Aimer et laisser mourir – Jacques-Olivier Bosco

Jacques-Olivier Bosco - Aimer et laisser mourir (2012)

Jacques-Olivier Bosco – Aimer et laisser mourir (2012)

4ème de couv’…

On dit d’Amanda qu’elle est la femme de tous les hommes…

On dit du Maudit qu’il a dormi dans le lit du diable…

Entre eux deux, et face au monde de dingues qui les entoure, ça sera à la vie, à la mort…

Partis délivrer la sœur d’Amanda séquestrée par un réseau de proxénètes de l’Est, ils vont s’unir, s’aimer, se combattre et affronter le mal absolu, celui que tous surnomment Le Boucher!

Des cartels de Bogotá aux sinistres fermes des environs de Zagreb, des palaces de la côte aux clubs VIP des beaux quartiers parisiens, l’amour sera passionnel, la guerre totale, l’épopée sanglante, les corps cabossés et les âmes meurtries…

Mon ressenti de lecture…

Aimer et laisser mourir est le troisième roman publié de Jacques-Olivier Bosco, après Et la mort se lèvera et Le cramé. Et justement, dans ce thriller, nous retrouvons le personnage de son tout premier, Le Maudit, mais à une époque antérieure aux événements de Et la mort se lèvera.

J’avais déjà craqué pour le Maudit, alias Lucas Murneau, niçois trentenaire expatrié en Amérique latine suite à un assassinat commis en France et qui devient une légende en qualité de tueur à gages et homme de main. Un homme qui aime lire, taiseux, terriblement efficace dans son métier, mais avec des principes et du cœur, séparé d’une petite fille restée en France.

Dans ce thriller, il est victime d’un coup de foudre pour Amanda, superbe call girl au passé chaotique, embarquée dans une vengeance qui risque de coûter la vie à sa petite sœur, enlevée et aux mains de terribles proxénètes croates.

Le Maudit a accepté un contrat, un contrat dont personne ne veut, pour éliminer un très gros ponte d’un cartel péruvien, le Crevard. Mais la vengeance de la famille risque bien de mettre rapidement un terme à sa propre vie. Quand on est plongé dans le Milieu, les services rendus ne sont jamais gratuits, les dettes d’honneur sont à honorer sinon…
C’est ainsi que Lucas se retrouve mêlé, à son corps défendant, aux affaires d’Amanda. Trafic de drogue ou proxénétisme, lequel sera le plus dangereux?

Les sentiments sont-ils possibles quand la passion aveugle ses deux forces de la nature, quand histoire de cœur et business sont mélangés?

Encore une, que dis-je, des intrigues menées tambour battant dès la première page!

J’ai beaucoup aimé le personnage d’Amanda, femme de tête, « sacrifiant » son existence pour que celle de sa jeune sœur soit plus joyeuse et sereine, exerçant le plus vieux métier du monde car elle prend conscience très jeune que son pouvoir absolu réside dans la plus grande faiblesse des hommes, le sexe.
Mais peut-on faire commerce de son corps, être traitée comme un objet, sans y perdre son âme?
Je suis admirative devant la réflexion juste et réelle que l’auteur a su glisser derrière les a priori et les clichés d’une profession peu reluisante, pour rendre Amanda complexe, vraie et émouvante.

Jacques-Olivier a le talent de mettre en scène des personnages clairement en marge de la Loi mais terriblement attachants par leur éthique, leur morale, leur code de conduite dont beaucoup de ceux qui ne sortent jamais des clous feraient bien de s’inspirer! C’est ce qui rend ses romans diablement addictifs.
Car nous avons de l’action, beaucoup d’actions… souvent répréhensibles, le sang coule, la tôle se froisse, les murs explosent… mais toujours sur un fond d’humanité profonde. Et c’est excellent!
Ah ça, c’est sûr que nous rencontrons aussi des pervers tordus, violents, abjects bien incurables, qui ne méritent que leur disparition totale!
Ah ça, c’est sûr que la femme n’est pas toujours sur un piédestal, surtout quand la prostitution ou le machisme sont présents! Mais, en tant que femme prompte à se rebeller contre les diktats masculins et lectrice, je dois dire que l’auteur ne tombe jamais dans cet extrême qui provoque une réaction épidermique d’envie de meurtre sur sa personne! ^_^

Aimer et laisser mourir aborde le sujet, par le biais d’Amanda, des réseaux de prostitution européens, avec la chair fraîche issue des pays de l’est et les horreurs sadiques subies par ces pauvres filles, avilies, violées, droguées, battues au moyen de méthodes barbares.

Et par les contrats du Maudit, c’est le trafic de drogue et la corruption en Amérique latine qui est mis en avant.

Et non seulement cela, le lecteur est plongé au cœur de la guerre que se livrent les trafiquants! En Europe, notamment à Paris, ce sont les corses qui n’entendent pas se faire marcher sur les pieds par les croates ou les albanais. En  Colombie, on connaît parfaitement les guerres et corruption orchestrées par les cartels, les bandes de narco-trafiquants flirtant avec le gouvernement, et colombien, et américain.
Je dois dire que le sourire ne m’a pas quittée durant les passages avec les corses car la connaissance de la culture et de la mentalité de ces personnages vont bien au-delà, à mon avis, de la simple documentation! 😀

Des thèmes très riches et documentés donc, dont les infos sont distillées au fil de l’intrigue, habilement et sans aucune lourdeur. Que demander de plus? On s’informe de ce qu’il se passe dans les recoins les plus sombres de notre société par le biais d’un thriller trépidant et nerveux, avec des personnages de cœur!

Ce thriller nous fait voyager et nous fait trembler, au rythme de plusieurs intrigues riches et denses qui s’imbriquent au fil de l’action, sans jamais nous perdre en chemin. Le suspens nous tient en haleine jusqu’à la fin.

Bref, encore un roman que je n’ai pas pu lâcher avant la fin! Des six romans, à ce jour, de cet auteur, tous sont excellents alors, bien entendu, j’en conseille vivement la lecture car
si Lucas est le Maudit, JOB est sûrement… un Diable livresque super dangereux!

Citations…

« Ces hommes venaient tous de la même région, du même pays, unis par la haine des Serbes et des Occidentaux, unis par leur rusticité et leur duplicité, du sang de brigand coulait dans leurs veines. Ils avaient toujours fait le mal pour survivre. Et ils n’étaient pas près de s’arrêter. »

« Une chose était sûre, pour en arriver à un tel point de brutalité naturelle et de sadisme, ces hommes avaient, ancrés au fond d’eux, une rusticité animale, un mépris de l’autre génétique, bref, une cruauté sauvage qui les rendait extrêmement dangereux.
Des bêtes. »

« Chez lui, c’est « le Crevard », ce gars est une vraie pourriture avec ses hommes, il n’a pas d’amis, enfin, il n’a plus d’amis: il les a tous tués. »

« Ces personnes ne recherchaient pas seulement le sexe, elles voulaient aussi sa compagnie, son humour, sa gentillesse et sa curiosité, sa discrétion et sa malléabilité, car nombre des grands de ce monde étaient maniaco-dépressifs, schizophrènes ou paranoïaques. Vivant au-dessus de tout, il fallait bien qu’ils se créent des problèmes. »

« Dans leur milieu, à moins d’avoir été élevé avec le même lait ou les mêmes coups de pied au cul, il n’était pas courant de s’entraider par estime. Cela créait plus de problèmes qu’autre chose. »

« J’ai préféré y aller mollo, pas par crainte, non, par prudence. Si je dois niquer un mec, il vaut mieux que je sache où se trouve son trou de balle. »

« Les fermes déménageaient, les filles disparaissaient, mais les hommes restaient. Et Amanda avait appris une chose, grâce à son mentor: nul n’est intouchable. Le pouvoir, c’est l’argent. L’argent achète des hommes, des renseignements, des spécialistes. Il y en a pour tout. »

« Lucas sentit son corps devenir de glace. Il était présenté en tant qu’homme de main, en tant que tueur, et cela lui brisait l’âme. »

« Ils y avaient leur femme, leurs enfants, leur maison, de braves pères de famille. Sauf que, passé le portail de la sombre ferme, ils devenaient des monstres. Ils parleraient de « la force de l’habitude », du qu’ils ne considéraient plus, à la fin, les filles comme des êtres humains, plutôt comme des animaux à dresser. À dresser à obéir, principalement. »

« Les méthodes, invariables, étaient millénaires. Viols, pour commencer, ce qui constituait l’avilissement le plus profond pour une femme, viols à répétition, histoire de montrer que cela ne s’arrêtait jamais, que cela ne s’arrêterait jamais. Puis des coups, en permanence, des coups (…). Ce traumatisme était de ceux, indélébiles, qui les poussaient à l’anéantissement: la peur permanente, la peur de l’autre quel qu’il soit. »

« Pas de sommeil, peu de nourriture, jetée à même le sol, l’humiliation constante et surtout, l’empreinte, comme marquée au fer rouge, que vous leur apparteniez. Que votre vie, vos proches, votre corps, votre intimité et vos paroles leur appartenaient. »

« Un coup de chiffon, comme on enlève des mots écrits sur la buée d’une vitre, et l’on regarde au travers, sachant que ces mots ne reviendront jamais, déjà obnubilé par la vie qui défile de l’autre côté. Par quelque magie, il arrive qu’ils réapparaissent, lorsque le temps s’humidifie de nouveau. Lucas vivrait avec, quoi qu’il fasse, il avait un poignard planté dans le cœur. Il le sentait, il suffisait de ne pas y songer. Il vivrait avec, jusqu’à la fin de ses jours. Avec ce poignard. Planté dans le cœur. »

« Ce surnom, plane encore, là-bas, dans l’esprit des paisanos. Dans leurs cauchemars. Lorsque, au plus profond de la nuit, retentissent à nouveau les cris de terreur et de douleur des victimes, montent les flammes et l’odeur de chair brûlée, alors que dans le regard de l’homme aux yeux verts, flambent les feux de l’enfer. On l’appelait le Maudit. »

Note: 5/5

Blog Note 5

Et retrouvez sur mon blog, mon avis sur:

Et la mort se lèvera (2010)
Le cramé (2011)
Quand les anges tombent (2014)

 

Et la bibliographie de Jacques-Olivier Bosco!

Photo-Jacques-Olivier-Bosco

 

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4 réflexions au sujet de « Aimer et laisser mourir – Jacques-Olivier Bosco »

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