Sans douceur excessive – Lee Child

Lee Child - Sans douceur excessive

Lee Child – Sans douceur excessive (2009)

4ème de couv’…

Assis à la terrasse d’un café de New York, l’ancien flic de la police militaire américaine Jack Reacher regarde un type traverser la rue, monter dans une Mercedes et disparaître. Rien que de très banal.

Sauf que le coffre de la voiture contient un million de dollars de rançon. Edward Lane, l’homme qui l’a versée, est prêt à payer la même somme à celui qui l’aidera à retrouver sa femme et sa belle-fille kidnappées et, à cet effet, il contacte Reacher. Qui accepte la mission: il est toujours prêt à donner un coup de main en cas de besoin et il n’y a pas meilleur que lui dans ce genre de travail.

Mais, à force de se renseigner sur ce qui a pu déclencher ce kidnapping, Reacher comprend que les apparences sont trompeuses: Lane dirige une milice privée engagée dans des coups tordus et lui cache certaines choses qui risquent de faire capoter sa mission.

Néanmoins, il a donné sa parole et devra aller jusqu’au bout, au risque d’y perdre la vie.

Mon ressenti de lecture…

Sans douceur excessive est le dixième volet des aventures de Jack Reacher, personnage récurrent mis en scène par Lee Child.

On ne peut même pas boire tranquille, à la terrasse d’un café, à New-York!

Surtout pas lorsqu’on s’appelle Jack Reacher!

Toujours les sens en alerte, attentif au moindre détail de son environnement, notre homme se retrouve au milieu d’une prise d’otage avec remise de rançon… Mais il est loin d’être stupide et cette affaire est loin d’être anodine! Et Reacher est un individu qui aime comprendre, avoir les tenants et les aboutissants, activer les rouages de son cerveau, anticiper et surmonter les épreuves.
Et même s’il n’a qu’une parole, il ne sera jamais le jouet de personne…

Mais cette fois, s’en sortira-t-il indemne?

Je ne dirai pas un mot des adaptations ciné des romans de Lee Child car si elles sont un bon divertissement, elles illustrent parfaitement une magistrale erreur de casting (ceux qui connaissent et l’acteur incarnant Jack Reacher, et ce perso, me comprendront de suite) et je ne les associerai jamais avec les romans.

Ceci étant dit, un autre problème se pose souvent lorsque je donne mon avis sur une série: soit je pars du principe que celui ou celle qui me lit connaît déjà d’autres volets de la saga et je fais donc l’impasse sur la personnalité de Reacher; soit je m’adresse à un total néophyte, au risque de me répéter d’un avis sur l’autre…

Alors je vous rassure, je ne suis pas fainéante, je ne recycle pas mes précédents avis mais faudra supporter un peu de redite… Ce qui ne me dérange pas puisque j’adore ce Jack!

Nous retrouvons un Jack Reacher au meilleur de sa forme: il est solitaire, peu bavard, froid, direct, fidèle à sa brosse à dents de voyage, ne s’encombre ni de bagages, ni de technologie. Et encore moins de famille, il n’en a pas.
Tout est dans son cerveau et ses muscles.
Notre bonhomme est bien charpenté, bien affuté, bien trop agile pour se laisser écraser en combat rapproché, il possède les meilleurs connaissances dans le domaine de l’armement en qualité d’ancien militaire.
Ceci allié à quelques neurones très efficaces et hyperactif, une faculté d’observation et de déduction au top de sa forme et une rigueur, une discipline et une maîtrise acquises durant sa vie au service de la nation…
Et nous avons le portrait tout à fait attachant de notre homme malgré un peu de raideur émotionnelle. Juste un peu…

C’est à nouveau une belle aventure tout en suspens, en scènes d’action, en réflexion. On y laisse quelques plumes, on flirte avec les lignes car les hommes ne sont jamais ce qu’ils paraissent être et que rien n’est tout noir ou blanc… On le sait, le blanc, c’est salissant… Dur de trouver de la pureté immaculée dans notre société… Et Jack Reacher aussi lucide soit-il, se laisse encore parfois prendre… mais l’état de grâce ne dure jamais bien longtemps, surtout quand le Dieu Argent est de la partie… et il l’est bien trop souvent!

Jack Reacher marche… Il marche beaucoup dans ce thriller… Et la visite des rues de New-York ne se trouve dans un aucun guide touristique, c’est clair!
Lee Child a cette qualité de nous emmener tout près de son personnage, de nous imbriquer dans son esprit, en suivant le cours de ses analyses et de ses pensées, sans jamais nous laisser « spectateur passif » de l’intrigue. Chaque lecture est jouissive et nous emporte sans trêve vers le dénouement… La machine est bien huilée, énergique et sans répit ni aucune lassitude d’un opus à l’autre…

Et c’est toujours avec une pointe de tristesse qu’on voit s’éloigner ce héros solitaire dans le couchant… euhhh, je digresse un peu là! Mais si peu…

Citations…

« J’ai besoin d’aide, pas d’amis. »

« Il n’y avait rien à dire, si ce n’est que la fin d’un enlèvement est toujours la période la plus risquée. Qu’est-ce qui peut bien contraindre les ravisseurs à tenir leur promesse? L’honneur? La morale professionnelle? Pourquoi prendre le risque d’un échange complexe alors qu’une tombe vite creusée et une balle dans la tête de la victime sont bien plus sûres et plus simples? L’humanité? La décence? »

« Il était persuadé que l’on pouvait démonter tout ce qui avait été fabriqué par l’homme. Si l’homme ou un groupe d’hommes avait été capable de faire quelque chose, alors un autre homme ou groupe d’hommes devait être capable de le défaire. C’était un principe fondamental. Il ne fallait que de l’empathie, de la réflexion et de l’imagination. »

« Et il aimait la pression. Les délais serrés. Il aimait avoir peu de temps pour résoudre les problèmes. Un endroit tranquille où travailler. Et un esprit semblable au sien avec lequel travailler. »

« Je l’aimais bien quand je le croyais mort. Tout le monde m’en disait du bien. »

« Elle se leva et prit Jade par la main. Pas de sac, pas de manteau. Prête à partir, là, tout de suite. Aucune hésitation. Panique à l’état pur. »

« Il avait l’air calme. Retenu. Pas surpris. Mais Reacher ne s’attendait pas à de la surprise. La surprise est réservée aux amateurs. Et Taylor était un professionnel. Un ancien des Forces Spéciales, intelligent et capable. De précieuses secondes passées à être surpris sont de précieuses secondes gaspillées. Taylor les utilisait donc exactement comme on l’avait formé à le faire: à réfléchir, planifier, revoir les tactiques, passer en revue les possibilités. »

« Mais, la nuit, la vue n’est pas le sens le plus important, de toute façon. Dans l’obscurité, c’est l’ouïe qui compte. Le son constitue le meilleur système d’alarme. Reacher, lui, pouvait rester totalement silencieux, car il ne bougeait pas. L’intrus en était incapable. L’intrus devait se déplacer. »

« Silence dans la grange. Il savait que les yeux de Lane étaient rivés sur l’obscurité du dehors. Que ses oreilles s’efforçaient d’entendre quelque chose dans le silence. La plus ancienne de toutes les peurs ataviques de l’être humain, profondément enfouie dans notre cerveau reptilien, toujours vivante plus de cent mille ans après la sortie des cavernes: Il y a quelque chose dehors. »

« Elle avait contemplé le corps de Lane à terre pendant un long moment. Constaté que la moitié de sa tête avait disparu. Compris qu’il n’y aurait pas d’instant hollywoodien où il se relèverait en revenant à la vie. Il était mort, absolument, complètement et définitivement. Et elle en avait été témoin. C’est le genre de certitudes qui aide. Elle s’était éloignée du cadavre d’un pas léger. »

« – Le Pentagone adore les mercenaires. Il en emploie tout le temps.

– Mais il aime qu’ils se rendent là où il les envoie. Il n’aime pas les voir occuper leur temps libre à des à-côtés non autorisés. »

Note: 5/5

Blog Note 5

Retrouvez mes avis sur:

Ici:

La faute à pas de chance (2010)

Elle savait (2012)

Mission confidentielle (2015)

Et là, en dessous, là, la bibliographie de Lee Child:

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9 réflexions au sujet de « Sans douceur excessive – Lee Child »

  1. Tom Cruise en Jack Reacher, non, mais allo quoi ?? J’hallucine ! Quand j’avais entendu le nom du Cruise, j’avais failli en tomber de ma chaise.

    Lu des Jack Reacher il y a longtemps, j’ai laissé tomber à un moment donné parce que trop d’autres trucs à lire et que ça ne me bottait plus 😉

    • Perso, je suis restée con aussi quand j’ai su que Tom Cruise allait incarner Reacher! Quelle hérésie! 😮 Mais bon, mon esprit arrive à bloquer le « mode ciné » quand je suis en lecture! 😉 Je cherchais désespérément les premiers tomes car je n’ai découvert Reacher que tardivement… introuvables ou alors avec une bourse bien fournie pour des occas’… mais ô joie, j’ai enfin pu les avoir! 😀 Donc je vais m’en donner à cœur joie pour les lire! 🙂 Donc tu n’en as pas terminé de lire des avis sur Reacher! :p

      • Je pense que j’ai lu les premiers, moi, j’aimais bien, mais bon, je suis passée à autre chose ensuite.

        Marrant, en Belgique, on a féminisé le mot « con » et pour une femme, on dit « conne » alors que vous en France, même en parlant d’une femme, on dit « con » puisque tu dis que « tu es restée con » alors que moi j’aurais fait « je suis restée conne » et le premier qui dit qu’il l’avait remarqué, j’lui tarte sa gueule à la récré !!

      • Je n’aime pas trop la mode de ces dernières années de tout tout mettre au féminin, je trouve ça ridicule et moche… tu ne me verras jamais écrire « une auteure » par exemple! 😮 Mais je vais dire que je suis « chiante »… cela fait partie de mes contradictions, certains mots ont davantage d’impact au masculin… surtout pour « con »! 😉 Pour revenir à la lecture, je comprends tout à fait, j’ai eu ma période Marie Higgins Clark, Patricia Cornwell etc… et puis on grandit… on passe à autre chose, on se lasse ou on évolue… 😀

      • Conne, c’est vieux, plus vieux que moi, ça date pas des féminisations à outrance (où ?? mdr), mais j’écris « auteure »; moi, pour les femmes.

        Mais bon, chacun fait ce qu’il veut, hein ! 😆

        Même période que toi que j’ai eue ! Et je les trouvais bons, excellents, même et avec le recul, ben… oups !

      • Oui, je sais que c’est vieux, plus vieux que moi aussi donc! Mais chépa, ça claque mieux parfois au masculin! 😉 Comme toi, avec le recul, certains auteurs me semblent trèèèès fades! ^_^

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