Churchill m’a menti – Caroline Grimm

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Caroline Grimm – Churchill m’a menti (2014)

4ème de couv’…

C’est une histoire vraie et oubliée.

Celle de l’île de Jersey, abandonnée par Churchill en juin 1940, envahie par les Allemands deux mois plus tard.

Comment vont survivre les habitants de l’île livrés à l’ennemi?

Pour qui les nazis font-ils construire les seuls camps de concentration de l’Europe de l’Ouest?

Des centaines de Français y seront déportés.

Pourquoi Churchill n’en a-t-il jamais parlé?

Ces années de lutte, Caroline Grimm les raconte en suivant le quotidien palpitant de personnages qui n’ont eu d’autre choix que de collaborer avec l’ennemi ou de résister.

Mon ressenti de lecture…

Les îles anglo-normandes sont minuscules, ne sont pas des sites névralgiques au sein de la Seconde Guerre Mondiale.
À ce titre, en Juin 1940, Churchill décide de les démilitariser et de les déclarer îles ouvertes.
Il y a bien quelques familles qui ont rejoint le continent, mais peu.
Les îliens se pensaient en sécurité.
Ils ont eu tort.
Les allemands débarquent, occupent les îles, construisent des camps…

L’existence de cette occupation sera longtemps occultée, niée, effacée de l’Histoire. L’Histoire est écrite par les vainqueurs dit-on, Churchill ne pouvait décemment pas admettre qu’une poignée d’îles, opportunément refilées aux français sur une simple carte, aient été occupées. C’eût été écorné l’image de son pays! Aucun ennemi n’a mis durablement pied sur la terre britannique depuis 1066… bin voyons!

Mais la vérité ressort toujours.
Et ce roman en est la preuve.
Basé sur des faits réels, avec références en bas de page, les témoignages romancés de ces îliens abandonnés de tous sont un condensé des réactions que tout civil subissant l’occupation de ses sols a pu avoir.
Certains ont résisté, certains ont fuit, certains ont collaboré « de force » et d’autres avec le sourire, sensibles à la propagande de l’ennemi.
Le lecteur suit plusieurs personnages, certains attachants et d’autre détestables. Certains qui souffriront beaucoup plus que d’autres…

Ce roman a le mérite de lever le voile sur un chapitre historique longtemps ignoré mais, à mon sens, est trop court pour réellement ressentir une réelle empathie et le poids des souffrances endurées par ces personnes. Trop de personnages pour illustrer ou la pute à bosches, ou le politique collabo, ou l’ancien combattant, ou le déporté, ou le juif; et pas assez d’émotions et de réflexions pour réellement prendre le lecteur aux tripes.
Il y avait matière à écrire un bon pavé, en creusant et enrichissant davantage la psyché et le parcours de ces acteurs. Pour ma part, l’essentiel a été rapporté avec les références historiques à certains événements, mais à trop vouloir en faire, l’auteur est resté en surface. Et c’est dommage.

Ce roman est intéressant pour la mise en exergue d’un moment méconnu de la Seconde Guerre Mondiale mais le manque de profondeur accompagnés de personnages quelque peu stéréotypés fera qu’il sera malheureusement vite oublié…

Citations…

« Je suis un mort-vivant. Qu’est-ce qui est vivant, qu’est-ce qui est mort?
C’est vivant autour de moi, mort à l’intérieur. »

« Les disparus ne sont plus, pertes et profits, on fera les comptes plus tard, ou plutôt nous ne ferons jamais les comptes, on a tous trop à y perdre, une réputation, un honneur, une dignité, une fierté. »

« Les rapports humains ne se réduisent qu’à des rapports de force…. Je viens seulement de comprendre le sens du mot « hiérarchie »: le pouvoir d’humilier. La hiérarchie n’est pas verticale, elle est un cercle vicieux…. Humilier déclenche la haine… Un peuple humilié est un peuple rendu bête, haineux, manipulable, docile. L’Allemagne est un peuple humilié devenu fou par son besoin d’humilier l’autre. »

« De tous côtés des cris de douleur, des cris de peur, des yeux agrandis par la terreur et la souffrance. C’est donc ça, la guerre. C’est donc ça, l’enfer. »

« Je n’ai pas peur pour moi. Je n’ai pas peur de mourir, au pire il n’y a rien, au mieux j’irai rejoindre mon frère et peut-être mon père. »

Note: 3/5

Blog Note 3

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10 réflexions au sujet de « Churchill m’a menti – Caroline Grimm »

  1. Je suis heureuse d’en apprendre plus sur l’Histoire, et dommage que tu dises que les personnages étaient stéréotypés et que tu mettes en avant le manque de profondeur, sinon, je l’aurais coché ne fut-ce que pour en savoir plus sur ce que je ne savais pas.

    Mais heu, c’est pas ta faute, hein !! 😀 Au moins, je me coucherai moins bête et je pourrai explorer le sujet une autre fois avec un autre « livre » 😉

    • Je trouve aussi que c’est dommage car l’auteur tenait un sujet vraiment original! Mais du coup, ça sent le bâclé: je te colle quelques dates, quelques perso, à chaque perso, une réaction différente, on mélange le tout et paf, ceux qui ne sont pas mordus d’Histoire se font prendre au piège… Mais je suis folle d’histoire et me balancer quelques miettes ne rassasie pas ma faim de connaissances! 😉 Mais attention, il se laisse lire très agréablement quand même! 😉

      • J’aime quitter la table avec mon ventre bien rempli, et mon cerveau aussi ! Donc, si j’aborde ce roman, je veux en avoir pour mon argent et remplir mon petit cerveau vide ! Je serai donc comme toi, affamée ensuite.

        Je vais tenter de trouver autre chose à un moment où j’aurai le temps, c’est à dire quand je serai pensionnée ! mwarf mwarf mwarf

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