Sphinx – Christian Jacq

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Christian Jacq – Sphinx (2016)

4ème de couv’…

Ils sont neuf.

Neuf représentants d’une confrérie mystérieuse dénommée Sphinx.

Neuf détenteurs des secrets de la vie, disséminés à travers le monde.

Neuf condamnés à mort par les nouveaux maîtres de la technologie, adeptes de l’argent-roi, dont l’objectif fait froid dans le dos: la prise de contrôle définitive du cerveau humain par les machines.

Depuis New York ces derniers ont engagé une traque implacable pour éliminer, un à un, les membres de Sphinx.

C’est compter sans la détermination d’un journaliste écossais, Bruce Reuchlin, redoutable enquêteur, prêt à prendre tous les risques pour déjouer leur plan diabolique.

Pour Bruce, désormais, chaque pas est un danger de mort. Plus il avance dans son enquête, plus la question l’effraie: qui gouverne vraiment notre monde?

Mon ressenti de lecture…

Je suis dans une mauvaise période d’appétit de lecture. J’en prends un, je lis une page, je le repose, j’en change et… rebelote… Le léger m’agace, le lourd me prend la tête, donc pas simple! Et puis le Sphinx me faisait peur…
Avec Christian (oui, oui, je me permets de l’appeler Christian parce que notre histoire dure depuis plus de vingt ans!) j’étais habituée à ses recueils sur la culture et la sagesse des égyptiens du temps des pharaons et, bien évidemment, à ses sagas égyptiennes.
Avec la 4ème de couv’ de Sphynx, j’ai eu peur! Oui j’ai eu peur, je l’avoue, que Monsieur Christian Jacq (là, c’est le respect qui domine davantage que notre histoire ancienne) ne soit pas à la hauteur d’un thriller comme je les aime.

Et si vous êtes habités également par cette frilosité, je suis très heureuse de vous détromper!

Si de très nombreuses références à l’antiquité égyptienne ne laissent pas le lecteur en terrain inconnu, l’auteur nous offre un thriller palpitant d’actualité, avec, en ouverture, notamment, la destruction des monuments historiques de Palmyre par DAESH.

Et s’il nous avait habitué à une sagesse optimiste, avec Sphinx, c’est un constat sombre de notre société actuelle, gouvernée par les groupes d’influence « secrets » qui contrôlent (ou « influencent fortement » pour les plus naïfs d’entre nous!) l’ensemble des gouvernants des pays du monde par le biais essentiellement du nerf de la guerre: l’argent.

Le duo formé par Bruce, écossais un poil bourrin mais enquêteur hors pair n’ayant pas froid aux yeux, et Mark, héritier d’un empire aux manières plus policés, n’est pas sans évoquer le célèbre tandem Lord Brett Sinclair/Danny Wilde d’Amicalement votre, excellente série TV des années 70. Je ne vous offre pas un scoop, je ne suis pas la première à le dire mais au moins la référence est parlante!

Avec eux, nous sommes confrontés aux mêmes problèmes que chacun d’entre nous est amené à rencontrer: privilégier sa vie perso quitte à fermer les yeux sur les grands desseins mafieux des lobbies et des dirigeants sous prétexte que le combat « David contre Goliath » est perdu d’avance, ou refuser la soumission et se battre par tous les moyens pour être le grain de sable dans le rouage parfaitement huilé du monde corrompu et matérialiste qui est le nôtre quitte à y perdre la vie.
Le simple quidam, le journaliste intègre et fouineur ou même un empire industriel et financier ont-ils des chances de réussir à contrer l’inéluctable qui nous attend ici-bas? Le cours du destin peut-il être changé?

Préparez donc vos passeports Mesdames et Messieurs car nous allons sillonner le monde! Le rythme est donc trépidant, le suspens est haletant alors que le dernier rempart contre la chute de l’humanité est en grand danger, l’espoir s’amenuise au fil des assassinats…
Le vainqueur de la bataille de la spiritualité et des valeurs morales de l’humanité contre les maîtres du Monde, à savoir l’argent, la domination et le pouvoir est-il si évident?

Le final de ce roman me laisse un sacré goût amer en bouche… Mais si Christian Jacq ne joue pas la carte du happy end, tout espoir n’est pas mort: Il est encore temps peut-être de sauver le Sphinx, qu’en pensez-vous?

Citations…

« Après la destruction des statues conservées au musée de Mossoul, du monastère et de la bibliothèque des Dominicains, Khaled avait eu la naïveté de croire que la fameuse « communauté internationale » protégerait Palmyre.
Espoir déçu.
Palmyre, c’était nulle part; et personne n’avait envie de mourir pour nulle part. »

« Deux choses sont infinies: l’univers et la bêtise humaine. Mais pour l’univers, je ne suis pas encore complètement sûr. » Albert Einstein

« Bruce détestait l’air du temps et le mauvais sens qui avait remplacé le bon. »

« Impossible de vaincre des fanatiques pour lesquels la mort était une bénédiction. »

« Le lendemain… Pour lui, existait-il encore? Y renoncer, c’était subir la loi des ténèbres. »

« De nos jours, il n’existe qu’une succession de mensonges plus ou moins grossiers. Sans eux, pas de politique possible. »

« – Sur l’estrade, y a les comédiens qui nous gouvernent. Moi, ceux qui m’intéressent, ce sont le metteur en scène et l’auteur de la pièce.
– Autrement dit, qui gouverne réellement et dans l’ombre? »

« – Vous avez une vision simpliste de la réalité. Le Mal, le Bien…
– Les intellos appellent ça le manichéisme, et c’est très mal vu, même avec une loupe. Je sais: le blanc et le noir n’existent pas, il n’y a que le gris. (…) »

« Vu de Chine, trois types de gouvernants cohabitent : les imbéciles, les menteurs et les manipulateurs. Nous, nous savons que la bêtise mène le monde; et plus le nombre d’humains augmente, plus la stupidité règne. Et comme le présumait Einstein, elle est l’unique ressource inépuisable. Pourquoi ne pas l’exploiter? »

« Et pour qu’un Écossais et un Anglais se vouent fidélité à la vie à la mort, il fallait un bon milliard d’atomes sacrément crochus. »

« Ils s’engueulaient à mort et s’aimaient à vie. »

« Avoir une haute opinion de soi, mais croire aussi qu’on est, comme tous les hommes, totalement insignifiant, et ne pas oublier que chacun se réduit à la marionnette de son destin: ce précepte de Churchill, Saint-John l’avait enseigné à son fils lors de son dernier anniversaire, dans une isba, au fin fond de la Sibérie. »

« Emporté dans un tourbillon, Mark ne contrôlait plus rien, et il détestait ça; il ressemblait à un boxeur aux mains liées derrière le dos, face au champion du monde des poids lourds. Il ne lui restait que l’esquive, mais il ne renoncerait pas à se battre. »

« Et si tu perds la guerre, préserve ton honneur. »

« (…) se croire vainqueur à vie causait une mort subite. »

« La parole est un bien précieux, affirmait Saint-John, il ne faut pas la gaspiller. Les bavards sont des arbres secs. »

« Quand il jouait arrière et portait le ballon pour courir à l’essai, Mark s’était souvent heurté à deux défenseurs. Soit percuter, soit contourner, mais toujours être plus rapide. Cette fois, mieux valait botter en touche en espérant un meilleur moment. Car ces deux complices possédaient des cartes dont il ignorait la valeur. »

« Isis, la déesse de la Résurrection, qui est devenue Islamic State of Irak and Syria, autrement dit l’État islamique que certains appellent Daesh pour éviter le mot « Islam ». Le plus embêté c’est le groupe californien Isis Pharmaceuticals qui doit changer son nom en Ionis. »

« – Un journaliste décapité en direct, ce n’est pas gênant?
– Les gens s’indignent entre dix secondes et une minute. Maintenant, ils sont habitués. »

« Mark ne ressemblait-il pas à un poisson affamé obligé de gober l’appât, tout en sachant que l’hameçon le tuerait? »

« L’Europe, c’est la tour de Babel. Nous n’avons pas eu tort d’en sortir. Quand elle s’écroulera, le Royaume-Uni ne sera pas sous les décombres. »

« Quand on a les États-Unis, l’Union européenne et la croissance exponentielle de l’Islam sur les épaules, on n’a plus le temps de rêver. »

« Comme l’indiquait le Tao : « Lorsque le chef est inexact, le peuple devient fautif. » »

« À partir d’une certaine somme, même les élus de Dieu retenaient leur sabre. »

« Nous gagnerons cette guerre, parce que nous aimons la mort plus que vous n’aimez la vie. »

« Quand on sait pourquoi on meurt, on continue à vivre. »

« Noyée dans le progrès technique, la montée des fanatismes et l’inexorable déclin de l’Esprit, l’humanité n’avait plus d’autre idéal que son propre cancer. »

Note: 5/5

Blog Note 5

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22 réflexions au sujet de « Sphinx – Christian Jacq »

    • La rupture est claire et nette! Snifff! Versons une petite larmichette! :p Tant pis pour toi car c’est totalement différent des sagas égyptiennes! 😉 Un petit retour de flammes? Non? 😮

      • Arrêtheu !!! Ne me soumets pas à la tentation, ne me soumets pas à la tentation….

        C’est VRAIMENT différents de ses romans égyptiens où les trames étaient toujours les mêmes ???

        Mais punaise, fous-moi à la porte de ton blog !!!!

      • Soumets-toi ô Belette! 😀 Sérieux, si tu as lu mon avis, tu sais que j’avais vraiment peur de lire ce bouquin, pas envie de retrouver un énième copier-coller de Ramsès! Mais j’ai vraiment lu un thriller énergique, nerveux, trépidant, moderne et tout et tout… et pas de morale positive à la fin… Sérieux, je l’ai dévoré! Alors? 😉

      • Naaan ne me quitte paaaas! 😥
        Ne me quitte pas
        Il faut oublier
        Tout peut s’oublier
        Même les tentations livresques
        La vilaine blogueuse
        Je te promets des horreurs livresques
        Des trucs cul-cul et mièvres
        Je te promets des nullités
        Et des textes mal écrits
        Ne me quitte pas
        Ne me quitte pas
        Ne me quitte pas
        Ne me quitte pas
        😥 3:)

  1. Ping : Sphinx de Christian Jacq – Les Motordus d'Anne-Ju

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