La ferme – Tom Rob Smith

Tom Rob Smith - La ferme

Tom Rob Smith – La ferme (2014)

4ème de couv’…

Ta mère… elle ne va pas bien. Elle s’imagine des choses – des choses terribles, terribles. Elle est à l’hôpital. Elle a été internée.

Un appel de son père. Quelques mots. Et Daniel qui imaginait ses parents profiter de leur retraite dans une charmante ferme suédoise voit son monde basculer. Et puis un autre appel. Sa mère.

Je suis sûre que ton père t’a parlé. Cet homme ne t’a dit que des mensonges. Je ne suis pas folle. Je n’ai pas besoin de médecin. J’ai besoin de la police.

Deux histoires. Deux vérités.
Qui croire?
Jusqu’où Daniel sera-t-il prêt à aller pour lever le voile?
Au risque de découvrir des secrets plus terribles encore…

Mon ressenti de lecture…

Le dernier roman en date de Tom Rob Smith n’a vraiment rien à voir avec ses trois précédents, il est énormément plus intimiste et dans un genre totalement différent.
La ferme aborde un sujet qui est très personnel à l’auteur: l’internement de sa maman à cause d’un état psychotique violent.

Près de 300 pages de doutes, de paranoïa, de brouillard.

De l’angoisse du début jusqu’à la fin. Un thriller psychologique pesant et noir.

Parce que si l’histoire racontée par la maman de Daniel semble cohérente, argumentée et plausible, il en existe une autre tout aussi recevable, celle de son père.

Et Daniel est un peu perdu entre les deux. Sa maman a changé, certes, mais il culpabilise de n’avoir rien vu venir, la conspiration dont elle semble victime ou la perturbation de son état mental.

C’est que Daniel avait accueilli le retour de sa mère sur sa terre natale avec une certaine joie et délivrance: à cause de son éloignement géographique, Daniel ne se sentait plus obligé de révéler son homosexualité. Les liens familiaux pourtant étroits se sont distendus mais maintenant, il doit démêler le vrai du faux d’une manière pragmatique, en prenant de la distance avec ses sentiments.

C’est un récit noir, tout en délicatesse et pudeur qui met en exergue toute la difficulté pour un enfant de devoir prendre en charge un de ses parents, de voir en lui un individu à part entière et plus seulement sa qualité de mère ou de père.
C’est une histoire profondément humaine et douloureuse sur l’éloignement, la solitude, les secrets de famille… sur l’amour également, un moteur de vie, de courage ou de folie…

Car ce roman flirte avec la folie insidieuse, les désordres mentaux, les mécanismes psychologiques de défense, les éléments déclencheurs de psychose. Mais nous ne sommes pourtant pas dans l’analyse psychiatrique, nous sommes dans la famille avec un de ses piliers qui perd pied.

Si le drame humain que vit cette famille m’a captivé du début à la fin, il a été amplifié par une magnifique description d’un petit coin de Suède, un peu sauvage et dur, qui se prête remarquablement à la paranoïa d’ambiance.

Ce roman m’a beaucoup émue, tant pour le face à face mère-fils, l’impuissance du père à aider son épouse, que pour la détresse de la maman qui se sent isolée, seule contre tous.

Je suis maintenant curieuse de lire le prochain roman de Tom Rob Smith parce qu’avec quatre bouquins, c’est carton plein!

Citations…

« Laisse-moi te rappeler brièvement que les accusations d’incapacité mentale sont une méthode rodée depuis des siècles pour réduire les femmes au silence, une arme destinée à nous discréditer quand nous luttions contre les violences et contre l’autorité. »

« Au sujet de cet enfant malheureux, il y aura des ragots. Ces ragots seront la plupart du temps des mensonges. Mais cela ne change rien, car lorsqu’on vit dans une communauté qui croit à ces mensonges, qui les répète, ils deviennent réalité -pour toi et pour les autres. Impossible d’y échapper, parce qu’il n’y a pas de preuve qui tienne. Il s’agit là de méchanceté, et la méchanceté se moque des preuves. »

« Devenir adulte, c’est en partie réapprendre qui sont vos parents et être là pour eux comme ils ont été là pour vous, enfant, en d’innombrables occasions. »

« C’est peut-être sentimental, mais le bonheur devrait figurer dans le liste des droits de l’homme. »

« Je me remémorai la façon dont nous avions toujours partagé nos joies, convaincus qu’elles brûleraient ainsi d’une lumière plus vive et plus durable, mais la tristesse aussi peut se partager; et peut-être alors brûlerait-elle moins longtemps et d’une lumière moins vive. S’il en était ainsi, j’avais enfin cela à lui offrir. »

« Un homme prêt à gagner sa liberté au prix de la vie de sa femme n’est pas un homme, c’est un monstre. »

Note: 4/5

Blog Note 4

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10 réflexions au sujet de « La ferme – Tom Rob Smith »

  1. Ah! Mais ça me tente bien finalement. J’adore ce type d’ambiance pesante et les problèmes psychologiques est une thèmatique très forte. Merci pour ce retour, je me le note du coup !

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