Par un matin d’automne – Robert Goddard

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Robert Goddard – Par un matin d’automne (2010)

4ème de couv’…

Fin des années 1990. Leonora Galloway entreprend un voyage en France avec sa fille Penelope. Toutes deux ont décidé de se rendre à Thiepval, près d’Amiens, au mémorial franco-britannique des soldats décédés durant la bataille de la Somme.

Le père de Leonora est tombé au combat durant la Première Guerre mondiale, mais la date de sa mort gravée sur les murs du mémorial, le 30 avril 1916, pose problème.

Leonora est en effet née près d’un an plus tard. Ce qu’on pourrait prendre pour un banal adultère de temps de guerre cache en fait une étrange histoire, faite de secrets de famille sur lesquels plane l’ombre d’un meurtre jamais résolu et où chaque mystère en dissimule un autre.

Le lecteur est alors transporté en 1914 dans une grande demeure anglaise où va se jouer un drame dont les répercussions marqueront trois générations.

Mon ressenti de lecture…

Leonora n’a jamais parlé de son passé douloureux mais en éprouve le besoin devant sa fille Penelope. D’un pèlerinage vers la fin des années 1990, elle tire le bout de laine qui videra l’écheveau de son existence. De souvenirs en révélations, les événements sont les pièces d’un puzzle qui sera enfin achevé, soixante-dix ans après…

Par un matin d’automne est une chronique familiale sur fond de Première Guerre Mondiale, entre secrets de famille, drames des combats en France, le mystère d’une naissance et un meurtre non résolu.
Même si nous sommes dans la campagne anglaise, dans un manoir élégant, compassé et cosy, ce microcosme est un panier de pommes dont une est totalement pourrie et contamine les autres, sur trois générations.
La guerre est mondiale mais nous entrons dans un huis clos d’individus qui créé un fossé entre les deux. Les zones de combat sont éloignées mais la petite vie de chacun continue, accompagnée de celle à jamais meurtrie de soldats convalescents.

Est-ce à cause de la balance déséquilibrée entre les secrets de famille, la mesquinerie d’une femme qui ne cherche que la possession de l’autre quitte à détruire une famille et l’ampleur de l’horreur de la Première Guerre Mondiale, que je n’ai pas davantage apprécié ce roman?

Est-ce ce rythme lent, parfois longuet et redondant, trop distancié, qui m’a ennuyée?

J’ai du mal à le déterminer moi-même, je dois le dire.
Un mélange des deux certainement car l’histoire en elle-même est intéressante, la plume de l’auteur est agréable.

Cet avis mitigé vient aussi peut-être de la personnalité un peu trop détachée, à mon goût, de Leonara et de la caricature de la belle-mère nymphomane mauvaise jusqu’au trognon.
Il y a ce petit manque d’émotions et de crédibilité, tout au long du récit, qui a assassiné dans l’œuf tout enthousiasme.
Cette histoire de famille est étrange, en effet, et l’auteur, a mis trop de temps à rassembler ces pièces éparpillées de puzzle pour me captiver réellement.

Par contre, j’ai beaucoup aimé les passages relatant les états d’âme des soldats meurtris par la guerre, leurs peurs, leur résignation devant la fatalité et leur courage. Les réflexions autour de la Première Guerre Mondiale sont assez justes et apportent un peu de matière à l’ensemble.

Une lecture en demi-teinte donc, mais qui ne m’empêchera pas de lire un autre roman de cet auteur! Pour voir…

Citations…

« Toute haine finissant par être réciproque, j’en étais venue à la haïr aussi. »

« (…) nous accomplissions un terrible périple vers la mort. Que celle-ci survienne soudain, sans qu’on la voie arriver, ou qu’elle nous emporte insidieusement, pendant la nuit, ou encore qu’elle fasse partie d’un massacre organisé, semblait sans importance. »

« Mauvais équipement plus mauvais commandement égalent des vies gâchées inutilement. »

« Les hasards de l’existence bousculent souvent nos intentions. »

« Je retournai donc à la guerre qui m’attendait patiemment, comme quelque bête énorme, assoupie, prête à m’enserrer à nouveau entre ses griffes. J’allai à elle de mon plein gré, presque avec soulagement. »

« (…) il s’était écoulé moins d’un mois, une durée tellement courte par rapport à la vie entière qu’il me restait pour me souvenir d’elle. »

« J’ai toujours été trop loin du rivage,
Et je ne vous faisais pas des signes de la main, je me noyais. »

« C’était un homme intelligent; sa seule erreur a été de me prendre pour un imbécile. Il faut savoir distinguer un véritable benêt de quelqu’un qui fait l’âne pour avoir du son. »

« Elle s’était laissée prendre au piège de la haine, elle qui était incapable d’amour. Et sa haine l’avait aveuglée plus sûrement que ne l’aurait fait l’amour. »

« La mort n’est jamais une solution. Elle est toujours une défaite. Pourquoi choisir la défaite? »

« C’était un homme prudent et pessimiste qui, ayant peu attendu de l’existence, s’était évité bien des désillusions. »

« Il avait choisi le moment de sa mort; privilège que la guerre lui aurait retiré et qu’il avait revendiqué dans un sursaut de dignité. »

« A mes yeux, la guerre était une grande aventure à ne pas manquer. Vous imaginez que l’on ait pu penser pareille sottise, comme je le faisais en 1914? J’étais fou … Mais quel jeune homme de vingt-deux ans ne l’est pas? La folie méritait-elle une telle sanction? Je ne le crois pas. »

« La guerre fait des centaines de morts. Des milliers de balles sont tirées chaque jour. Or nous enquêtons sur les circonstances de la mort d’un homme tué par une malheureuse balle; seulement, dans ce cas précis, nous parlons de meurtre. C’est bien cela, n’est-ce pas, un meurtre? »

« Ces myriades de noms ne doivent pas former un simple Registre de la mort.
Ils doivent constituer le premier chapitre d’un nouveau livre de la vie, le fondement et le guide d’une civilisation meilleure à l’intérieur de laquelle la guerre sera bannie. »

« Que signifiait, après tout, cet instant passé où nous aurions pu devenir tellement l’un pour l’autre? Rien… Un coin de rideau s’était soulevé sur une fenêtre qui ne s’ouvrait pas. »

Note: 3/5

Blog Note 3

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10 réflexions au sujet de « Par un matin d’automne – Robert Goddard »

      • Avec des arguments de vente pareils, je passerai mon tour !! PTDR Merci mon Black Kat, je réalise des économies 😉

      • Mon domaine d’activités n’est pas la vente, je suis une très mauvaise commerciale, je ne peux mentir! 😉

      • J’aime ça, au moins, tu es honnête, pas comme certains qui disent qu’ils ont aimé alors que non, juste pour recevoir encore des SP. Non, je n’ai pas les noms, mais je sais qu’ils existent… 😉

      • Héhé, si tu fais attention, le ton de mes avis n’est pas du tout le même quand un bouquin m’a transportée ou quand la lecture a été bof-bof… Rien que le ton me trahit! Et franchement, j’ai une PAL gigantesque et je ne cours pas après les SP (même si ça fait super plaisir quand on m’en propose!) ^_^ Et ceux qui mentent (j’ai des noms mais je ne dirai rien!) ne sont pas, à mon sens, de vrais passionnés de lecture! Franchement? Tu te vois dire à quelqu’un « ce bouquin est génial! » tout en pensant le contraire, voir la personne s’enthousiasmer sur la seule base de ton avis et acheter ce fameux bouquin! 😮 Imagine sa déconvenue et ta crédibilité qui s’écroule? 😮

      • Tu pourrais encenser un roman avec ferveur et vérité et moi, le détester ! J’ai déjà eu la blague, je n’en veux pas au blogueur, sauf s’il a dit que l’écriture, c’était byzance et que c’était du niveau d’un 50 nuances en plus médiocre que l’original ! 😆

        Oui, je sais que certains le font, mais putain, tu perds ton indépendance ! Voilà pourquoi je préfère les masses critiques chez babelio, tu peux remettre 10 avis négatif à la suite, ce n’est pas pour cela que tu seras sanctionnée.

        J’aime aussi parler de mes livres avec ferveur, bien que parfois, je ne sois pas impartiale parce que j’aime l’auteur ou les romans. Les Sherlock Holmes, ils pourraient être plus travaillés niveau société victorienne, mais malgré tout, je les adore et les porte aux nues. 😉

        Ma PAL est énorme, je refuse donc les demandes de lectures car je ne pourrais pas le faire dans les délais impartis, sauf en ce qui concerne babelio puisque je choisis, si je sais que pas le temps, ej décline l’offre de Pierre.

        Mon ton me trahi à la voix, moi… là, je ne sais pas mentir à ma mère ou à ceux qui me connaissent !

      • Oh je ne doute pas que tu peux détester un bouquin qui m’emballe! Tous les goûts sont dans la nature et heureusement! Je voulais juste dire que je ne peux pas me forcer à écrire un avis dithyrambique, celui qui me connaît trouve de suite les fausses notes! 😉 Après, pour l’impartialité sur les Sherlock pour toi, pour Lee Child par exemple pour moi, je crois que cela dépend de ce que tu attends de ta lecture et moins de la qualité d’écriture. Je veux dire par là que tu peux pardonner quelques défauts si le reste te transporte. Mais de toutes manières, ton avis n’est pas un fake tant qu’il reflète ton réel avis. Je ne sais pas si je me fais bien comprendre… Par ex, pour un Lee Child, je sais pertinemment que ce n’est pas de la grande littérature, que l’auteur a trouvé le bon filon et sait l’exploiter. Mais même en étant consciente de cela, tant que je reste scotchée au bouquin, je vais adorer! Par contre je sais être impartiale sur des auteurs que j’adore, comme Chattam par ex… je n’aime pas tout ce qu’il a écrit et ce n’est pas parce qu’il est dans mon panthéon livresque que je vais l’encenser systématiquement!
        Que ce soit SP ou pas, mon avis est honnête. Je me refuse à lécher le Q de qui que ce soit sous prétexte que je n’ai pas payé le livre ou qu’on peut m’en envoyer d’autres à la suite d’un avis. Alors ça plait, ça plait pas, je m’en fous totalement. Si un jour je me sens prisonnière des SP, j’ai une PAL que je n’écluserai pas dans cette vie qui m’attend alors bye-bye les SP, sans regret.
        Ceux qui trichent sur leurs avis recherchent certainement davantage une popularité que le partage de la passion livresque. Je les plains car ils ont certainement leur petite cour mais perdent leur indépendance, leur intégrité et crédibilité… et le plaisir de lire quelque part… C’est bien pour cela que je fuis la plupart des groupes fb d’ailleurs!

      • Oui, ce que tu dis dans le premier § est ce que je pense aussi, on est partiales pour certains, mais les autres le savent, celui qui ne sait pas que j’ai un gros faible pour Holmes ne me connait pas bien ! 😀 J’ai collé des Sherlock a des livres qui ne les méritaient sans doute pas pour d’autres, mais ils m’avaient procuré du plaisir, comme je pourrais caler un meuble avec un classique parce que j’ai pas réussi à entrer dedans (le pavillon des cancéreux). De gustibus et coloribus non disputandum !

        De toute façon, pas besoin des SP, on a des biblios publiques bien remplies de nouveautés, si on veut, ça coûte que dalle ! 😉 Bon, on ne les aura pas en avance, mais tant pis !

        Ils se sentent sans doute importants… mais je peux être importante tant que je veux, aussi haut que je veux, je ne serai jamais assise que sur mon cul !!

        Je ne lèche pas les Q non plus, même le boss le sait, les chefs différents l’ont vite remarqué et le brossage dans le sens du poil, si je dois le faire, c’est que j’ai pas le choix, mais ça sonne faux ! Mon ancien chef me disait toujours « arrête de te foutre de ma gueule ». mdr

        Par contre, j’ai un prix et si on me mettait une grosse somme sur la table, je pourrais dire que 50 nuances est un roman magnifaïk ! Oui, je pourrais, je suis corruptible, mais putain, faut aligner les zéros derrière une unité et pas mettre de virgule !!

      • Ahaha! J’aurais du mal à dire que les 50 nuances est un roman magnifaïk, même avec une grosse somme sans virgule, avec plein de zéros derrière une unité! 😮 Ou alors faut pas d’image quand je le dis, hein! 😮
        Je suis comme toi, je suis incapable de brosser dans le sens du poil pour mon propre intérêt! J’ai horreur de l’hypocrisie et je préfère de loin quelqu’un qui me dit « merde » que quelqu’un qui me prend pour une conne! Et quand je n’aime pas quelqu’un ou que je ne le respecte pas (ce qui revient souvent au même), tu le vois à mon regard et sur ma face de toutes façons!
        Pour en revenir aux bouquins, tu as tout dit: le plaisir avant tout! c’est l’essentiel! Si le plaisir est là, le bouquin est gagnant!
        J’adore le « mais je peux être importante tant que je veux, aussi haut que je veux, je ne serai jamais assise que sur mon cul !! »… comme tu as raison! 😀

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