Gravé dans le sable – Michel Bussi

Michel Bussi - Gravé dans le sable (2014 - Réédition d'Omaha crimes 2007)

Michel Bussi – Gravé dans le sable (2014 – Réédition d’Omaha crimes 2007)

4ème de couv’…

Quel est le prix d’une vie?

Quand on s’appelle Lucky, qu’on a la chance du diable, alors peut-être la mort n’est-elle qu’un défi. Un jeu.

Ils étaient cent quatre-vingt-huit soldats sur la péniche en ce jour de juin 1944. Et Lucky a misé sa vie contre une hypothétique fortune.

Alice, sa fiancée, sublime et résolue, n’a plus rien à perdre lorsque vingt ans plus tard, elle apprend l’incroyable pacte conclu par Lucky quelques heures avant le Débarquement.

De la Normandie aux Etats-Unis, elle se lance à la quête de la vérité et des témoins… au risque de réveiller les démons du passé.

Mon ressenti de lecture…

Depuis un petit moment déjà, je voulais découvrir cet auteur à propos duquel les avis sont loin d’être unanimes. Je me devais de franchir enfin le pas pour me forger ma propre opinion.
C’est la 4ème de couv’ qui m’a attirée et il se trouve que, pour ma bonne fortune, c’est la réédition de son tout premier roman paru en 2007 sous le titre: Omaha crimes.

Le thème est intéressant: comment réagir à votre mort annoncée quand on est soldat? Y faire face avec courage ou résignation? Essayer de fuir à n’importe quel prix?

Les conflits armés sont un terreau fertile pour l’analyse de la psychologie humaine et si les événements sont dramatiques, les portraits d’hommes et de femmes sont bouleversants et passionnants. Le meilleur et le pire se côtoient, l’admiration et la compassion flirtent avec le mépris et le dégoût. C’est un thème que j’affectionne particulièrement.

Ici, un soldat a acheté sa vie au détriment de celle d’un autre. Il a survécu à la seconde guerre mondiale mais n’a apparemment pas honoré sa dette. Le lecteur ne peut que prendre fait et cause pour ceux qui veulent rendre justice. Le lâche, le couard, le planqué doit payer. Que la mort du sacrifié ne soit pas vaine.

Et même après tant d’années, il ne peut y avoir prescription.
C’est cette quête de justice que nous suivons, le réveil des souvenirs, des tromperies, de la cupidité de certains et des actes de bravoure des autres.

Si le thème est captivant, je déplore tout de même pas mal de défauts.

Le portrait de Lucky reste trop léger pour produire l’effet dramatique nécessaire à son sacrifice. Il apparaît tellement insouciant qu’on a du mal à ressentir l’horreur de son choix.

Le récit n’est pas parfait: quelques longueurs, des personnages insuffisamment travaillés ou d’autres trop absents (comme les parents de Lucky), des indices et fausses pistes distillés maladroitement aux yeux d’un lecteur attentif (surtout quand on est habitué aux polars et thrillers bien corsés), certains sujets abordés trop superficiellement, des émotions tièdes et la présence d’un Nick qui apporte certes de l’humour avec ses pensées lubriques mais qui reste, à mon sens, déplacée dans cette histoire.

Au final, le fait est que l’ensemble est tout de même efficace et se tient très bien: c’est un page turner captivant, surtout par ce qu’il évoque, et la plume de Michel Bussi est agréable et fluide.

Mais il m’aura manqué une forte dose de profondeur et d’émotions pour que ce soit une lecture inoubliable.

Citations…

« Il sourit à Lucky, un sourire de brave type pris dans la tourmente du monde, et pourtant prêt à se comporter jusqu’au bout en héros anonyme. »

« On ne peut réaliser des actes exceptionnels que dans des circonstances exceptionnelles, et c’est dans ces instants particuliers où le monde bascule que les véritables héros doivent se résigner à enlever leur masque de gens comme tout le monde. »

« En matière de déontologie relative aux confidences, un sujet pour lequel j’ai sans me vanter des compétences quasiment professionnelles, il y a une règle, une seule: on ne dit rien ou on dit tout! Ne dire qu’à moitié les choses, sous entendre, laisser supposer, voilà ce qui fait du mal aux honnêtes gens. Si l’on accuse, il faut apporter les preuves! »

« Les hommes cherchent toujours une falaise à gravir, ou une falaise du haut de laquelle se jeter. Mais les femmes sont capables de vivre une vie à côté de cette même falaise, au pied du mur ou au bord du gouffre, de vivre une vie coupée en deux. Elles restent ainsi, sans s’écorcher les mains ni se briser les jambes, à regarder cette ombre noire, cet homme qui s’éloigne. »

« Un arc-en-ciel dans le cœur. Cette image de pluie et de soleil mélangés. »

« Tu devrais le savoir, maman, c’est tout de même à cause de ton cocon que je suis resté une larve, c’est tout de même à cause de ton ombre que je me suis fané si tôt. »

« Ralph, quand on veut naviguer sans efforts, en se laissant simplement porter par le courant, il faut au moins sentir d’où souffle le vent. »

« (…) ils croyaient bien faire. Tout le monde croit bien faire pendant la guerre. C’est çà le plus con… »

« Il y a, disait-il, une guerre tous les vingt ans. Je ne veux pas faire un enfant, l’élever, l’éduquer jusqu’à sa majorité, pour ensuite le voir devenir dans un coin sordide de la planète un assassin ou un cadavre, ou les deux. »

Note: 4/5

Blog Note 4

Publicités

14 réflexions au sujet de « Gravé dans le sable – Michel Bussi »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s