collectionneurs, des trafics et des moyens mis en œuvre pour les chercher, les trouver, les acquérir plus ou moins légalement, pour leur seul confort ou les yeux d’autrui, nous éclairent sur le monde de l’art et ses excès, et ce, avec bonheur!

Six tonnes d’ambre sur 55 m2  de marqueterie à déménager sans dommage du Palais Catherine, de Tsarskoïe Selo, près de St Petersbourg, n’était pas envisageable aux yeux des russes. Grave erreur, les nazis, eux, l’ont envisagé et réalisé en 1941. Mais depuis… mystère… La huitième merveille du monde, objet de fantasme pour grands collectionneurs d’art, une obsession pour d’autres, a disparu!

Steve Berry explore toutes les pistes creusées et imaginées, de l’incendie du château de Könisberg (dernier lieu connu pour la présence de cet ambre) en 1945 par les troupes soviétiques à la localisation dans le complexe Wittekind en Basse-Saxe.
L’issue imaginée par l’auteur dans ce roman n’est malheureusement pas à la hauteur du mythe mais a l’avantage de son sauvetage…

Ce 4 étoiles est certainement surévalué mais, comme pour tous les autres Steve Berry, le roman a rempli son contrat avec moi: une lecture agréable, des anecdotes historiques et archéologiques passionnantes et mon âme d’enfant friande de chasse au trésor titillée. C’est tout ce que je demande!

Par contre, le choix du titre français laisse franchement à désirer, c’est à la limite de la publicité mensongère car il n’est aucunement question d’un musée perdu! Donc, je préfère de loin le titre original qui est, lui, fidèle au roman: The Amber Room (La chambre d’ambre, tout simplement!).

Une valeur sûre donc, mais pas inoubliable quand même! Je préfère de loin la série des Cotton Malone!

Citations…

« Cadavre et cristallerie précieuse s’écrasèrent au rez-de-chaussée, dans un ultime paroxysme de vacarme et de mort, beau comme les applaudissements d’un public extasié, après l’accord final d’une symphonie. »

« Soudain, comme tout ce qui est rare, elle avait disparu. »

« Les enfants ont besoin d’un père. Et lui aussi avait besoin d’eux. Tel était l’aspect le plus cruel du divorce: cette sensation qu’une famille avait tout bonnement cessé d’exister. »

« Quels que puissent être les motifs qui poussent à saccager un pays, nous devrions toujours épargner les édifices qui font honneur à la société humaine, tels que les temples, mausolées, bâtiments publics et autres monuments d’une beauté remarquable…
C’est se déclarer ennemi de l’humanité que de vouloir priver les hommes de ces merveilles de l’art.
Emmerich de VATTEL (le Droits des gens, 1758) »

« L’ambre était dur et brillant, comme de la pierre; mais pas aussi froid que le marbre. Vivant comme du bois. Couleur citron, whisky, cerise. Des couleurs chaudes. Comme illuminées par le soleil. »

Note: 4/5

Blog Note 4

 

Publicités

15 réflexions au sujet de « Le musée perdu – Steve Berry »

  1. Ah oui, Steve Berry, membre de la famille, ça me parle. On serait donc cousin(e)s 🙂 Parce que, clairement, dès qu’un Steve Berry sort, moi, j’achète et je dévore. Sachant que je suis absolument d’accord avec toi, la série Cotton Malone est clairement le « must » de cet auteur de mon point de vue.

    • Ahah! Le monde livresque est une grande famille! Bonjour cousine! Comme toi, dès qu’un nouveau titre sort, zou, dans ma bibliothèque, car il remplit le contrat à chaque fois! 🙂

  2. Bon, je dois être honnête, dans le personnage de Cotton Malone, ce qui me semble le plus intéressant, c’est qu’un « agent secret » américain puisse, en changeant de vie, devenir libraire au Danemark, spécialisé dans les livres anciens. En fait, je trouve ça rassurant… vu ce qui se passe. Ah, c’est de la fiction ? Eh bien vive la fiction… 🙂

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s