Potens – Ingrid Desjours

Ingrid Desjours - Potens (2010)

Ingrid Desjours – Potens (2010)

4ème de couv’…

Le cadavre d’une femme est retrouvé dans son appartement.
Elle menait une vie très dissolue et était membre de Potens, un club de surdoués, souvent décrit comme un repaire de génies asociaux et névrosés, parfois décrié et accusé de véhiculer des idéaux eugénistes

Beaucoup de personnes avaient donc de bonnes raisons de la supprimer.

Potens se retrouve dans la ligne de mire de la psycho-criminologue, Garance Hermosa, elle enquête en entrant sous couverture au sein du club.

Mais ses fantômes la rattrape…

Mon ressenti de lecture…

Deuxième roman d’Ingrid Desjours… et je dois être un brin maso pour retrouver volontairement Garance Hermosa dans ses œuvres car je ne la trouve pas sympathique du tout… ou alors un poil sadique en espérant qu’elle va trinquer un peu dans cette nouvelle enquête!

Une mère est sauvagement assassinée et très vite les soupçons vont tourner autour d’un club, un club de personnes au QI exceptionnel: Potens. Le commandant Patrik Vivier est chargé de l’enquête et doit être à nouveau assisté par la sexo-criminelle Garance Hermosa.

Je retrouve donc cet auteur dans son deuxième polar, avec ses personnages récurrents de Vivier et Garance.
Après une plongée dans le milieu bien nauséabond et superficiel des « people » dans Echo, c’est  le milieu des « grands esprits » qui subit la plume acide d’Ingrid Desjours.

C’est à nouveau une intrigue bien ficelée, plus axée et basée sur la psychologie des protagonistes que sur les indices matériels. Donc, même bémol agaçant que pour Echo: le polar est trop centré sur la personne de Garance et et le commandant Vivier a un rôle de pantin faire-valoir qui le rend assez pathétique.

Même constat également pour Garance. Je ne la supportais pas dans le premier opus et je la trouve encore davantage imbuvable, manipulatrice, directive et irrespectueuse dans celui-ci. Et ce n’est pas l’étalage de ses petits malheurs passés et de ses faiblesses présentes qui me la rend plus sympa.
Elle fait cavalier seul dans l’enquête, se met volontairement en danger, ne cherche pas à s’intégrer dans l’équipe de Vivier, et cherche à faire capoter le couple tout neuf de celui-ci pour ramener son attention à sa petite personne.
Tout pour plaire!

Par contre, malgré un rythme assez lent et quelques longueurs, j’ai apprécié les divers profils psychologiques des membres de ce club Potens. Entre sectarisme social, arrogance, sentiment de supériorité, égotisme et j’en passe, ces membres au QI intellectuel élevé méconnaissent largement l’intelligence du cœur et les valeurs morales et ne sont pas à l’abri de névroses et autres faiblesses. Cela remet un peu les pendules à l’heure dans ce monde de performances et du « toujours plus ».

C’est une lecture agréable pour les aspects psychologiques analysés pour la recherche des coupables. Comme déjà relevé pour Echo, l’auteur a été psy donc elle maîtrise très bien ces abords cliniques.

Par contre, la personnalité de Garance est insupportable et son manque d’intégration à l’équipe de Vivier rendent incertaine une autre lecture de ses aventures…

Citations…

« Elle sait bien que se pencher sur les crimes des autres lui permet d’oublier les siens. De les expier même. »

« On a beau vouloir tout maîtriser, au final, les choses les plus dangereuses sont souvent les plus intéressantes. »

« L’intelligence fait peur, car c’est une notion abstraite qui induit une idée de supériorité imbattable, place les autres en position basse, déséquilibre les relations. La performance intellectuelle n’est en rien comparable aux exploits sportifs, bien que dans les deux cas une simple prédisposition ne soit rien sans un minimum d’entraînement. »

« Le contraire de l’amour, ce n’est pas la haine, mais bien cette indifférente méprisante qui comme la plus cuisante des insultes, vous rabaisse et vous réduit au silence. Je n’existe pas. »

« Il y avait longtemps qu’elle avait, pour sa part, compris que les émotions et l’intelligence sont difficilement compatibles… »

« Être intelligent, c’est s’adapter, pas s’exclure. »

« S’abrutir, s’épuiser au point que penser soit impossible, que vienne le trou noir comme une petite mort lui promettant l’oubli pour quelques heures au moins. »

« Ce n’est pas parce qu’il est détestable qu’il est coupable »

« Certains membres, persuadés d’avoir un esprit trop sophistiqué pour être compris par le commun des mortels, revendiquaient le rejet des « QI moyens ». Cet élitisme mal placé la hérissait. (…) Certains finissent forcément par être attirés par des dérives oligarchiques. Et l’étape suivante, c’est l’eugénisme? »

Note: 3/5

Blog Note 3

 

Publicités

7 réflexions au sujet de « Potens – Ingrid Desjours »

    • Atypique? Mmmhh perso, son comportement de séductrice-manipulatrice est un comportement que je rencontre chez 80% des femmes… et qu’on observe depuis la nuit des temps… donc je ne suis pas d’accord sur ce plan… comment inspirer le respect et assurer une certaine crédibilité quand une femme se sert de sa féminité à des fins de séduction dans un milieu pro? Je veux bien entendre que le message est que la femme d’aujourd’hui est décomplexée et peut se taper qui elle veut quand elle veut mais la ligne pro/privée doit, à mon sens, être respectée… Mais bon, c’est peut-être mon côté misogyne qui rebelle! 😉

  1. Tu as bien du courage à continuer à lire cette série, alors même que le personnage principal t’insupporte. Je crois que je ne suis pas tentée par cette série.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s