La crypte du diable – Dominique Faget

Dominique Faget - La crypte du diable (2016)

Dominique Faget – La crypte du diable (2016)

4ème de couv’…

Une sulfureuse affaire au cœur du vieux Bordeaux.

Quel lien y a-t-il entre:

Le tableau d’une Madone peint durant l’épidémie de peste de 1628 et dissimulé dans l’église Saint-Pierre?

Des cadavres repêchés dans la Garonne avec des symboles religieux fichés dans les chairs?

Une crypte inexplorée qui plonge sous le quartier Saint-Pierre?

Une longue et difficile enquête commence pour la P.J de Bordeaux qui se retrouve face à l’incompréhensible.

Mon ressenti de lecture…

La crypte du diable est le deuxième roman de Dominique Faget que je lis. Et j’ai retrouvé avec plaisir le style affuté de l’auteur découvert avec Celui qui ne meurt jamais, avec ce mélange des époques et ce lien pourtant toujours bien vivant.

Nous sommes à Bordeaux, tantôt au XVIIème siècle, tantôt au XXIème.

En 1628, la ville est catholique, pas encore tout à fait soumise au Roi de France, mais prospère par son ouverture sur l’océan Atlantique et son commerce. Mais qu’importe quand la Peste s’y invite, exacerbe les passions les plus sombres et bouleverse la vie de chacun?

De nos jours, La Garonne rejette des cadavres mutilés, ornés lugubrement de symboles religieux catholiques.

Quel est le lien entre les siècles? Est-ce cette jeune fille perturbée, Marie, ayant trouvé refuge dans les sous-sols d’une église? Les enquêteurs trouveront-ils la solution à cette énigme?

J’ai énormément apprécié l’histoire de Catherine la bourgeoise et Fabrizzio, le peintre, une histoire d’amour impossible.
Le personnage de Fabrizzio Bartoli illustre bien cette période d’essor artistique en France, avec la paix retrouvée à la suite des guerres de religion du XVIème siècle et l’engouement pour les peintres italiens et leurs écoles, très prisés depuis la Renaissance.
Les descriptions du Bordeaux de cette époque sont très visuelles et nous portent aisément dans cette ambiance de Grand Siècle.
L’arrivée de ce fléau récurrent que représente la peste, alliée à une hystérie viscérale, traduit efficacement le pouvoir de l’Église et l’obscurantisme religieux qui gouvernait les êtres par la peur et la menace des enfers.
Le Diable est omniprésent: on le sert, on le craint, il est là, dans la maladie ou un épanchement amoureux inadéquat…

De nombreuses citations bibliques ou littéraires émaillent le récit pour enrichir davantage le contexte et le climat d’angoisse délirante.
D’ailleurs j’ai bien révisé mon latin!
Noon, ne vous affolez-pas, les notes de bas de page sont très précises!

Le récit est réaliste et passionnant car très bien documenté sur tous ces aspects.
(L’auteur va jusqu’à adapter son vocabulaire pour un ton plus juste, c’est un régal!)
Un récit fidèle notamment en ce qui concerne la condition et la place de la femme dans la société de l’époque. La femme possède peu, voire pas, de crédit, de liberté, et est sous la coupe du père, du mari, du prêtre…

Et qu’en est-il de nos jours?
L’auteur créé le lien entre les deux époques en confrontant une femme, Marie, fragile et déséquilibrée, face aux hommes et à la religion.
Elle synthétise à elle seule l’histoire des Chantecaille du XVIIème siècle: elle est réfugiée dans une église, elle peint, elle a des hallucinations ou des rêves diaboliques. Un prêtre, un psy, un enquêteur gravitent autour d’elle… Est-ce pour son bien?
A vous de découvrir si elle est aussi victime que Catherine en son temps!

J’avoue avoir été moins captivée par l’époque moderne et, dans l’alternance des chapitres « passé-présent », j’avais hâte de retrouver le « vieux » Bordeaux. C’est la passionnée d’Histoire qui se rebelle, là!
Mais l’enquête policière sur les meurtres de la Garonne, ne vous y trompez pas, est très intéressante et efficacement menée!
Le côté polar est de facture classique, découvre peu à peu les indices aboutissant à la résolution de l’enquête. Le suspens nous tient jusqu’à la fin et le lien entre les siècles se révèle enfin…
Certaines scènes de torture des victimes sont bien cruelles, âmes très sensibles s’abstenir! (perso, mon côté sadique a adoré!)

Les superstitions, les croyances, les a priori, la prédation masculine sont toujours d’actualité. L’existence de l’intégrisme religieux est toujours aussi vivace de nos jours, même s’il se dissimule dans l’ombre, il reste pernicieux et possède toujours ses adeptes enclins à la violence aveugle. Et ces meurtres en sont la parfaite illustration! Le Diable a encore œuvré… ou tout simplement l’Homme?

C’est une lecture très agréable mais, seul bémol, je suis restée sur ma fin pour le dénouement de la période du vieux Bordeaux pour lequel j’aurais souhaité un développement final m’éclairant davantage sur le devenir des protagonistes de l’époque…

Mais l’auteur excelle dans l’art du voyage temporel, dans le jonglage entre deux intrigues! Elle rend vie à l’Histoire en reprisant les liens oubliés: elle est ici et toujours là!

Un auteur toujours à suivre et … à découvrir, pour ceux qui ne l’ont pas déjà tenté!

Citations… 

« Le délire fausse la perception. La folie fausse la pensée. Arthur Schopenhauer. »

« Être mort, c’est être en proie aux vivants. Jean-Paul Sartre »

Note: 3/5

Blog Note 3

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7 réflexions au sujet de « La crypte du diable – Dominique Faget »

  1. En l’absence de mon libraire, j’avais commandé ce roman chez A…. mais jamais reçu ! Tu me donnes une nouvelle fois envie de le lire ! Prochain sur ma liste d’achat après le dernier de L. Scalèse 🙂
    Dominique a une belle écriture, elle ne perd pas ses lecteurs en route grâce à la fluidité de son style. J’aime beaucoup 🙂

    • Je suis tout à fait d’accord avec toi, Dominique Faget a une belle plume et j’adore sa dextérité à nous faire voyager dans le passé! « A », c’est le diable, attention! 😉 Tu me diras ce que tu en auras pensé? Bonne journée Gwen! 🙂

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