Dernier meurtre avant la fin du monde – Ben H. Winters

Ben H. Winters - Dernier meurtre avant la fin du monde (2015)

Ben H. Winters – Dernier meurtre avant la fin du monde (2015)

4ème de couv’…

Concord, New Hampshire.
Hank Palace est ce qu’on appelle un flic obstiné.
Confronté à une banale affaire de suicide, il refuse de s’en tenir à l’évidence et, certain qu’il a affaire à un homicide, poursuit inlassablement son enquête.
Celle-ci n’a pourtant pas grand intérêt dans la mesure où, d’ici à six mois, Hank sera mort. Comme tous les habitants de Concord. Et comme tout le monde aux États-Unis et sur Terre. Dans six mois en effet, notre planète aura cessé d’exister, percutée de plein fouet par 2011GV1, un astéroïde de six kilomètres de long qui – les scientifiques sont formels – la réduira en cendres.

Aussi chacun, désormais, se prépare-t-il à sa façon au pire. Dans cette ambiance pré-apocalyptique, où les marchés financiers se sont écroulés, où la plupart des salariés ont abandonné leur travail, où certains se livrent aux pires excès possibles tandis que d’autres mettent fin à leurs jours, Hank, envers et contre tous, s’accroche. Il a un boulot à terminer. Et rien, pas même l’apocalypse, ne pourra l’empêcher de mener son enquête à son terme.

Mon ressenti de lecture…

La fin du Monde est annoncée.
Tout simplement.
La Fin. Le point final de la dernière page du grand roman terrestre.
La Société explose, tous les repères se meurent, toutes les limites, tous les freins.
C’est la fin programmée de tout.
Dans six mois, plus d’enfants jouant dans les parcs, plus de dîners aux chandelles, plus de boulot-métro-dodo, plus de malades, plus de victimes, plus d’assassins, plus rien.
La fin.
Mais que faire pendant ces six mois de sursis?

Premier tome d’une trilogie avec, comme perso principal, Hank Palace. La fin du monde lui a donné une promotion éclair: il est nommé inspecteur avant l’heure, beaucoup d’autres ont fui. Et pour lui, hors de question de dénaturer la fonction de policier. Il fera son devoir jusqu’au bout, faisant fi de tous les obstacles et de la débâcle ambiante. Pas question de prendre la fin du monde pour excuse pour faire n’importe quoi.

Lui, a décidé de résoudre son affaire: un meurtre maquillé en suicide.

En fait, l’intérêt de ce genre de polars ne tient pas tant dans l’enquête, qui reste de facture classique sans grande originalité, mais du contexte et de ses répercussions.

Parce que la chute du monde est l’occasion d’exposer les différentes réactions des individus face à un destin commun et l’imminence de la mort. C’est aussi le prétexte pour se poser des questions sur soi: quelle serait mon attitude dans ces circonstances? Verserai-je dans les excès, continuerai-je mon train-train habituel? Oserai-je mettre en œuvre les envies de meurtre secrètement enfouies jusque là? Ou passer le reste de mon temps avec ceux que j’aime?

Autant de pistes qui se défendent, se croisent et s’opposent. Et parmi toutes ses alternatives au quotidien éphémère, Hank fait un peu office de fantôme, indifférent, même parfois agacé par son entourage. Il ne semble pas affecté par la décadence environnante, il suit son petit bonhomme de chemin pour trouver un assassin et rien ne pourra le faire changer d’avis.

Il y a ce décalage très visuel entre cet homme qui poursuit calmement son chemin alors que tout s’agite autour de lui en un indescriptible chaos. Cela créé une ambiance de lecture assez étrange où le lecteur ne sait pas s’il doit se laisser porter par les turbulences ou ne pas dévier d’un iota du parcours de Hank.

Même si l’apparente froideur de ce flic inexpérimenté m’a, je dois le dire, quelque peu agacée, je suis curieuse de voir comment ce personnage va évoluer dans les tomes suivants, avec le rapprochement de la date fatidique de la fin. Va-t-il enfin se pencher sur sa propre mortalité? Va-t-il se laisser aller à quelques folies? Ou va-t-il, comme tant d’autres, faire un pied de nez au destin en choisissant l’heure de sa mort?

Donc je lui donne rendez-vous à J-77, si la Nature respecte bien son timing!

Citations…

« Il n’y a pas d’astéroïde dans le rêve. Dans ce rêve, la vie continue. Une vie simple, heureuse, clôture blanche ou non. Simplement, la vie. Qui continue. »

« Le cours d’une enquête ne se détermine pas à l’avance. Chaque information mène à la suivante. »

« Une chose que j’ai apprise ces derniers mois, que nous avons tous apprise, c’est que les suicidés par pendaison sont rarement retrouvés suspendus à un lustre ou à une poutre, comme dans les films. S’ils sont sérieux – et de nos jours, tout le monde l’est –, les candidats au suicide se pendent à un bouton de porte, ou à une patère, ou, comme l’a apparemment fait cet assureur, à cette barre horizontale qui équipe les toilettes pour handicapés. Ensuite, il leur suffit de se pencher en avant et de laisser leur poids faire le travail, serrer le nœud, comprimer les voies aériennes. »

« Cela va agir comme de la magie noire sur l’humeur de la population, cette nouvelle saison, l’aube du dernier printemps que nous vivrons. On peut s’attendre à une poussée de désespoir, à des vagues d’anxiété, de terreur et de chagrin anticipé. »

« Tu peux suivre cette affaire à jamais, tu peux découvrir ses petits secrets, tu peux reconstituer la chronologie de la vie de cet homme en remontant jusqu’à sa naissance, et celle de son père et celle du père de son père… la fin du monde arrivera quand même. »

« Alors tes parents se font tuer, et tu consacres ta vie à la lutte contre le crime. Comme Batman. »

Note: 3/5

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