Des nœuds d’acier – Sandrine Collette

Sandrine Collette - Des noeuds d'acier

Sandrine Collette – Des nœuds d’acier (2013)

4ème de couv’…

Avril 2001. Dans la cave d’une ferme miteuse, au creux d’une vallée isolée couverte d’une forêt dense, un homme est enchaîné.
Théo, quarante ans, a été capturé par deux frères, deux vieillards qui ont fait de lui leur esclave.

Comment a-t-il basculé dans cet univers au bord de la démence? Il n’a pourtant rien d’une proie facile: athlétique et brutal, Théo sortait de prison quand ces vieux fous l’ont piégé au fond des bois.

Les ennuis, il en a vu d’autres.
Alors, allongé contre les pierres suintantes de la cave, battu, privé d’eau et de nourriture, il refuse de croire à ce cauchemar.
Il a résisté à la prison, il se jure d’échapper à ses geôliers.

Mon ressenti de lecture…

Je dois d’abord vivement remercier mon amie, Sachacha Sand, pour m’avoir menacée de mille maux (naaan, joke!) pour que je découvre cet auteur et merci à Sandrine Collette pour sa gentille dédicace (et oui, c’est vrai que les nœuds d’acier n’est pas le roman le plus « cool » pour une découverte!).

Ah oui merci, vraiment, hein! 250 pages de claustrophobie, de huis clos intenable, de révolte, de souffrance, de désespoir et de désespérance, de solitude profonde, lues en apnée en une soirée! En refermant le bouquin, j’étais à deux doigts d’appeler les pompiers… mais je me suis contentée de sortir prendre une grande bouffée d’air frais! La délivrance!

Après plus de 200 avis sur ce site, je ne vais pas être très originale. Pour un premier roman, quelle maîtrise de l’écriture! Un registre lexical de la séquestration tellement riche qu’à aucun moment je n’ai senti de redondances dans le texte.
L’auteur a su attirer la compassion, la sympathie, l’empathie pour Théo qui est pourtant loin d’être un enfant de chœur!
Sandrine Collette a su installer une ambiance angoissante, sans tomber dans le piège de description de violences ou de tortures gratuites. Pourtant les scènes sont parfois insoutenables de cruauté. Les sévices sont tout autant physiques que psychologiques dans le but d’avilir Théo, de le déshumaniser, de le réduire à l’état de bête encore plus que celui d’esclave.

Et pourtant Théo tient le choc, en perdant beaucoup de lui mais avec son instinct de survie parfois irrationnel alors que la mort pourrait apparaître comme une délivrance, une échappatoire logique et honorable. Il tient le coup mais le syndrome de Stockholm plane au dessus de lui.

Plus de quinze mois aux mains de deux vieillards fous, de leurs proches, dans une région isolée de la France profonde où co-sanguinité et alcoolisme font des ravages depuis des générations. Un portrait de l’amoralité la plus totale dans notre société moderne où l’esclavage est toujours présent!

Ce roman noir est bouleversant et si Théo est loin d’en sortir indemne, il en est de même pour le lecteur!

Hâte de lire le second roman de la dame pour transformer cet essai!

Citations…

« Pourtant la loi du plus fort, je connais; mais pas la loi du plus barje. »

« Ça m’arrache le cœur, ça me fout en l’air. (…) Garder au moins un repère dans ce monde que je découvre avec effarement et qui ne ressemble à rien de ce que je connais, pas même le pire. (…) En faisant ça, j’ai l’impression de donner mon assentiment à cette folie. »

« Je ne suis plus qu’un reste d’humanité. Une entité qui ne pense qu’à manger, boire et dormir, à éviter les coups, et à se relever le lendemain. »

« Les vieux avaient raison. Je ne vaux pas beaucoup plus qu’un chien. Je ne suis même pas affectueux. Je suis de la race de ces bêtes galeuses qu’on attache au bout d’une chaîne et que personne ne veut caresser. »

Note: 4/5

Blog Note 4

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18 réflexions au sujet de « Des nœuds d’acier – Sandrine Collette »

  1. Un roman cool venant de Sandrine Colette, connais pas !!!!! Elle se cherche des excuses pour ne pas traumatiser les gens , mais au final, elle ne peut pas s’en empêcher hé hé ! Sacrée Sandrine !!!!
    Je suis sincèrement heureuse de ton retour et de ton ressenti, d’avoir insisté (lourdement) même si ça fait mal et que ça laisse une peu pantoise quand on referme ce livre…
    J’espère que ça t’auras donné envie d’aller plus loin, sauf que vas y doucement, une baffe à la fois 😉
    Gros bisous

  2. Que j’aime bien quand tu lis des livres que j’ai lu, j’ai l’impression de faire des économies… Je suis de ton avis, ce roman est noir au sens propre comme au figuré, cet homme enfermé dans cet endroit sombre dans des desseins tout aussi sombres. Je ne lui aurait accordé un 3 plus qu’un 4 mais je l’ai beaucoup aimé également. Je suis curieuse également de découvrir un autre roman de cette auteure ! Bon week-end ! Bisesssss

    • Aaaahhh tu vois Gwen, il y a un avantage à me lire: je ne mets pas que des nouveautés dans le blog… donc + de possibilité de ménager ta bourse! :p Perso, j’ai mis 4 pour la qualité d’un premier roman… mais en fait je pense que j’aurais mis 4 de toutes façons… ^_^

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