Du fond de l’abîme – Lee Child

Lee Child - Du fond de l'abîme

Lee Child – Du fond de l’abîme (1997)

4ème de couv’

S’il n’avait pas jadis lu le nom de cette ville sur la pochette d’un disque de blues, jamais Reacher n’aurait débarqué à Margrave, un trou perdu au fond de la Géorgie.

Ex-policier militaire des Marines, il n’avait d’autre but que d’aller à l’aventure, muni de sa pension de l’armée.

Ce qui l’attend ici?

L’enfer.

Tout va très vite. La police. La prison. L’accusation de meurtre.

Un cauchemar incompréhensible, dont vont l’aider à sortir deux alliés inespérés: Finlay, le policier noir, et surtout Roscoe, séduisante et courageuse femme flic. Tous trois vont s’attaquer au système mafieux qui a corrompu toute la ville, et remonter la filière d’un gigantesque réseau de faux-monnayeurs.

Mon ressenti de lecture…

Ayant découvert Lee Child sur le tard, je me suis retrouvée dans l’impossibilité de lire ses dix premiers romans, ceux-ci étant devenus introuvables ou à des prix indécents sur les sites de romans d’occasion… Mais ô miracle, à force d’en parler autour de moi, ces petites pépites sont finalement venues grossir ma PAL!

Et je peux enfin redémarrer la série des Jack Reacher avec le tout premier volet: Du fond de l’abîme…

Cela fait six mois que Jack a quitté l’armée… il voyage… Ce n’est pas un clochard, c’est un vagabond! A quoi bon avoir une maison si on veut voyager, non? Alors Jack va où il a envie, à son  rythme, selon les opportunités. Parce qu’il a été baladé aux quatre coins de la Terre depuis son enfance, il se cantonnera maintenant aux quatre coins des États-Unis…

Voilà pourquoi il se retrouve dans un trou perdu de Géorgie, Margrave… Il voulait juste en savoir davantage sur ce musicien qui, du jour au lendemain, avait disparu de la circulation, il y a très longtemps, dans ce trou perdu…

Mais à peine a-t-il posé le pied en ville qu’il se retrouve précipité en enfer, accusé de meurtre. Il n’a plus qu’un but: quitter au plus vite ce petit paradis de calme et de quiétude… Mais tout change quand l’identité d’un des morts est révélé… Jack n’a plus du tout envie de partir… pas sans avoir résolu cette affaire…

Ce premier roman marque bien évidemment la présentation de Jack Reacher en personnage récurrent: tout un symbole!
Jack mesure plus d’un mètre quatre vingt dix, blond aux yeux bleus, avec toute la rigueur d’une vie passée dans l’armée et une conception pure de la justice, telle que la loi ne peut pas forcément l’appliquer, tout en muscles.
Ancien enquêteur, si Jack sait très bien tirer profit de ses neurones, il n’en demeure pas moins que son instinct primal lui enjoint plus facilement de balancer efficacement ses poings que boire le thé pour discuter!

Parce que Reacher est un instinctif avant toute chose: c’est la condition essentielle de sa survie quand l’auteur nous laisse entendre que son entier parcours s’est effectué en milieu hostile.

Il aime la vie sans être exigeant sur ses conditions de confort, ne se complique pas l’existence par de lourds bagages, ne s’encombre pas de fioritures: il est droit dans ses bottes et va donc directement à l’essentiel.

Et si son cerveau ne cesse de bouillonner, il extériorise peu ses pensées… Peu prolixe le gars! Peu probable qu’il vous file la migraine avec une bonne diarhée verbale! Économe en émotions, économe en mots… C’est un pragmatique…

Ce portrait semble un peu too much, comme une caricature de justicier solitaire et sans peur, et vous aurez certainement raison. Mais le partage des pensées et des mécanismes de fonctionnement de cet homme le rend terriblement attachant!
Et il faut bien dire qu’il a le chic pour s’attirer d’épineux problèmes qui rendent sa vie bien trépidante!
L’auteur a su, dès ce premier roman, tisser des intrigues qui semblent inextricables et qui, même si cela ne se traduit pas en de longs playdoyers ou études sociologiques, représentent une vision des States assez noire et cynique, il faut bien le dire!

Avec Du fond de l’abîme, c’est le système local politique corrompu et la police tout aussi vendue qui sont mis en exergue dans un trafic de monnaie totalement gigantesque… et génial!

L’histoire est prenante, le suspens est présent, l’enquête est loin d’être aisée et l’issue reste incertaine… La plume de Lee Child est à l’image de son personnage: simple, directe et efficace!

Que demander de plus pour passer un bon moment avec un personnage qui, malgré l’emploi de sa force brute et certaines actions répréhensibles, vous rassure dans un sentiment de puissance mêlé de droiture et d’intégrité?

Le ton est donc donné pour la vingtaine de romans qui suivra… et reste à espérer que les aventures seront toutes à la hauteur de ce grand Jack!

Citations

« Évaluer. Une longue expérience m’a enseigné à évaluer et estimer mes chances. Face à l’imprévu, pas de temps à perdre. Ça ne sert à rien de chercher à savoir comment ou pourquoi c’est arrivé, et à qui la faute; de récriminer; de réfléchir au moyen d’éviter de refaire la même erreur la fois suivante. Il vaut mieux remettre ça à plus tard. Si on survit. Tout d’abord, il faut évaluer, analyser la situation. Reconnaître les mauvais côtés. Compter ses atouts. Prévoir en conséquence. En agissant ainsi on augmente ses chances de pouvoir ensuite répondre aux autres questions. »

« Jusque-là, il n’avait pas vraiment anticipé la situation. La veille, c’était la panique totale. Il fallait gérer le présent. Ce qui n’était pas un mauvais principe en soi. Sauf que le futur s’amène assez rapidement et qu’il faut bien s’en occuper. »

« J’ai toujours été surpris de trouver des pendules en prison. À quoi bon mesurer les heures et les minutes, quand les gens y comptent le temps en années et en décennies? »

« Dans une embuscade, c’est l’attente qui décide du sort de la bataille. Si l’autre se méfie, il viendra au moment où il croit qu’on ne l’attend pas. C’est pourquoi il faut se débrouiller pour être en place le plus tôt possible. Même s’il reste des éternités, il faut attendre qu’il soit parti pour quitter sa planque. On attend dans une sorte de transe. Il faut des réserves infinies de patience. Ça ne sert à rien de s’énerver ou de s’inquiéter. Il faut juste attendre. Sans rien faire. Sans penser à rien, sans dépenser son énergie. Après, on se jette dans l’action. Ça peut durer une heure, cinq heures, toute une journée, parfois même une semaine. Savoir attendre est un don comme un autre. »

« Le policier au fusil d’assaut s’approcha davantage. (… ) Il braillait de toutes ses forces. Pour décharger sa tension et essayer de me faire peur. Comme prévu dans les manuels. Plein de bruit et de fureur pour intimider la cible. Je levai les mains en l’air. »

Note: 5/5

Blog Note 5

Vous retrouverez, sur le blog, la bibliographie de Lee Child et mon avis sur certains de ses titres… bientôt, il n’en manquera pas un seul… naaan, pas un seul!

Sans douceur excessive

La faute à pas de chance

Elle savait…

Mission confidentielle: Les origines du mystère Reacher

Coup de chaud sur la ville

Jack Reacher Never go back

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11 réflexions au sujet de « Du fond de l’abîme – Lee Child »

  1. Oh, oui, lui je m’en souviens ! Le coup des billets de 1$ qui ont la même taille que tous les autres billets de banque, même les gros de je ne sais plus combien de centaine de $ ! Le coup aussi que si tous les possesseurs de $ venaient les changer à la banque, il n’y aurait pas assez de fric pour les payer ! Un truc dans le genre…

    Il était super, ce volume là !

      • C’est ce que tu veux me faire croire! 3:) Et puis je sais bien que mon blog n’attire pas les foules mais quand même! :p

      • Tu crois que le mien les attire ?? 😆

        Pour vivre heureuses, vivons cachées… les premier doivent toujours assurer pour rester les premier, moi, je ne le fais que pour m’amuser et papoter avec les potos de blog dont tu fais partie 😉

      • Comme pour moi, ce blog est avant tout pour moi, laisser une trace de mes lectures quand ma mémoire me fait défaut! Et si je donne envie réellement juste à une seule personne, je suis plus que ravie! Après je ne cours surtout pas après la popularité hypocrite de gens qui likent sans même lire les articles! ^_^

      • Voilà, je suis d’accord avec toi ! Je préfère quelques pelés et tondus qui me font du bien, qu’une kyrielle avec lesquelles je ne m’amuserais pas du tout. La qualité prime sur la quantité !

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