La voie du loup – Beth Lewis

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Beth Lewis – La voie du loup (2017)

4ème de couv’…

Elka n’a aucun souvenir de sa vie d’avant. D’avant le Grand Basculement qui a renvoyé le monde à la vie sauvage et restauré la loi du plus fort. Recueillie à l’âge de sept ans par Trappeur, un chasseur solitaire, alors qu’elle errait affamée, elle a appris à survivre dans la forêt.

Mais Trappeur dissimule un horrible secret. Trappeur est un tueur. Un monstre qui n’a jamais laissé aucune proie s’échapper.

Maintenant qu’elle le sait, Elka décide de s’enfuir. Armée de son seul couteau, traquée par le prédateur qui l’a élevée, elle part vers le Nord, à la recherche de ses vrais parents.

Son voyage au cœur des ténèbres commence, hanté par les souvenirs qui lui reviennent peu à peu. Féroce et vulnérable à la fois, indomptable et sensible, Elka n’est peut-être pas celle qu’elle croit.

Mon ressenti de lecture…

Chaussez vos rangers, remplissez votre gourde, endosser votre peau de bête, nous partons crapahuter en pleine nature!

Lieu?
En Amérique du Nord, a priori, les noms ont disparu, les souvenirs se sont étiolés depuis la Grande Cata.

Période?
Post-apocalyptique, dont nous ne saurons que très peu de choses, si ce n’est que des bombes sont tombées, que de terribles tempêtes peuvent à présent se lever.
Un retour en arrière dans une ambiance de Far West, de trappeurs, de ruée vers l’or, ce métal toujours prisé, et de justice expéditive aux mains de shérifs et de marshalls.

Dans un monde retourné à la vie quasi-sauvage, c’est le règne du chacun pour soi quand la survie tient à ce que vous pouvez retirer de la terre ou l’animal que vous pouvez tuer.

Mais quelque chose n’a pas changé. Il y a toujours des assassins, il y a toujours des victimes et le commerce du sexe fait toujours fureur.
C’est avec cette constante intemporelle que nous suivons Elka, petite fille de 7 ans recueillie par un chasseur, Trappeur. Élevée à la dure et devenue jeune adulte, elle fuira l’autre visage de Trappeur, celui du serial killer, Kreagar Hallet.
Un long voyage l’attend au travers de forêts et montagnes inhospitalières si elle veut retrouver la concession de parents dont elle ne se souvient pas, juste portée par les quelques mots maternels depuis longtemps délavés sur un bout de papier.
Mais il ne sera pas de tout repos pour Elka. Le Trappeur ne se laisse pas oublier facilement. Et le Marshall Lyon traque tout autant l’un que l’autre.

Elka ne veut pas payer pour les crimes d’un autre, mais elle n’est pas toute blanche et pure non plus…

Une ambiance de Far West donc, les indiens en moins, les chevaux et les feux de bois à l’honneur, la présence de quelques objets anachroniques comme une scie circulaire ou des sachets de plastique zippés pour nous rappeler que nous évoluons dans un monde post-apo et ce retour à la nature où les dangers guettent…

J’ai aimé les passages « contemplatifs », même si le rythme du roman en est ralenti entre un démarrage nerveux et le final à bout de souffle.
Contemplation ou communion, devrai-je dire. La forêt, les paysages, l’harmonie entre Elka et les éléments, la peur de ne pas retrouver la rivière et de souffrir de la soif ou du froid, la complicité entre elle et Loup. Une sorte de parcours initiatique pour une jeune femme ayant vécu exclusivement dans les bois, loin des êtres humains, qui se doit de poser les jalons d’une nouvelle vie quand l’ancienne n’a été que mensonges.
Je suis restée sur ma faim en ce qui concerne tous les souvenirs enfouis, du temps de sa vie avec le Trappeur, barricadés dans la mémoire d’Elka qui ne réapparaissent que sur le tard pour donner davantage de suspens à la course-poursuite finale. Sans spoiler, j’aurais aimé voir une Elka agitée et contrariée par des réminiscences du passé tout au long de son périple boisé pour ajouter de l’angoisse et du doute à la traque, pour donner plus de profondeur à l’aspect psychologique de ce thriller.

J’ai beaucoup moins apprécié aussi les scènes de chasse, le dépeçage des proies et le fumage… mais bon, ce sont des aspects incontournables du retour à la vie sauvage, non? Mais bon, elle aurait pu cueillir des baies et faire de la confiture, c’est possible aussi, non?

Je suis restée frustrée par le manque de détails de ce monde post-apocalyptique, un aspect quasiment absent un peu gênant pour une fan comme moi.

J’aurais aimé aussi (oui, je sais, je suis chiante!) que les personnages de Lyon et du Trappeur soient davantage fouillés, ils traversent trop souvent fugitivement l’histoire tels des fantômes. Tout comme Loup, d’ailleurs…

Mis à part ces petits détails, l’ensemble est bien construit et addictif. Le lecteur a envie de connaître le destin d’Elka, entre sauvageonne illettrée et jeune femme qui « n’aime pas les embrassades ». Sa rencontre avec Penny, une jeune femme en détresse, est magistrale, ou quand l’eau et le feu se rencontrent! Cette belle histoire d’amitié est un trait d’union entre nature et ville, entre deux styles de vie opposés mais dont les meurtrissures sont pourtant un ciment solide à un bout de chemin commun et donnent lieu à quelques scènes légères rafraîchissantes!

C’est un premier roman, avec quelques maladresses et lacunes mais c’est une belle aventure!
Faites attention tout de même au lancer de couteau mortel et aux collets posés dans les fourrés.
Et si vous évitez les pièges, venez vous réchauffer au coin du feu et vous saurez si Elka suivra la voie du loup ou de Loup… Peut-être…

Citations…

« Des choses pires que les loups rôdent dans le noir. Pires que moi. »

« La vie est ce qu’elle est, et seul compte le présent. »

« Je n’aurais pas dû m’enfuir, je le sais. Comme je sais que le ciel est bleu et que la neige est froide. »

« Je n’aime pas beaucoup les routes. C’est des chemins tout tracés que tu suis sans discuter. Toute ma vie, j’ai respecté deux types de règles: celles de la forêt et les miennes. L’une de ces règles est: ne pas se fier à la voie de quelqu’un d’autre. Ça vaut autant pour les sentiers bien réels creusés dans la terre que pour les détours empruntés au cours de l’existence. Les gens imitent souvent leurs parents: ils répètent leurs erreurs, ils éprouvent les mêmes joies et les mêmes peines. Aucun arbre ne peut grandir là où pousse sa maman. »

« Les hommes ont une sacrée faiblesse: quand ce n’est pas leur arrogance, c’est ce qui pend entre leurs jambes. J’y ai donné un grand coup de genou. »

« La nature continue tant qu’il lui reste de la force dans les muscles et les os. Elle ne renonce pas – et moi non plus. »

« La nature cherchait à m’aider à survivre dans le monde des hommes, et j’aurais dû l’écouter avec plus d’attention. Ces choses obscures en moi m’empêchaient de voir la vérité. L’orage me prévenait de ce qui m’attendait de l’autre côté de ce lac, mais mes démons me bouchaient les oreilles. »

« J’ai examiné d’un œil méfiant ce que m’offrait la nature, tout en gardant à l’esprit qu’elle ne faisait jamais de cadeaux. »

« Il y a des choses que certaines personnes connaissent et d’autres pas, mais tout le monde doit apprendre un jour. »

« Les souvenirs ne sont les amis de personne. Ils te montrent toutes les bonnes choses que tu as connues, toutes celles que tu as perdues, et ils t’empêchent d’oublier toute la merde entre les deux. »

« Une femme comme elle dans une ville comme celle-là, c’est comme de l’eau glacée pendant une sécheresse. Tout le monde en veut une gorgée, mais personne n’a envie de partager. »

« J’imagine que les personnes qui nous sont les plus proches restent parfois des étrangers. »

« Dans la nature, il n’y a pas de place pour le mensonge, sauf quand les humains apportent les leurs. Tu n’es jamais déçu, les choses sont ce qu’elles sont. Un pin sent le pin. »

« J’aimais l’hiver, à cause du silence, de cette sensation qu’on a en se pelotonnant près du feu, avec une excuse valable pour remettre à plus tard certaines corvées – personne ne va chasser dans deux mètres de poudreuse. »

« Ce n’est pas un monstre. Les monstres, ça n’existe que dans l’imagination des gamins, sous les lits ou dans les armoires. On vit dans un monde d’hommes, et ça ne sert à rien de les appeler des monstres, à part les encourager à croire qu’ils n’ont rien fait de mal, que c’est dans leur nature et qu’ils ne peuvent rien y changer. En les traitant de monstres, on en fait quelque chose de différent de nous, alors que ce sont juste des hommes – de la chair, des os et du sang. Ils font le mal, ça ne change pas ce qu’ils sont. »

« À moi d’empêcher la lumière de s’éteindre pour qu’elle continue à garder les ténèbres à l’écart. »

« Tu as suivi ma voie, la voie du loup, toute ta vie. Tu t’es fait les griffes et les dents sur mes talons, avide de tout ce que je pouvais te jeter ou t’apprendre. Et tu n’as pas eu affaire à un avare. Je t’ai donné tout ce dont tu aurais besoin pour marcher à mes côtés. »

« Un loup en captivité montrera les dents et cherchera à mordre jusqu’à ce qu’il recouvre la liberté, mais, une fois dehors, il suivra son propre chemin dans la neige. »

« Chaque homme ou chaque animal qui survivait aux tempêtes en ressortait plus féroce et beaucoup plus difficile à tuer. Vivre vieux était devenu rare. De nos jours, on a le visage flétri et ridé à un âge où, avant, on avait la peau lisse. Les gens meurent sous des averses de grêle ou à cause de la sécheresse, au lieu de succomber à des maladies invisibles ou à des bombardements. La nature n’est plus amicale, mais au moins, aujourd’hui, on sait à quoi s’en tenir. »

« Ç’a été la pire nuit de toute ma vie. Peu importe ce qui m’est arrivé par la suite. Peu importe toutes ces choses horribles. Je n’ai rien connu de pire que cette nuit. Pour la première fois, je comprenais qu’on est seul au monde. D’un moment à l’autre, on peut se retrouver sans rien; être bien au chaud dans sa maison, avec sa famille, puis plus rien. Emporté par la tempête et abandonné au milieu de nulle part. »

Note: 4/5

Blog Note 4

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18 réflexions au sujet de « La voie du loup – Beth Lewis »

  1. C’est vrai que certaines scènes d’enfance supplémentaires auraient été les bienvenues. Par contre, non, pas de baies. 😉 Elka est presque carnivore. Elle ne jure que par la viande… Et… plus encore… Bref.
    Idem, j’aurais souhaité plus de détails sur le monde post apo et sur Loup que l’on ne voit que furtivement.
    Malgré ces petites déceptions, j’ai adoré cette lecture. On est effectivement happé(e) par l’intrigue.

  2. Ah, pas encore eu le temps de le lire ! Mais je vais y remédier incessamment sous peu, suffit juste qu’on me paie à rien foutre… 😆

    Si elle avait fait des confitures avec des baies, ça l’aurait pas fait… Tout de suite, ça fait plus vie sauvage quand tu dépèces un animal… Plus réaliste que les confitures, même si les confitures, ça donne pas envie de gerber ! 😆

    • C’est mon côté « protection animale » qui hurle! Même si je sais très bien que nécessité fait loi! :p Et puis c’est nécessaire pour l’intrigue, tu verras! 😉 Je suis désolée, je n’ai pas d’emploi fictif pour toi, tu ne t’appelles pas Péné! 3:)

      • Non, moi c’est Béné… j’y suis presque, tu me diras et un dyslexique pourrait confondre les P et les B… (je ne fustige pas les dyslexiques, hein !! Me moque pas non plus ! Je dis ça parce qu’on ne sait jamais qui nous lit et qui pourrait comprendre de travers).

        Mon côté protection animale hurlera aussi, t’en fais pas… 😦

      • Sûrement puisqu’ils sont avocats, maintenant ! Il avait même parlé de son fils engagé pour préparer la campagne présidentielle dernière, mais ensuite, rétro-pédalage, le Sarko pas content car ces dépenses ne se retrouvaient pas dans les comptes de campagne !! Putain, avant de mentir, réfléchit un peu !! Sacré Fifi va qui pense encore qu’on est fâché sur lui pour l’engagement de sa famille… Et FR2 qui ressort l’intégralité du reportage de la femme à Fifi où elle disait vivre à Paris et à avoir du mal à s’occuper de ses chevaux… tiens, lui il disait qu’elle était toujours à Sarthe !!!! OUPS

      • Avec un enchantement qui mène à ton blog en plus ! Je m’incline !
        Mais pour le moment je suis victime d’un autre envoûtement, celui de Laurent Scalèse ! Son dernier roman m’a emprisonné, j’ai du mal à en lever le nez !
        Bonne lecture 😉 Bisessss

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