Atomes crochus – David Khara

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David Khara – Atomes crochus (2016)

4ème de couv’…

Aéroport de Fort Worth, Dallas.

Deux voyageurs essoufflés viennent de rater leur vol pour Paris et se le reprochent mutuellement: Enzo Meazza, un criminel en col blanc tout juste sorti de prison, et Janet Livingston-Pierce, ingénieur en déplacement professionnel.

L’avion explose quelques secondes après son décollage…

À peine remis du choc, ils sont pris pour cible par des hommes armés.

Pourquoi en ont-ils après eux?
Leur commanditaire serait-il le mystérieux Griffon traqué par le FBI depuis des années?

Une seule certitude: Janet et Enzo n’auraient jamais dû se rencontrer…

Mon ressenti de lecture…

Il va m’être difficile de donner mon avis sans spoiler les rebondissements de ce roman… Je crois que vous n’avez pas le choix: vous allez devoir le lire pour les découvrir!

Enzo sort à peine de prison et n’a qu’une hâte: prendre un avion pour quitter les States. Mais c’est sans compter l’agent spécial Andrew Bryniarsky qui ne digère toujours pas la trahison de son « ami ». Un accrochage dans le parking de l’aéroport, les formalités du constat traînent et voilà qu’en essayant de retarder Enzo, Andrew va lui sauver la vie, à lui et à une jeune femme, Janet.
L’avion part sans eux mais explose en vol quelques secondes plus tard…
Le destin épargne Enzo, et par la même occasion, Janet, mais rien n’est terminé car ils sont la cible de certaines personnes qui souhaitent réellement que le sang coule encore…

Le syndrome du survivant n’a pas le temps de pointer son nez. Pas de répit. Il faut fuir, échapper aux poursuivants et faire fi d’un antagonisme spontané entre Enzo et Janet…

Mais ces deux-là ne sont pas au bout de leurs surprises…

En fait, j’ai été surprise par ce thriller. Tout semblait cousu de fil blanc.
L’intrigue semblait simple, axé sur du speed, une course-poursuite entre tueur à gages, flics et un ex-taulard et en apothéose l’éclaircissement sur l’affaire ayant conduit Enzo en prison…
Mais non, Môssieur l’auteur nous prend par surprise en brouillant les cartes du jeu, en introduisant de nouvelles données! Ce qui était évidence ne l’est plus et tout est à remettre à plat!

Et c’est à ce moment que je me tais… chuuuttt… et que je suis frustrée parce que je ne peux donner mon avis sur… chuuuttt…

Revenons donc à ce que je peux dire…

J’ai adoré les personnages de Janet et Enzo, leurs joutes verbales et l’évolution de leur relation née d’une rencontre fortuite. Des scènes prêtant à sourire parfois…
On y retrouve l’humour de David Khara, des clins d’œil à ses aventures privées personnelles sûrement, et des références ciné et tv de qualité… Magnum, pour n’en citer qu’une et qui parlera à tous les fans du gars!

Donc oui, j’ai aimé Janet qui n’est pas qu’une donzelle perchée sur des échasses et trottinant comme une bécasse… si tant est qu’une bécasse trottine bien entendu! Elle a de la répartie, du caractère et un super cerveau! Et il faut au moins cela pour donner la réplique à Enzo qui n’est pas seulement un beau gosse athlétique mais aussi un génie de la finance.

Traits de génie qui l’ont mené en prison tout de même… mais par sa propre volonté et c’est là que réside tout le mystère. Pour quel bénéfice?
Enzo lève le voile sur son affaire d’une manière limpide et détaillée pour le côté technique de son œuvre. Pas besoin d’être trader ou expert-comptable pour réussir à suivre la piste de la monnaie, on comprend tout!
Les références à l’Affaire Madoff rappelle, si besoin est, combien notre monde est gouverné par l’argent, qu’en matière de fric, « il existe autant de règles que de moyens de les contourner » et que le simple quidam est bien fragile devant ce Dieu doré et pourri.
Les motivations d’Enzo éclairent les aspects nébuleux du personnage, le rendent attachant et émouvant. Ce n’est vraiment pas qu’un beau gosse ou qu’un criminel en col blanc…

Il est un personnage très intéressant également dans ce roman, il s’agit de l’agent spécial Andrew Bryniarsky… Il a été en charge du dossier Enzo Meazza.
C’était, c’est un ami d’Enzo… En fait, on ne sait plus très bien tant Andrew est déchiré entre son amitié pour l’homme et sa trahison de citoyen. Andrew ne peut pardonner les malversations commises par Enzo, il veut venger ce qui apparaît comme une trahison personnelle de part son métier et son devoir, mais il est animé par cet élan d’affection qui n’est pas tout à fait mort… Cette relation ambiguë sème le doute tout au long du roman… On compatit, on s’agace, on enrage et puis…

Je rajoute une mention spéciale pour le personnage du Lieutenant Jeb Cates de la police de Dallas qui, avec son stetson blanc, m’a beaucoup fait sourire!

Bon… même si je me suis régalée avec cette lecture, j’avoue que j’aurais aimé un roman plus long et dense dans lequel le lecteur aurait eu plus de « travail » pour s’approprier les deux thèmes principaux abordés dans l’intrigue…
Ce sont deux thèmes d’actualité, deux des nombreuses plaies gangrenées de notre société ayant pour trait commun l’argent. Deux fléaux qui mettent notre vie en péril, détruisent des familles, jettent à la rue ou tuent des milliers de personnes. Les enjeux sont énormes et je n’ai pas eu le temps de le ressentir au cours de ma lecture…

C’est le seul bémol que je relève et qui m’empêche de mettre une note parfaite…
Parce que faut quand même vous avouer que le bougre a réussi à me tirer une larme dans la scène finale!

C’est une lecture que je conseille, bien évidemment! C’est un thriller sur les chapeaux de roue, avec suspens, rebondissements et émotions à la clef! Tous les éléments sont présents pour une chouette évasion livresque!

Citations…

« Au plus profond du gouffre, confronté à la peine et à la douleur, l’être humain recèle en lui-même une force inextinguible, parfois enfouie, mais bien réelle. Il suffit souvent d’un rire, d’un sourire, d’un regard bienveillant pour qu’elle surgisse, nous pousse et nous élève. »

« Vous me manquez de respect, je cogne. Vous me respectez, je discute. Inutile d’être un génie pour comprendre mon mode de fonctionnement. »

« – Elle est bien bonne celle-là! Et depuis quand la prison sert-elle à payer une dette quelconque? La société demande aux gens comme moi de coller les gens comme toi entre quatre murs pour se sentir en sécurité. Tout le monde se fout de ta rédemption. De la façon dont je vois les choses, une branche pourrie ne guérit jamais. »

« La principale différence avec son passé militaire, et elle était de taille, tenait à ce que le secteur privé regorgeait d’incompétents, de lâches et, globalement, de tarés congénitaux à qui soutirer de fortes sommes se révélait un jeu d’enfants. L’avantage de traiter avec de faux durs, engoncés dans leurs costumes étriqués, excités comme des gosses à l’idée de se confronter à de véritables hommes d’action… »

« Ce type mangeait comme un porc, en partageait les traits, empestait la sueur à des kilomètres. Pourtant, dès qu’il conduisait, ou pilotait un avion ou un hélicoptère, il accédait à un état de grâce confinant à la beauté. »

« Admettez-le, à force de fréquenter des dindes, vous ne supportez pas qu’une femme, une vraie, fasse preuve de caractère, d’indépendance, et soit douée de raison. Du coup, quand vous n’incarnez plus le mâle dominant, vous devenez irascible, limite agressif. CQFD. »

« La gangrène a dévoré notre couple, insidieusement, jusqu’à exiger une amputation. »

« Le seul idéal qui valait, l’unique vrai fondement de la politique n’était pas une philosophie, et moins encore une conviction. Non, l’alpha et l’oméga de cette sacro-sainte politique, la clef du pouvoir, se palpait, se manipulait avec fièvre, s’empilait en liasses dodues et portait un nom à faire saliver les légions tombées en son nom: le dollar. »

« Cates appartenait à une espèce en voie d’extinction: le « frontal ». On s’engueule, on se cogne, on se serre la main, on avance et on n’en parle plus. Une attitude brutale en apparence, mais finalement plus saine que les sourires de façade et les ronds de jambe générateurs de rancœurs larvées et qui finissent souvent par des coups de poignard dans le dos. »

« Jeb côtoyait trop de grandes gueules pour ne pas apprécier les taiseux, plus proche de sa culture militaire. Dans les rangers, on ne se vantait pas, on agissait. On ne la ramenait pas, on obéissait, sinon des gens mouraient. C’était aussi simple que cela. »

« Une nation aussi jeune que la nôtre a désespérément besoin de symboles (…) Tout, dans notre histoire, doit servir à l’écriture d’une mythologie commune afin de cimenter notre identité. Dépourvus d’Olympe, nous créons sans cesse notre panthéon avec une démesure à la hauteur de notre soif d’existence. Privés de Zeus et d’Ulysse, nous glorifions Lincoln, Kennedy, la conquête de l’espace ou que sais-je encore. Nous rédigeons chaque jour le roman de notre pays, quitte à prendre des libertés avec la vérité. »

« La pire des choses qui puisse arriver à un homme de pouvoir est de le perdre. »

« L’armure se disloqua d’un coup et, avec sa destruction, arriva le cortège des révélations. Une armure ne protège pas son porteur, elle l’enferme. Elle ne le prémunit pas des blessures, elle l’étouffe. Et quand il la dépose enfin, il découvre, en même temps que la vraie liberté, l’étendue de sa vulnérabilité. »

Note: 4/5

Blog Note 4

Et retrouvez sur le blog mon avis sur ces autres romans de David Khara:

David Khara – Le projet Bleiberg (2010)

David Khara – Le projet Shiro (2011)

David Khara – Le projet Morgenstern (2013)

David Khara – Les vestiges de l’aube (2010)

David Khara – Thunder: Quand la menace gronde (2014)

Et la bibliographie complète de l’auteur:

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