Tout ce qui meurt – John Connolly

John Connolly - Tout ce qui meurt (2001)

John Connolly – Tout ce qui meurt (2001)

4ème de couv’…

Charlie Parker, un flic new-yorkais qu’on surnomme Bird, est parti se soûler après une dispute avec sa femme, un soir de décembre.
En rentrant chez lui, titubant, Bird ne sait pas encore qu’il vient de franchir pour longtemps la porte de l’enfer: dans la cuisine, maculée de sang, gisent les corps atrocement mutilés de sa femme Susan et de sa fille Jennifer.

Rongé par la culpabilité, Bird démissionne de la police et part sur les traces du monstrueux assassin.
De New York à La Nouvelle-Orléans, il suit celui qu’on appelle le Voyageur, fin stratège et amateur de poésie macabre qui sème derrière lui des cadavres, comme autant d’appâts.

La traque mène alors les deux hommes dans les bayous de Louisiane, qui digèrent lentement les victimes écorchées du Voyageur.

Mon ressenti de lecture…

John Connolly m’accompagne depuis ses débuts et Charlie Parker, un de mes personnages livresques préférés, méritait bien une relecture pour rafraîchir mes avis et vous les confier!

Donc me voici au point de départ: Charlie Parker, ancien flic reconverti en enquêteur privé, à l’abri du besoin, obsédé par le meurtre horrible de sa femme et de sa petite fille, replonge dans l’enfer de ses souvenirs car il semble que ce tueur sadique n’en a pas terminé avec les effusions de sang.

Entre les contacts qu’il a gardé au sein de la Police et certaines amitiés particulières, Charlie a fort à faire pour ne pas se perdre sur de fausses pistes ou tomber dans le piège d’un coupable trop logiquement désigné.

Ce qui est évident avec cet auteur, c’est que lorsqu’on achète un Charlie Parker, on en a vraiment pour son argent! Par le nombre des protagonistes et les affaires à élucider, la lecture est riche, dense et captivante. Pas de repos pour Charlie, aucun pour nous non plus!

Charlie est un personnage principal comme je les aime: un homme fort et complexe, entier, blessé, taiseux, solitaire, loyal, sombre mais un homme à poigne, frondeur, vengeur et persévérant.

Ange et Louis, couple atypique, sont les amis fidèles de Charly. De part leur parcours illégal des plus savoureux, l’un tueur à gages et l’autre cambrioleur de haute volée, de part leur relation amoureuse tumultueuse, de part leurs physiques opposés, l’un est une baraque noire imposante alors que l’autre tend vers le type italien, petit et râblé, et surtout pour l’amitié qui les lient « à la vie, à la mort » à Charlie, Ange et Louis apportent un soutien indéfectible rassurant et une note d’humour caustique qui allège les scènes parfois terribles.

Le cadre de l’histoire est un personnage à part entière: nous partons de New-York pour voyager vers la Louisiane, le Mississippi, la Nouvelle Orléans, qui offrent une ambiance chaude, moite et mortifère, avec ses bayous, ses rites vaudou, sa magie et son occultisme. On s’y croirait!

Si le récit tourne autour du polar, avec des enquêtes minutieuses et organisées, notamment celle autour de Catherine Demeter et d’une série de meurtres non élucidés d’enfants, le thriller est plus présent avec ce cache-cache vengeur entre ce tueur en série et Charlie, dont la femme et la fille ont été des victimes.
Les scènes de crime sont particulièrement horribles et parfois insoutenables, jamais gratuites, une mise en scène macabre d’œuvres apocalyptiques moyenâgeuses. Le suspens est omniprésent et loin d’être linéaire, vu les différentes affaires qui interagissent.

Le style de John Connolly est addictif. En mêlant plusieurs genres, thriller, polar, roman noir, une pointe de croyances surnaturelles, sa plume est riche et variée. Entre introspection, analyse sociale, action et violence, il y en a pour tous les goûts. En mettant en scène un nombre non négligeable de personnages et d’affaires, le lecteur ne relâche en rien son attention au fil des pages et c’est un régal!

Que voulez-vous, je suis accro!

Et pour le deuxième volet des aventures de Charlie Parker, je vous conseille ici, de: Laissez toute espérance…

Citations…

« Les superstitions de nos ancêtres étaient fondées: il y a des raisons d’avoir peur du noir. »

« Mon grand-père disait toujours que le bruit le plus terrifiant du monde est celui d’une cartouche qu’on engage dans la chambre d’un fusil à pompe, une cartouche qui vous est destinée. »

« Quelqu’un a écrit, un jour: la justice nous sera donnée dans notre prochaine vie. Dans celle-ci, nous avons la loi. »

« Nous ne croyons plus au mal, mais nous croyons aux actes diaboliques, que la science de l’esprit nous permet toujours d’expliquer. Le mal n’existe pas; y croire relève de la superstition, comme de regarder sous le lit, le soir, ou d’avoir peur du noir. Et pourtant, il est des hommes pour lesquels nous ne possédons pas vraiment de réponse, des hommes qui commettent le mal parce qu’il est de leur nature, parce qu’ils sont maléfiques. »

« Au final, tout se résumait à cela: des corps que l’on avait trouvés, ceux que l’on n’avait pas encore trouvés. »

« Franck fit mine de lutter avec sa conscience, alors qu’il n’aurait pas pu la trouver sans une pelle et un permis d’exhumer. »

« Mais faut toujours qu’il y ait un con qui se croit immortel parce qu’il n’est pas encore mort. »

« Et je savais également qu’une vie comme celle de Walter Cole – une vie presque banale, qui se nourrissait de petits bonheurs et cultivait la beauté du familier, mais en même temps se distinguait par la valeur qu’elle accordait à ces moments de simplicité – était une vie enviable. »

« Si les morts pouvaient parler, ils appelleraient les cyniques des gens réalistes. »

« À la fin, le seul ami que tu as, c’est toi-même, parce que les autres te laisseront toujours tomber, un jour ou l’autre. À la fin, on se retrouve toujours tout seul. »

« J’étais hanté par ma femme et ma fille. Je les sentais, non seulement dans le vide et l’impression de perte, mais aussi comme une présence réelle dans mon existence. Il me semblait les apercevoir aux limites de mon quotidien, quand je passais de l’état de conscience au sommeil, ou lorsque je me réveillais. »

« Tout finit par se corrompre, tout doit avoir une fin, le mal comme le bien. (…) Tout finit par se corrompre. Tout doit avoir une fin. »

« Une femme qui tue un enfant semble déclencher en nous quelque chose qui va bien au-delà de la révulsion et de l’horreur. Elle suscite une sorte de désespoir, une absence de foi dans les fondations sur lesquelles nous avons bâti notre vie. »

« Tout comme Lady Macbeth aurait voulu ne plus être femme pour pouvoir tuer le vieux roi, une femme capable de tuer un enfant renonçait à sa nature fondamentale, divorçait en quelque sorte de son sexe. »

Note: 4/5

Blog Note 4

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