Tu n’as jamais été vraiment là – Jonathan Ames

Tu n'as jamais été vraiment là - Jonathan Ames (2013)

Tu n’as jamais été vraiment là – Jonathan Ames (2013)

4ème de couv’…

Joe, ancien marine et ex-agent du FBI, a eu son compte de scènes de crimes.
Et ce n’est pas sa vie sentimentale ou amicale qui va lui mettre du baume au cœur: solitaire et tourmenté, il ne se lie à personne.

Lorsqu’un homme politique de premier plan l’engage pour exfiltrer sa fille adolescente des griffes de la prostitution, il découvre un réseau de corruption inimaginable.

Quand la seule personne à qui il tient encore est enlevée, Joe renonce à sa promesse de ne pas faire de mal.
Et s’il y a quelqu’un qui sait tuer pour la vérité, c’est bien Joe…

Mon ressenti de lecture…

À peine une centaine de pages pour une petite nouvelle noire.

Le portrait d’un homme taiseux et renfermé, qui n’a jamais vu que la violence: de celle de son père quand il était enfant, à celle de la guerre quand il était soldat, en passant par celle des réseaux de prostitution quand il était au FBI ou en free lance comme aujourd’hui…

Il a eu son quota d’horreurs. Il l’a même explosé. Son mental déraille, il ne peut plus encaisser. Il ne pense qu’à en finir avec cette vie de sang. Mais il n’en garde pas moins ses réflexes de fin limier et de soldat. Et la dernière mission en date va le secouer dans son envie de mourir… car d’autres meurent sans l’avoir choisi…

Ça va vite, sans faire dans la dentelle dans un concentré de violence, cynisme, noirceur, corruption, soif de pouvoir. Et au milieu de cette fange, il y a Joe qui, au fil des années, a pris sur ses épaules le poids écrasant de tout ce mal au point de vouloir s’en décharger dans la mort. Mais la vie est une sacrée vicieuse coriace qui ne va pas le lâcher aussi facilement… surtout quand l’esprit de vengeance s’est réveillé…

Ces quelques pages vont droit à l’essentiel, comme une balle en plein cœur.
Et un constat: à trop patauger dans la fange, celle qui colle de trop aux rangers, il n’y a pas d’alternative, il faut se battre toujours et encore.

Lecture rapide et lecture puissante pour un exercice de style diablement efficace! Trop court, toutefois, pour avoir eu un réel coup de cœur…

Une nouvelle bien sombre donc, une plongée éclair dans la lie de la société, mais la satisfaction que l’océan n’aura pas reçu le don promis…

Citations…

« Pour atteindre son but, garder sa pureté et rester maître de lui-même, il ne pouvait se laisser approcher par personne. Il devait fuir tous ses amis et renoncer aux femmes. Les femmes s’étaient toujours brisées contre lui, de toute façon, comme des oiseaux en plein vol heurtant une fenêtre illusoire. »

« Il aimait tout particulièrement avoir de la force dans les mains. C’était important dans les bagarres. Si vous brisez les doigts de votre adversaire, cela vous donne aussitôt un avantage. Même les hommes les plus durs à la douleur prenaient peur quand on leur brisait les doigts, et dans un combat à mains nues, comme dans la danse, on se tient souvent les mains. »

« Il ne voulait pas que son cadavre soit une source de tracas pour qui que ce soit. (…) le scénario de son suicide changea radicalement, pour ne jamais laisser un cadavre derrière lui, pour partir proprement. Un cadavre, c’était une abomination. Quand viendrait le moment de sa disparition, ça ne serait pas autre chose – un effacement total. C’est donc l’océan qui l’emmènerait. L’océan, qui ne verrait pas d’inconvénient à l’engloutir. »

Note: 3/5

Blog Note 3

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