Une enquête de Francesca Cahill – T1 – Un odieux chantage – Brenda Joyce

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Brenda Joyce – Une enquête de Francesca Cahill – T1 – Un odieux chantage (2015)

4ème de couv’…

En 1900, une jeune intellectuelle qui se pique de politique est considérée comme un bas-bleu.

Pourtant, bien que ravissante, Francesca Cahill refuse de se marier et prône des réformes sociales qui effraient son entourage.

Bientôt, un événement dramatique va susciter sa curiosité.

Le fils d’un riche voisin est kidnappé.

Seul indice, un message sibyllin qui commence par ces mots: F comme fourmi…

Qu’est-ce que cela signifie?
Pour le comprendre, Francesca entame sa propre enquête au nez et à la barbe de Rick Bragg, le nouveau préfet de police exaspéré par ce détective en jupon qui n’a peur de rien.

Mon ressenti de lecture…

Dans des collections exclusivement destinées à la gente féminine comme « Aventures & passions » de J’ai lu, il faut dépasser les gros clichés de « lectures pour fillettes en mal de romance » car de nombreux auteurs aujourd’hui bien connus, tel Nora Roberts, ont démarré dans ces collections. Et comme dans tous les styles, on y trouve aussi bien de la daube mal cuite, comme des mets des plus fins!

Je précise que la série des enquêtes de Francesca Cahill a fait l’objet de nombreuses rééditions et que les titres changent parfois… Ce premier tome s’intitule Un odieux chantage mais on peut également le trouver sous le titre La note mystérieuse.

Maintenant, faisons connaissance avec Francesca Cahill. Vingt ans, d’une très bonne famille new-yorkaise, abhorre les bals, préfère s’instruire, d’ailleurs elle s’est inscrite en secret pour suivre les cours du Barnard College (université réservée aux femmes et fondée en 1889, pour la petite note historique) et s’intéresse vivement aux réformes politiques de sa ville.

Bref, c’est un bas-bleu.

Le terme bas-bleu est devenu péjoratif pour désigner les femmes « savantes », celles plus enclines à cultiver leur esprit que leurs atours, même si l’intelligence n’empêche pas la beauté.
À une époque où la misogynie règne en maître, où l’éducation des femmes n’était pas une priorité, que l’implication féminine dans la vie politique était une totale hérésie et que les réunions mondaines brillaient davantage par le badinage que par les discussions intellectuelles, Francesca est considérée comme une originale excentrique dont on ne recherche pas la compagnie.

Et Francesca, aussi cérébrale soit-elle, souffre de ne point briller en société et de ne pas être appréciée pour ses charmes alors même que ses sorties dans le monde l’ennuie à mourir. C’est un paradoxe qui agite notre jeune fille, soumise de surcroît à la pression familiale et sociale…

Mais elle n’en est pas effacée pour autant. Avec un brin d’effronterie et de curiosité insatiable, la jeune fille ingénue arrive à se fourrer dans des situations improbables et dangereuses quand elle se met en tête d’enquêter en solo sur l’enlèvement d’un enfant. Elle se découvre un talent d’enquêtrice, certes, mais elle est loin d’en avoir toute l’expérience et la maîtrise… et ses maladresses vont fortement agacer Rick Bragg, le nouveau préfet de police…

Les personnages sont intéressants et reflètent très bien la société du tout début du XXème siècle. Entre hypocrisie mondaine, course au beau parti et libertinage ambiant malgré les obligations et conventions sociales, l’auteur décrit fidèlement une société où les clivages, les mariages arrangés et les alliances politiques sont prédominants. Loin de nous endormir à renfort de champagne, cigares et dentelles, l’auteur emmène le lecteur côtoyer également les bas fonds de la ville où la misère, la maladie et la violence règnent.

L’enquête policière est classique, efficace et bien menée. Le suspens tient bon jusqu’aux dernières pages. Le final, sans être explosif, est très intéressant.
Le flirt qui s’amorce entre nos deux personnages principaux est léger et cocasse parfois. L’équilibre entre romance et enquête est bien respecté.
Les personnages secondaires sont également très attachants, entre les membres de la famille Cahill ou le petit gars des rues, Joël.

Donc, je dirais que c’est une bonne petite série bien sympa alliant romance et enquête sur fond historique du début du siècle.
De la légèreté, certes, mais point trop n’en faut pour ma part sinon la lassitude et l’agacement devant la naïveté d’une jeune femme d’un autre siècle s’installent rapidement.
Mais une lecture divertissante et rafraîchissante ne fait jamais de mal entre deux thrillers sombres et angoissants!

Citations…

« La beauté se fane, pas le caractère (…) »

« Pourquoi sa mère lui faisait-elle un coup pareil? Pourquoi ne comprenait-elle pas qu’elle avait mieux à faire que de rencontrer des jeunes gens qui s’attendaient qu’elle se montre réservée, coquette, et se moquaient de savoir si elle avait un cerveau? Pourquoi les hommes avaient-ils peur d’avoir une conversation intelligente avec une femme? »

« Il y a toujours moyen d’arriver à ses fins quand le but est noble (…) »

« Les jeunes gens ont tendance à se montrer optimistes. Au détriment du réalisme. »

« Les mots sont faciles à prononcer. Mais ensuite, on ne peut plus ni les changer ni les effacer. »

Note: 4/5

Blog Note 4

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